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Publié par Philippe Poisson

Commissaire Javilliey - Editeur : Ed. Olivier Orban (1975) et France, Commissaire Javilliey, Affaire de proxénétisme -
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Publié le 09/10/2011

Faits divers. 1970-2011 : flics et voyous la malédiction lyonnaise

Histoire. La chute du commissaire Neyret résonne dans la mémoire. En 1970, le commissaire Javilliey partait en prison, la PJ était décapitée. Rappel.

 

Archives Le Progrès

Archives Le Progrès

 

Comparaison n’est pas raison. On ne peut pas superposer les deux personnages. Mais quelle résonance dans l’histoire judiciaire lyonnaise ! Un commissaire en prison ; la PJ décapitée ; une justice remontée comme une pendule : ce scénario catastrophe s’est déjà produit.

C’était au début des années 70. Comme Michel Neyret, le commissaire Charles Javilliey surfait sur une solide réputation professionnelle, à l’aide d’un carnet d’adresses des plus fournis. À l’époque, l’antigang n’existait pas encore. Javilliey était à la tête du groupe de répression du banditisme (GRB). Et se targuait de deux cents arrestations par an. Avec des méthodes bien particulières : la pénétration du Milieu. C’est-à-dire des relations entretenues avec un réseau d’indicateurs de tout poil. En particulier dans le monde interlope des lieux de prostitution, nombreux à l’époque. Des maisons de tolérance sont surveillées par la police par le biais des « condés », à savoir des autorisations en échange de services, notamment de renseignements.

Ce système explose à cause de l’affaire du Fetich’s club. Le 11 décembre 1968, Robert Hehlem, 25 ans, est déposé par une DS noire devant l’hôpital de Bourg-en-Bresse, mort d’une balle en plein cœur. L’enquête remonte dans ce cabaret situé à Neuville-sur-Ain, en bordure de la RN 84.

Les gendarmes découvrent de nébuleuses relations entre les gérants, des souteneurs et d’anciens policiers, dont un retraité du GRB.

Pour ne rien arranger, le commissaire Javilliey cherche à étouffer l’affaire. Il se rend à la gendarmerie de Pont-d’Ain pour expliquer que les gérants, les époux Dulac, font partie de son réseau d’indicateurs. L’intervention n’est pas appréciée par les gendarmes. Et à Bourg-en-Bresse, le juge d’instruction Étienne Ceccaldi est bien décidé à mener jusqu’au bout les investigations. La mort d’Hehlem ne sera jamais complètement élucidée.

En revanche, l’affaire déclenche un terrible jeu de dominos. Le juge découvre que les époux Dulac ont gracieusement fourni une maison dans le Sud à plusieurs policiers, dont le commissaire Javilliey. C’est le début des « scandales de Lyon ».

Une volonté de la justice de faire le ménage dans les services de police et d’éradiquer un proxénétisme toléré. Dans cette chasse à la corruption, surgit l’affaire dite des Écuries du Roy, du nom d’un club select aux pensionnaires peu farouches. Ses activités nocturnes éclabousseront le député gaulliste Edouard Charret, rapporteur du budget de l’Intérieur à l’Assemblée. Puis un autre commissaire tombe, Louis Tonnot, chef adjoint de la Sûreté, suspecté de relations coupables avec des tenanciers de bordels. Ce dernier sera condamné en juin 1973 à cinq ans de prison ferme. Javilliey est muté, le dossier dépaysé à Dijon. Mais les ennuis continuent. Il est inculpé, incarcéré.

Dans la foulée, tous les chefs de services de la PJ sont mutés. Condamné à un an et demi de prison avec sursis en décembre 1973, Charles Javilliey sera relaxé en juin 1974 en appel, l’honneur sauf mais la carrière en miettes.

Les personnalités n’ont rien de comparables, pas plus que le contexte historique radicalement différent. Michel Neyret appartient à la génération qui a succédé aux mélanges des genres des années 70. D’ailleurs, quand on lui parlait de Javilliey, il haussait les épaules, comme pour écarter ces taches d’un passé révolu. Lyon 1970, flics et voyous se croisaient à l’envi dans les bars louches ou les coulisses politiques.

Mais les destinées des deux hommes ont un point commun, dans leur chute fracassante : une relation très exposée en prise directe avec le banditisme qu’ils combattaient, sur une corde raide, en équilibre précaire . Richard Schittly

Rhône | 1970-2011 : flics et voyous la malédiction lyonnaise

France, Commissaire Javilliey, Affaire de proxénétisme Vintage press print Tirage argentique 13x18 Circa 1970 [CJ7897]

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