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Publié par Philippe Poisson

Le 27 mars 1928, Paul-Émile Lasgi, un jeune bouilleur de cru, est exécuté place Bonne-Nouvelle à Rouen -

Le 27 mars 1928, Paul-Émile Lasgi, un jeune bouilleur de cru, est exécuté place Bonne-Nouvelle à Rouen -

Condamné à mort par la Cour d’assises de la Seine inférieure le 26 novembre 1927, Paul-Émile Lasgi, bouilleur de cru de 22 ans, est exécuté quatre mois plus tard devant la maison d’arrêt de Rouen, place Bonne-Nouvelle.

Dans la nuit du 10 au 11 juin 1927 à Sévis, le jeune paysan s’était introduit dans la ferme du Grand-Quièvremont, près de Dieppe, et avait tué à coups de marteau le propriétaire des lieux, M. Facon, ainsi que M. Guerrand, son domestique. Le mobile ? Un simple vol. Pour dissimuler son crime, il s’était empressé de mettre le feu à la bâtisse, avant de déguerpir. Un crime quasi archétypique, comme on en voit beaucoup à l’époque.

Quand il n’y en a plus, il y en a encore

« Réveillé à 4 h 46, Paul Lasgi s’habilla sans mot dire, assista à la messe en tremblant de tous ses membres et communia. » Voilà comment Le Petit Parisien relate à l’époque la (très) courte matinée du condamné. Guillotiné à 5 h 50, le détenu ne manque pas de dénoncer son complice avant de rencontrer la Veuve. Le jeune assassin avoue qu’il n’était pas seul dans la ferme, et qu’un jeune charretier de Caumont, Henri Renaud, aurait tout planifié. Mais le temps aura joué contre lui, l’exécution a bien lieu et le complice, bénéficiant de circonstances atténuantes, est condamné au bagne à perpétuité.

« On pense que l’assassin imagina cette déclaration dans le but de faire surseoir à l’exécution », comme l’avance L’Ouest-Eclair du 28 mars de cette année. Cependant, sa version est rapidement avérée. Après avoir longtemps clamé son innocence, le supposé complice finit par reconnaître les faits en pleurant. « Il avait tenu les deux vieillards pendant que le bouilleur de cru les frappait », explique Le Petit Parisien, avant d’ajouter que c’est au jeune homme de 21 qu’incombe la responsabilité de l’incendie. En échange de sa participation à ce crime odieux, il a reçu 500 francs.

Mais, conformément au fameux adage, « quand il n’y en a plus, il y en a encore » et l’histoire ne s’arrête pas là. Le Matin fait état d’un nouveau rebondissement le 12 décembre 1928. « Au moment d’être exécuté, un meurtrier avait dénoncé un complice. Celui-ci en désigne maintenant un second », Renaud sortant un énième personnage de son chapeau pour tenter de se dédouaner.

Léa Gaumer

redaction.rouen@presse-normande.com

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