Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Philippe Poisson

Maison Centrale de force et de correction pour femmes de Cadillac -

Maison Centrale de force et de correction pour femmes de Cadillac -

Mort volontaire, automutilation, tentative d’assassinat, punitions, brimades, insultes, menaces, coups, humiliations, fers, tête rasée, camisole : le monde carcéral est un observatoire privilégié de la violence plurielle. Le climat d’hostilité varie en fonction des différentes catégories d’établissements pénitentiaires, au régime plus ou moins répressif. Dans les maisons centrales, où sont incarcérés les condamnés à de longues peines, les conditions de détentions sont particulièrement difficiles : soumis à une discipline drastique, les détenus sont astreints au travail, certains pendant un an et un jour, d’autres toute leur vie. Sur le temps long, la violence institutionnelle régit le quotidien et dessine le cadre dans lequel se manifestent les violences contre-soi et interpersonnelles. Celles-ci diffèrent probablement dans les centrales de femmes, où le régime est réputé moins répressif et les prisonnières supposées plus dociles. Dans cet article, il sera question des violences subies et infligées par les prisonnières et les membres de l’administration pénitentiaire dans les deux maisons centrales de femmes du Sud-Ouest de la France au XIXe siècle, celle de Montpellier et celle de Cadillac (en Gironde).

La violence carcérale, étudiée par plusieurs sociologues, a été peu explorée en histoire. Le manque de sources consultables est un obstacle majeur. Les historiens se sont surtout préoccupés du travail ou de l’écriture en prison, tandis que les travaux sur la violence portent essentiellement sur les conflits armés et les homicides.

Le rapport des femmes à la violence, en revanche, a fait l’objet de recherches historiques récentes sous l’impulsion notamment de Véronique Blanchard, Fannie Bugnon ou encore Christophe Régina. Là encore, la rareté des sources est un obstacle. Le cadre carcéral coercitif qui favorise les comportements agressifs tend à rendre visible la violence exercée par les femmes si souvent occultée. Mais celles-ci sont très minoritaires en prison et celles qui transgressent les normes de genre en usant d’agressivité sont encore plus rares. Effacées également sont les détenues violentées qui, craignant les représailles, préfèrent souvent se taire…

Lire la suite de cet article de Anna Le Pennec sur Criminocorpus.

Commenter cet article