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Publié par Philippe Poisson

Square Joffre à Gaillac: une statue représentant une femme aux mains liées y rappelle les déportées juives qui ont effectué le trajet « Camp de Brens - gare de Gaillac » en direction d’Auschwitz (il y eut 4 déportations de 1942 à 1944) via Saint-Sulpice et Drancy.

Square Joffre à Gaillac: une statue représentant une femme aux mains liées y rappelle les déportées juives qui ont effectué le trajet « Camp de Brens - gare de Gaillac » en direction d’Auschwitz (il y eut 4 déportations de 1942 à 1944) via Saint-Sulpice et Drancy.

Le discret camp de Brens, perché sur les rives du Tarn, de l'autre côté du pont où se trouve Gaillac, a d'abord servi pour accueillir, en 1939-1940, des réfugiés belges et espagnols. Puis, après la défaite, l'endroit fut transformé en centre d'hébergement pour réfugiés juifs étrangers.

A partir de 1942, Brens devient « un camp de concentration » pour femmes, le seul de zone sud. Officiellement, pour les habitants, c'est un camp réservé aux femmes de petite vertu et de mauvaise vie. Jamais ils n’ont su qu’en réalité, s'y trouvaient détenues en grande majorité des femmes antifascistes et combattantes de la Résistance, d'origine étrangère ainsi que des Juives étrangères. Le 26 août 1942, trente-et-une internées juives polonaises et allemandes sont déportées par les autorités françaises pendant les grandes rafles des Juifs de zone sud . Embarquées en pleine nuit par la police française, leur arrestation suscite la révolte des autres prisonnières. Mais ces dernières ne parvinrent pas à empêcher leur déportation vers Auschwitz.

Une association perpétue la mémoire de ce camp à travers des commémorations, des conférences, des spectacles de théâtre et de chant, auprès des scolaires. L'association pour Perpétuer le Souvenir des Internées des Camps de Brens et de Rieucros est présidée par Angèle Del Rio Bettini, ancienne internée des camps de Brens et de Rieucros.

Depuis 1969, une stèle discrète a été placée à proximité du camp abandonné et des anciennes baraques qui menacent de s'écrouler aujourd'hui, sur laquelle on peut lire : Ici vécurent aux côtés de Résistantes Françaises, des femmes antifascistes d'autres pays réfugiées sur notre sol. Parmi elles, le 26 août 1942, des femmes Allemandes et Polonaises furent déportées à Auschwitz d'où elles ne sont jamais revenues. Hommage à leur mémoire. »

Le 15 août 2015 à 11h, devant l'entrée du camp, route Dora Schaul à Brens, à l'issue d'une cérémonie commémorative une plaque sera dévoilée près de celle apposée en 1969. Cette plaque complémentaire précise les conditions de la rafle du 26 août 1942 contre ces Juives allemandes et polonaises ainsi que la responsabilité du gouvernement français dans ces déportations vers les camps d'extermination.

Si en cette période estivale, vous passez à proximité de Gaillac, allez voir ce camp, totalement abandonné et méconnu, témoignage de ce que vécurent toutes ces femmes internées.

Elérika Leroy a partagé l’album de Mémorial François Verdier Forain Libération Sud.

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