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Publié par Philippe Poisson

Le banquier du diable -

Le banquier du diable -

Parution du livre le 12 mars 2015 -Adolf Hitler lui doit son accession au pouvoir. Grâce à lui, la Wehrmacht est devenue l'armée la plus puissante du monde. Il oeuvre au service du nazisme et des odieuses persécutions anti-juives. Puis ce financier génial conspire pour renverser Hitler. Jeté dans un camp d'extermination, il survit miraculeusement. Devant le tribunal de Nuremberg qui juge les criminels de guerre, les Soviétiques exigent sa tête. Acquitté, il devient après-guerre le conseiller très écouté des grands pays non-alignés. Un parcours hors du commun qu'il termine dans son lit, à 93 ans. Hjalmar Schacht, l'économiste le plus génial du XXe siècle, a aussi sauvé l'Allemagne de la ruine. Non pas une fois, mais à trois reprises. Hyperinflation, montagnes de dettes qui étranglent le pays, chômage qui touche sept millions d'Allemands : ce démiurge renverse toutes les situations. Aujourd'hui, nos dirigeants modernes sont impuissants à peser sur le destin de leurs nations et assistent en spectateurs à l'effondrement de leurs économies. Puissent-ils s'inspirer de cet homme exceptionnel à l'inflexible détermination : car rien n'était insurmontable pour le banquier du diable. Jean-François Bouchard, haut fonctionnaire, économiste, est un familier des grandes institutions financières et monétaires internationales. Il a travaillé à l'intégration dans l'Union européenne des anciens pays du bloc de l'Est. Il est aujourd'hui conseiller du Fonds monétaire international en Afrique centrale.

 

Extrait du livre :  À quoi pense donc ce vieil homme tandis que l'autobus brinquebalant où il est inconfortablement assis franchit les grilles hérissées de barbelés du camp d'extermination de Flossenbürg, dans le Haut-Palatinat, au nord-est de la Bavière ? Sans doute à la mort qui l'attend, lui et les autres prisonniers en compagnie desquels il est étroitement surveillé par une douzaine de gardiens patibulaires. Les visages de ses prestigieux camarades d'infortune trahissent la même angoisse ; il y a là le général Hans Oster, qui était jadis adjoint de l'amiral Wilhelm Canaris à la tête de l'Abwehr (le service de renseignement et de contre-espionnage de la Wehrmacht), et son bras droit Theodor Strunck. Il y a aussi le général Georg Thomas, ancien chef du service de l'économie de guerre et de l'armement, le général Franz Halder, un haut gradé de la Wehrmacht, ainsi que le chancelier autrichien Kurt von Schuschnigg, renversé lors de l'Anschluss, l'annexion de l'Autriche par les nazis en 1938. Seule la présence de l'épouse de Schuschnigg, l'aristocratique comtesse Czernin, née Vera Fugger von Babenhausen, qui porte dans ses bras sa fillette de 4 ans, aurait pu égayer quelque peu l'atmosphère sinistre de ce convoi vers le néant. Mais ni la petite fille, née pendant la longue captivité de son père et qui n'a jamais connu que l'univers sinistre des prisons et des camps d'internement, ni sa douce maman n'ont le coeur à plaisanter. «On ne sort pas d'ici vivant !» souffle le vieil homme d'une voix étranglée, tandis que l'autobus franchit le portail sous les projecteurs des miradors et s'arrête devant un bataillon de soldats armés de mitraillettes. Puis le vieux prisonnier est rudement poussé hors du véhicule. Les gardiens le conduisent vers un bâtiment grisâtre que l'obscurité de cette nuit glaciale de février 1945 empêche de distinguer tout à fait. Un couloir pauvrement éclairé est parcouru au pas de charge ; on ouvre une porte, celle d'une minuscule cellule où une paillasse est roulée dans un coin. Le prisonnier fait deux pas en avant. La porte est claquée par les gardiens et le bruit des serrures que l'on verrouille résonne un long moment dans le bâtiment. Dans le couloir, on entend des voix et des pas qui s'éloignent. Enfin le silence s'installe. Le vieil homme, dans la pénombre de sa cellule d'isolement, déplie la paillasse et s'allonge. À tâtons, ses mains sentent une couverture ; il se blottit tant bien que mal sous cette misérable loque qui pue la crasse et la mort, mais le froid est si vif au coeur de l'hiver bavarois qu'il faut bien faire contre mauvaise fortune bon coeur afin d'essayer de se réchauffer. Il ferme les yeux. Il grelotte et ne peut trouver le sommeil. Alors probablement songe-t-il à l'incroyable destin qui l'a mené là. Car ce vieil homme n'est pas n'importe qui. Il s'appelle Hjalmar Schacht. Il était le plus génial des génies de la finance du XXe siècle. Hjalmar Schacht a sauvé l'Allemagne à trois reprises de crises économiques qui auraient dû conduire le pays à la ruine et au chaos. Grâce à lui, l'Allemagne, à chaque fois, est sortie de ces crises mortelles plus forte qu'elle n'y était entrée.

Auteur : Jean-François Bouchard

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Max Milo, Paris, France

 

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glloq 01/08/2016 10:45

manque de rigueur historique, Flossenbürg était un camp de concentration,peut-on lui faire confiance pour le reste?encore un livre écrit par les vainqueurs?