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Publié par Philippe Poisson

Crédit photographique Richard Werly -

Crédit photographique Richard Werly -

La capitale de la Guyane française gère la colonie et reste à distance des forçats que son administration emploie

«Le nom même de Cayenne est synonyme de bagne, lieu de crime et de vol.» Dans Le Salut des parias (Ed. Gal­li­mard), publié en 1933, l’officier salutiste suisse Charles Péan reprend la formule pour mieux la nuancer. Fondée en 1643, fortifiée, puis dotée, après l’abolition de l’esclavage en 1848, d’un premier pénitencier, la capitale du département français de la Guyane est restée à l’écart du bagne. Un dépôt de prisonniers, face à la mer, y ouvre en 1863, destiné surtout aux condamnés assignés à l’administration, plus ceux envoyés aux chantiers forestiers ou affectés aux travaux de la «route coloniale 1» vers Saint-Laurent.

C’est à Cayenne, foyer politique de la Guyane, que se font entendre les voix locales hostiles au bagne, comme celle de Gaston Monnerville (1897-1991), futur président du Sénat français. La ville est ébranlée par des émeutes en 1928, dont Blaise Cendrars s’inspirera pour son roman Rhum. Des forçats prêteront alors main-forte à la police coloniale dans l’espoir d’une remise de peine. Autre spectacle à Cayenne, jusque dans les années 1960: les «libérés» réinsérés, commerçants ou employés. Et beaucoup d’autres, clochardisés et abandonnés. Richard Werly

A Cayenne, la discipline coloniale - LeTemps.ch

 

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