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Publié par Philippe Poisson

Berlin : la prison de Spandau – Relève Russes, Français

Berlin : la prison de Spandau – Relève Russes, Français

Un détachement de gendarmerie française est présent à Berlin depuis le 3 juillet 1945, administré par la 1ère légion de gendarmerie d’occupation de Neustadt. Le 14 avril 1946 un détachement de la garde républicaine vient renforcer ces forces.

A compter du 5 juillet 1946, le détachement de gendarmerie est créé, il comprend un état - major, une section de gendarmerie et un escadron de sécurité, stationné au camp Foch. L’effectif total est de 291 officiers, gradés et gendarmes. La compagnie prévôtale est dispersée dans les différents quartiers du secteur français et les deux escadrons de sécurité entre le camp Foch (ou cité Tucoulon située Cyklop Strasse) et la caserne Jeanne d’Arc d’Heiligensee (puis le quartier Napoléon).

En 1948, lors du blocus de Berlin, le détachement est renforcé d’un escadron de renfort. Ses effectifs montent à 372 hommes.

Début octobre 1968, l’escadron de sécurité est renforcé par une compagnie d’élèves gendarmes et il y a environ 300 officiers, gradés et gendarmes ( dont 132 élèves gendarmes) jusqu’en 1991, année de la dissolution du détachement de Gendarmerie. La compagnie d’élèves gendarmes est casernée à l’intérieur du quartier Napoléon dans les bâtiments 28 et 28a, le Mess gendarmerie est situé en face de la compagnie, dans le bâtiment 30.

Le détachement est rattaché au commandement de la gendarmerie des forces françaises en Allemagne, la compagnie prévôtale est répartie entre le camp Foch et la cité de Wedding ( aux environs du centre français sur la Müllerstrasse ).

Les missions qui leur sont confiées comprennent la sécurité des troupes, la police générale du secteur français et la surveillance des installations et des terrains sous contrôle du gouvernement militaire. Ainsi les gendarmes sont présents aux trois points de contrôle alliés (Alpha, Bravo et Charlie) et le long du mur lors de patrouilles quotidiennes. Ils fournissent également les escortes des hautes personnalités et les piquets d’honneur, ils sont responsables, chefs de convoi, lors des déplacements du Train Militaire Français de Berlin à Strasbourg et vis versa, accompagnent les gros convois militaires se rendant et rentrant de manœuvre par les couloirs routier et ferroviaire d’accès à Berlin.

Le détachement de gendarmerie relèvera les Russes, au début du tour français puis remettra aux américains, à la fin du tour de garde mensuel et quadripartie qu’assuraient les troupes auprès des sept prisonniers de guerre à la prison militaire de Spandau. Vieille et horrible bâtisse de briques, cette forteresse située sur la Wilhelmstrasse fût édifiée entre 1869 et 1872. On raconte que des prisonniers français de la guerre de 1870-1871 participèrent à sa construction. De 1941 à 1945 ce fût une prison où les SS enfermèrent de nombreux prisonniers politiques dans les 132 cellules individuelles, les 5 cachots et les 10 salles communes pouvant contenir chacune 40 prisonniers. On pouvait encore lire sur l’un des murs d’une cellule du sous-sol, cette inscription en français “Ah les vaches, ils m’ont arraché les ongles”. Beaucoup de prisonniers y furent exécutés, guillotinés ou pendus à l’un des 8 gibets.

Ces sept prisonniers furent condamnés le 1er octobre 1946 par le tribunal militaire international de Nuremberg et transférés à la prison alliée de Berlin-Spandau le 18 juillet 1947, transformée à cette occasion par les alliés.

Baldur von Schirach (9.05.1907 Berlin - 8.08.1974 Kröv ) politicien N.S.D.A.P chef des jeunesses hitlériennes, condamné à 20 ans, libéré le 1er octobre 1966,

Albert Speer ( 19.03.1905 Mannheim – 1.09.1981 Londres ) architecte et politicien N.S.D.A.P ministre de l’armement, condamné à 20 ans, libéré le 1er octobre 1966,

Karl Dönitz ( 16.09.1891 Berlin – 24.12.1980 Anmühle/ Hamburg ) grand amiral, condamné à 10 ans, libéré en 1956,

Walter Funk ( 18.08.1890 Trakehnen – 31.05.1960 Düsseldorf ) politicien N.S.D.A.P ministre de l’économie, condamné à vie, libéré pour raison de santé en 1957,

Erich Raeder (24.04.1876 Hamburg – 6.11.1960 Kiel ) grand amiral, condamné à vie, libéré pour raison de santé en 1955,

Constantin von Neurath ( 2.02.1873 Kleinglattbach / Vaihingen an der Enz – 14.08.1956 Leinfelder Hof bei Enzweihingen / Vaihingen an der Enz ) diplomate et politicien N.S.D.A.P ministre des affaires étrangères, condamné à 15 ans, libéré pour raison de santé en 1954,  puis du dernier détenu seul depuis 1966 Rudolf Hess ( 26.04.1894 Alexandrie /Egypte – 17.08.1987 Berlin-Spandau ) politicien N.S , détenu à la prison militaire de Spandau jusqu’en 1987. Ce dernier, condamné à vie en 1946, mi-fin à ses jours à l’age de 93 ans.La prison fût démolie et rasée quelques jours plus tard, sur son emplacement fût construit un centre commercial réservé aux membres des forces britanniques.

C’est à la gendarmerie qu’étaient confiées toutes les cérémonies protocolaires des relèves montantes ou descendantes des tours de garde mensuels qu’assurait la France à la prison comme les trois autres nations. Parfois devant l’entrée de la prison, au regard de journalistes, parfois aussi dans la petite cour intérieure de la prison, plus discrètement juste entre responsables alliés. Ensuite les unités ou services du gouvernement militaire français de Berlin effectuaient les gardes quotidiennes de 24 heures se relayant durant tous le mois attribué aux français. Dans les années 1970, la rumeur circulait que les Russes n’avaient pas de relèves d’unités, c’étaient toujours les mêmes, du début de la relève montante à la fin du mois, qu’ils ne sortaient pas de la prison et campaient dehors les mois d’été. Par contre à l’époque, les unités et services français avaient le privilège (pour les troupes) de sortir pour prendre leurs repas dans un immeuble voisin faisant partie de la caserne anglaise proche de la prison, dans une pièce propre et confortable, autour d’une grande table nappée, assis sur une chaise rembourée, agréablement servis dans des assiettes par une employée. Pour les soldats sentinelles, le contraste régnait du quotidien “ordinaire”, table recouverte en formica, tabouret ou chaise en tube métallique, plateaux en inox. Les après-midi un thé anglais assurément traditionnel était aussi proposé aux troupes françaises le dernier groupe du repas ramenait le thé en “norvégienne” pour les autres groupes de garde.

La compagnie de gendarmerie de Berlin fût jumelée avec la ville de Helmstedt (RFA) . Le détachement du point de contrôle routier« Alpha » et ferroviaire de Marienborn y résidait dans un immeuble servant de petit hôtel de passage pour des éléments routiers, précurseurs des unités se déplaçant pour les manœuvres, ou lors de stages militaires dans les environs, par exemple stage topographique des futurs sous-officiers. Les membres des forces, leurs familles et leurs invités pouvaient être hébergés, dans la limite des places disponibles, lors de leurs déplacements en RFA, ils devaient s’acquitter d’une redevance de 6 DM par lit occupé. La durée du séjour dans ce centre de passage était, sauf cas exceptionnel, limitée à une seule nuit. La cave chauffée de l’immeuble servait occasionnellement de dortoir pour les militaires, des lits de camp y étaient disponibles en cas de surnombre.

La gendarmerie à Berlin sera équipée de véhicules allemands comme le reste des forces ; motos BMW, fourgons d’intervention VW, de tous les types de voitures légères fournies par le sénat berlinois qui équipèrent les forces françaises de 1945 à 1994, de camions UNIMOG et Mercedes, seul l’armement reste français dont des blindés légers AML 60 Panhard et l’armement individuel.

La gendarmerie ou la prévôté de Berlin - Le blog de ...

 

Pour en savoir plus :

II. − Domaine milit.Formation de gendarmerie placée sous le commandement d'un prévôt (V. ce mot II B), chargée de la police d'une caserne ou d'une armée en campagne, qui exerce, en outre, une juridiction sur les forces françaises en territoire étranger. Les officiers et gradés de la garde en fonction dans les prévôtés (Lubrano-Lavadera, Législ. et admin. milit., 1954, p.170).La gendarmerie des Forces françaises d'Allemagne, qui comprend des groupements de prévôté (détachements, pelotons et postes prévôtaux) et des formations dans le secteur français de Berlin (La Gde encyclop., Larousse, t. 26, 1973, p.5333).V. prévôtal II ex.

P. méton. Siège administratif de cette formation. J'avais couru à la prévôté stimuler le zèle des gendarmes (Vercel, Cap. Conan, 1934, p.111).

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De 1947 à 1987, des pasteurs français furent affectés à la prison de Spandau, à Berlin, où étaient détenus les sept responsables nazis qui avaient sauvé leur tête à Nuremberg - puis, de grâces en libérations, un seul, Rudolph Hess, ex-dauphin de Hitler. Ce livre fait témoigner la famille du premier de ces pasteurs, cinq de ses successeurs et le directeur de l'aumônerie militaire protestante des années 1980. On n'y cherchera pas de révélation sur le nazisme, ni sur Speer ou Hess et le suicide controversé de celui-ci, mais plutôt la traduction de la guerre froide, dans l'absurdité [...]

Repères historiques sur la prison de Spandau

Pour la première fois, les pasteurs aumôniers français de la prison de Spandau témoignent

Archives du 03/09/2008 - De 1947 à 1987, les sept ex-grands dignitaires nazis, condamnés à Nuremberg, purgent leur peine à Spandau. Parmi eux, Rudolf Hess, le dauphin de Hitler, et Albert Speer, ministre de l'armement du IIIe Reich et architecte du Führer. Seuls autorisés à leur parler pendant 40 ans, les pasteurs aumôniers de Spandau recevront leurs confessions, écouteront leurs obsessions. Aujourd’hui cinq d’entre eux témoignent. Pour la première fois, ils racontent l'intérieur de Spandau, et ses secrets. Un choc.

 

Des documents inédits, des photos de l'intérieur de la prison, des lettres et des documents personnels connus que de quelques personnes, des échanges de correspondances, sont présentés dans ce livre.

« Les sept de Spandau » de Laure Joanin Llobet, sortie le 29 septembre 2008, chez OH Editions.

Spandau Prison Site Berlin.mpg - YouTube

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