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Publié par Philippe Poisson

C'est sur la Marquise de Sévigné que se penche le magazine Secrets d'Histoire ce mardi 18 août 2015 à 20h55 sur France 2. Séductrice, cultivée, elle s’est servie de ses talents d’épistolière pour chroniquer la vie sous le règne du Roi-Soleil. Comme un véritable reporter de son époque…

 

© FTV - KEysTonE-FrAnCE

 

Une jeune fille très courtisée


À l’instar de Monsieur Jourdain, le bourgeois gentilhomme de Molière, et sa prose, la marquise de Sévigné a fait de la littérature sans le savoir. Cette femme du XVIIe siècle ne pouvait imaginer qu’un jour son abondante correspondance lui vaudrait de fgurer au panthéon des auteurs. À l’époque, les lettres n’ont rien de confidentiel, elles sont lues dans les salons, voire recopiées, et font office de chroniques mondaines. Orpheline très tôt, Marie de Sévigné, née Rabutin-Chantal en 1626, est élevée par ses oncles maternels, deux grands érudits. Sa beauté, sa culture et son goût du bon mot en font vite l’attraction des salons. Elle y côtoie les grands esprits du siècle, comme La Fontaine ou La Rochefoucauld. La jeune femme est très courtisée, elle en joue mais ne cède à personne. « Les femmes ont permission d’être faibles, et elles se servent sans scrupule de ce privilège », écrit-elle avec malice. Le prince de Conti, le maréchal de Turenne, le richissime surintendant du roi, Nicolas Fouquet, tentent leur chance. Sans succès.

Son rôle de mère passe avant celui d’épouse


En 1644, elle a 18 ans et épouse Henri de Sévigné, un noble breton, bel homme mais imbu de sa personne. Il lui donne deux enfants, Françoise Marguerite, en 1646, et Charles, deux ans plus tard. Dès lors, la marquise, qui craint de mourir en couches, se refuse à lui. Il se met alors à collectionner les aventures. L’une d’elles lui sera fatale : amant de la courtisane Ninon de Lenclos, il se querelle à son sujet avec le chevalier d’Albret, et meurt dans un duel les opposant. Devenue veuve, la marquise va vivre essentiellement pour sa fille, qu’elle idolâtre, et s’adonner à une existence mondaine, mais chaste.

Un cordon ombilical épistolaire


Parmi les 1 120 lettres recensées de la marquise de Sévigné, 764 sont adressées à sa fille, Mme de Grignan. Lorsqu’en 1671, cette dernière suit son mari, nommé lieutenant général de Provence, elle va lui écrire jusqu’à trois fois par semaine. Elle lui donne des nouvelles de la cour, lui prodigue aussi des conseils d’hygiène de vie.

Une chroniqueuse judiciaire


On doit aussi à la marquise d’exceptionnels reportages sur les deux plus importantes affaires criminelles de son temps : le procès du surintendant Nicolas Fouquet et l’Affaire des poisons. Alors qu’une chape de plomb pèse sur l’instruction de ces dossiers, la jeune femme, bien informée, parvient, dans un style captivant, à faire vivre ces affaires. Il faut dire qu’elle a pour informateur le juge, son cousin Olivier Lefèvre d’Ormesson (ancêtre de Jean, l’académicien), et obtient même de d’Artagnan, chargé de la garde de Fouquet, d’apercevoir le détenu dans sa cellule. Quant à l’Affaire des poisons, elle a été l’amie de l’accusée, la marquise de Brinvilliers, inculpée d’une quarantaine d’assassinats. Fascinée, elle suit, jour après jour, le procès, et peste quand, le 17 juillet 1676, bloquée par la foule sur le pont NotreDame, elle ne peut assister que de loin à son exécution.

Info + : Chaque année, en juin, la ville de Grignan (Drôme), où vécut et mourut la Marquise de Sévigné, organise un festival de la correspondance.

Pour en savoir plus sur La Marquise de Sévigné, ne manquez pas le numéro de Secrets d'Histoire qui lui est consacré, mardi 18 août à 20h55 sur France 2.

Hacène Chouchaoui

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Grignan, sur les pas de la Marquise de Sévigné - YouTube

Secrets d'histoire - Les courtisanes : les reines de Paris

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