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Publié par Philippe Poisson

Musée de l’ancienne école de médecine navale de Rochefort -
Musée de l’ancienne école de médecine navale de Rochefort -

Musée de l’ancienne école de médecine navale de Rochefort -

À l’heure où, en Guyane, les autorités se préoccupent d’une mise en valeur patrimoniale de « l’enfer vert », il est étonnant de constater le refoulé qui environne le passé pénitentiaire de Rochefort. Un bagne métropolitain accompagna l’essor de l’arsenal maritime de 1766 à 1852, mais ses traces ne sont guère visibles, à la suite notamment d’un incendie en 1888 et des destructions de 1944. Les riches musées de la cité ne lui accordent que des espaces parcimonieux, sans beaucoup d’explications. Les visiteurs et touristes apprécient les réalisations architecturales de la monarchie absolue, l’impressionnant arsenal maritime imaginé par Colbert, les hôtels particuliers de belle facture construits jusque sous le Second Empire, mais ils sont en droit de s’interroger sur les fondements de la prospérité de cette ville maritime et de garnison. En 1962, un inspecteur de l’éducation nationale, André Jégou, préfaçait le livre d’André Chamart consacré au bagne de Rochefort, Le bagne et ses forçats, de cette phrase : ” Une ville, on la voit mieux, elle vous devient plus chère lorsque l’on sait toute la charge d’âmes qui pèse sur ses pierres.” Les milliers de bonnets rouges et verts qui aménagèrent les infrastructures portuaires, les magasins à vivres, les formes de radoub aux côtés d’ouvriers libres semblent avoir été gommés de la mémoire rochefortaise ou remisés dans un coin obscur et presque honteux. Les vaisseaux de la Royale, puis les navires à voiles des régimes successifs furent construits, réparés, armés dans ce site stratégique et le gros oeuvre fut souvent confié aux forçats de la “grande fatigue”. Certains acheminaient même les vaisseaux depuis le port jusqu’à l’estuaire de la Charente, hâlant les navires comme des bêtes de somme, tous tirant la “cordelle” sur les chemins de halage le long du fleuve. Les rudes tâches de l’arsenal, de la corderie épuisaient les hommes et le climat malsain de la ville entourée de marais contribuait à la sinistre réputation du bagne de Rochefort. La mortalité y était beaucoup plus élevée qu’à Brest et à Toulon. Les boutiques du Musée de la marine, de la Corderie royale, du Musée de l’ancienne école de médecine navale offrent quelques ouvrages rappelant la mémoire du bagne. Le vieil ouvrage de Pierre Zaccone, initialement publié en 1876 et réédité en 2006, Histoire des bagnes depuis leur création jusqu’à nos jours, voisine avec une nouvelle biographie de l’escroc Anthelme Collet, pensionnaire du bagne de Rochefort, par Jean-Marie Augustin, éditée en 2008, et qui nous apprend que le pseudo “archevêque” était en outre pédophile, et les aquarelles du forçat Clémens, rééditées par Michel Pierre [1]. Mais le bagne ne fait pas l’objet d’une muséographie spécifique, d’une salle ou de panneaux explicatifs. Une vitrine unique lui est consacrée au Musée de la marine, installé dans l’hôtel de Cheusses et qui abrita dès 1936 les collections de maquettes et de sculptures de l’Arsenal. Les collections phrénologiques du Musée de l’ancienne école de médecine navale ne font allusion au bagne que dans certaines courtes notices. L’office du tourisme est muet et semble préférer la maison de Pierre Loti et le chantier de construction d’une copie de l’Hermione ...

Par · 17 mars 2011

Phrénologie à Rochefort, L'école de médecine navale et le ...

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