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Publié par Philippe Poisson

Le camp de Buzet-sur-Baise, 1940-1941

Professeur d'histoire, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale en Lot-et-Garonne et à ce titre auteur de plusieurs ouvrages sur cette période, Jean-Pierre Koscielniak vient de publier "Les barbelés oubliés... le camp de Buzet-sur-Baïse 1940-1941". Il exhume ainsi des archives une histoire méconnue, celle d'un camp "pour indésirables" qui n'aura fonctionné que dix mois, et accueilli moins d'une centaine de prisonniers.

Né à Nérac, en 1967, d'origine polonaise, Jean-Pierre Koscielniak est professeur d'histoire au collège Théophyle-de-Viau au Passage-d'Agen. Président de l'association Mémoire de la Résistance en Lot-et-Garonne, il est un des spécialistes de la Seconde Guerre mondiale pour le département. Devenu chercheur par passion, il a publié plusieurs ouvrages sur la Résistance dans la partie landaise du département, la collaboration et l'épuration, la rafle de Lacapelle-Biron par la division Das Reich, l'enlèvement des statues de bronze dans le Lot-et-Garonne sous le régime de Vichy.

« Camp de séjour surveillé »

Le camp de Buzet-sur-Baïse est pour la majorité de la population locale méconnu ou totalement oublié. Ce « camp de séjour surveillé » (c'est son appellation officielle, NDLR) est en fait un lieu d'internement administratif, à discrétion du préfet, crée par la IIIe République pour éloigner et museler toute personne désignée potentiellement dangereuse dans la conjoncture de l'époque.

Ce lieu insalubre se situait entre le canal et la Baïse au lieu dit Le Coustet, dans d'anciennes dépendances du château Fresquet. Dissout en février 1941, il a accueil- li - essentiellement en transit - 92 personnes dont deux femmes. Certains étaient des hommes importants (députés, maires ou élus). - Georges Longueville

Un camp oublié du conflit - SudOuest.fr

 

 

http://www.apra.asso.fr/Camps/Images/CarteCamps.gif

 

Les camps d'internement sont associés au régime de Vichy. Et à l'occupation allemande. Nombre d'entre eux ont été pourtant ouverts dès février 1939. Et la plupart existent encore à la Libération ! Au-delà des polémiques, Denis Peschanski a suivi le sort des 600 000 personnes détenues entre 1939 et 1946 : Juifs, communistes, Tsiganes, trafiquants du marché noir, collaborateurs, etc. Dévoilant pour la première fois la réalité du phénomène. La xénophobie, l'exclusion et la mort.

Entre février 1939 et mai 1946, environ 600 000 personnes furent détenues en France dans le cadre d'une procédure administrative ? souvent sur décision du préfet ?, dans l'un des 200 centres d'internement qui parsemaient le territoire. La réalité de ce phénomène massif est déconcertante. D'abord parce que la chronologie fait apparaître que les camps ont existé aussi bien durant les derniers mois de la IIIe République que dans la France de Vichy et la France occupée, puis à la Libération. Une question majeure est posée : dans quelle mesure peut-on parler de continuité des procédures, des politiques et des hommes ? La diversité des victimes de cette procédure administrative commune ajoute à la confusion. On sait que, pendant la guerre, des communistes, des Juifs, puis, après la Libération, des collaborateurs furent internés. Mais des Espagnols et des membres des Brigades internationales après la victoire franquiste, des Allemands et des Autrichiens pendant la « drôle de guerre » (novembre 1939-mai 1940) ou des Tsiganes entre 1940 et 1946 le furent également. Et il y eut aussi des prostituées et des proxénètes, des trafiquants du marché noir et des droit-commun, des « indésirables étrangers » et, en 1945, des civils allemands. Comment, au total, rendre compte de cette diversité ? Acte I : La République (novembre 1938-juin 1940) En novembre 1938, le gouvernement Daladier promulgua un décret-loi « relatif à la situation et à la police des étrangers » qui permettait l'internement des « indésirables étrangers ...

Communistes, Juifs, collabos... La France des camps

Par Denis Peschanski

publié dans L'Histoire n° 264 - 04/2002

http://www.histoire.presse.fr/content/2_recherche-full-text/article?id=2223

 

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