Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Philippe Poisson

 La prison commune de Québec (1812-1868)
 La prison commune de Québec (1812-1868)
 La prison commune de Québec (1812-1868)

... Le bâtiment actuel est érigé entre 1808 et 1813 pour accueillir la prison commune de Québec, devenant ainsi le premier édifice à Québec construit spécifiquement pour cette fonction. Les premiers prisonniers à être incarcérés dans la prison arrivent en 1812. L’édifice est dessiné par François Baillairgé, architecte de Québec. Pour l’extérieur de l’édifice, Baillairgé s’inspire de l’architecture palladienne, un style néo-classique à la mode pour les bâtiments publics de l’époque. La prison commune de Québec est également une des deux premières prisons au Canada à refléter les idées du réformateur de prisons britannique, John Howard (l’autre étant la prison de Montréal, ouvert en 1811-1812). Howard veut réformer ce qui, à ses yeux, est un système carcéral archaïque en Angleterre où les prisonniers de toutes sortes sont entassés dans des cellules communes. Il croit aussi que l’emprisonnement doit remplacer la plupart des punitions corporelles et capitales, qui, à l’époque, forment une partie importante de la justice criminelle britannique. Howard suggère que les prisonniers soient confinés dans des cellules individuelles la nuit, qu’ils fassent des travaux forcés dans des espaces communs de jour et qu’on leur offre une éducation. Les prisonniers doivent également être séparés selon l’importance de leur crime afin d’éviter que des criminels endurcis influencent ceux qui sont emprisonnés pour des fautes mineures.

Certaines des réformes d’Howard sont mises en vigueur à la prison commune de Québec. Beaucoup de prisonniers ont à faire des travaux forcés et l’utilisation des punitions corporelles diminue graduellement. Or, à la même époque, de nouvelles idées sur les comportements publics acceptables font en sorte que de plus en plus de personnes sont emprisonnés pour des infractions telles que le vagabondage, l’ivresse publique et la prostitution. La prison devient rapidement surpeuplée et l’intention de classer et séparer les prisonniers selon leurs crimes est essentiellement abandonnée. Au mieux, les hommes sont séparés des femmes, celles-ci étant emprisonnées dans leur propre édifice dans la cour de la prison. De plus, les punitions capitales continuent : des pendaisons publiques ont lieu devant la porte principale de la prison, certaines d’un balcon en fer bâti expressément pour cet usage. Seize hommes sont pendus à la prison pendant ses années d’ouverture, tous sauf un avant 1840.

La plupart des prisonniers sont des hommes et des femmes ordinaires, emprisonnés pour des infractions mineures. Or, plusieurs prisonniers célèbres et infâmes séjournent dans cette prison, dont l’écrivain Philippe Aubert de Gaspé (emprisonné pour dettes), le meurtrier Docteur l’Indienne, le journaliste et Patriote Étienne Parent (emprisonné sous soupçon de trahison lors des rébellions de 1837-1838), ainsi que des douzaines de prisonniers américains capturés lors de la guerre de 1812.

Dès la première décennie de son existence, des officiers et des citoyens commencent à se plaindre que la prison est inadéquate. Toutefois, ce n’est qu’en 1867 qu’elle est enfin fermée. Les prisonniers sont transférés vers une nouvelle prison sur les Plaines d’Abraham qui fait aujourd’hui partie du Musée national des beaux-arts du Québec...

Histoire du Centre - Morrin Centre

Commenter cet article