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Publié par Philippe Poisson

Le quotidien des médecins pendant la Grande Guerre

Témoignages de ceux qui sauvent les vies

Je reviens à moi au poste de secours. Il y a des chirurgiens et des infirmiers, ça gesticule dans tous les sens. Il y a des blessés qui arrivent, ça tourne, ça n'arrête pas, et ça tombe et dehors ça pilonne. [...] Dans la nuit, une ambulance m'emporte avec deux autres amochés. [...] On roule toute la nuit, ça secoue, les routes sont épouvantables. On finit par nous lâcher dans un hôpital militaire, bondé. Les blessés gisent dans tous les coins libres. J'en vois dans les couloirs, les lingeries, les salles d'attente. J'attends encore toute la journée, personne ne vient, je pourrais aussi bien crever.

Cet extrait d'un carnet de Georges Beaumont, soldat pendant la Grande Guerre, nous montre à quel point la vie est difficile pendant le conflit, même pour le personnel soignant. L'arrivée de nombreux blessés, souvent graves, des évacuations difficiles, se déroulant principalement sous le feu ennemi, des bombardements sur ou à proximité des postes de secours font partie du dur quotidien des médecins, des infirmiers et des brancardiers de la Grande Guerre.

Ce quotidien nous est parvenu à travers les témoignages contenus dans les carnets du personnel soignant, et nous permet ainsi d'aborder la Grande Guerre d'un autre point de vue, à savoir celui des personnes devant soigner au plus vite les blessés pour les renvoyer sur le front...

Commémoration de la Grande Guerre 20142020.

 

Plusieurs parcours sont possibles après qu'un soldat ait été blessé sur le champ de bataille.
Selon la gravité de ses blessures, il est transporté assis ou couché par les groupes de brancardiers qui viennent le récupérer là où il est tombé. 
Ensuite, les brancardiers amènent les blessés aux différents postes de secours, situés à proximité des tranchées et qui peuvent faire l'objet de bombardement.
Alfred Degez, médecin major de 2e classe, nous témoigne dans son carnet le 15 mai 1916 que Tous les jours nous sommes bombardés, et que c'est le poste de secours qui reçoit les obus.
Dans ces postes, les blessés y reçoivent les premiers soins avant d'être dirigés vers les ambulances en stationnement derrière les lignes de front. Là, les blessés reçoivent des soins plus poussés et peuvent être transportés par les ambulances vers des hôpitaux d'évacuation en arrière du front. Ces hôpitaux sont souvent des lieux réquisitionnés par l'armée, comme des lycées ou des couvents, qui sont réaménagés pour accueillir et s'occuper de blessés.
Enfin, les blessés peuvent être soit redirigés vers un dépôt des éclopés, pas trop loin du front pour permettre de remobiliser les soldats rétablis plus rapidement, soit, pour les blessés les plus graves, vers des hôpitaux mixtes ou militaires dans les zones éloignées des combats.
Des évacuations bien souvent délicates
Cependant, tout ne se passe pas toujours de cette manière.
En effet, Pierre Dehœy, chef du Groupe des Brancardiers de la 13ème Division d'Infanterie, souligne le danger auxquels s’exposent les brancardiers lors de l'évacuation des blessés du 11 octobre 1914 dans la région d’Aix-Noulette et Bully-Grenay :
Au cours de la journée, les colonnes, qui ont été faire des relèves, ont été à plusieurs reprises exposées au feu de l'artillerie ennemi. Dans les régions aussi découvertes que celles qui servaient de théâtre à la lutte, les transports de jour exposent beaucoup les blessés.
 
 

 

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