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Publié par Philippe Poisson

353 – Alain Siméon et Sandrine Zorn : « Une grande complicité et une solide amitié les unissent »

Le Carnet de l’histoire de la justice, des crimes et des peines  développe la rubrique Portrait du jour – Criminocorpus  et ouvre ses pages aux fidèles lecteurs du site.

Pour notre 353ème Portrait du jour – Criminocorpus nous recevons avec infiniment de plaisir Sandrine Zorn et  Alain Siméon  qui publient aux Editions Lajouanie leur dernier polar La Fresque.

Quelques mots des auteurs :

Sandrine est née en 1970. Après une enfance à St Dizier, elle a vécu dans diverses villes du Grand Est. Ses études scientifiques menées jusqu’à une maîtrise en biologie, elle a ensuite décidé d’entrer dans la fonction publique. Depuis 1996, elle a occupé plusieurs postes au sein du ministère chargé de l’agriculture. Aujourd’hui, elle vit à Metz.

Alain est né en 1971 et a grandi dans l’Oise. Ses études en biologie l’ont conduit jusqu’à faire un peu de recherche sur la cicatrisation à l’Université de Reims puis à fonder une entreprise qui créée des tableaux personnalisés par l’ADN. Désormais, il se consacre entièrement à l’enseignement dans un lycée agricole de l’Aube et parfois, pour faire plaisir à Sandrine, il écrit.

Ces deux-là se sont connus sur les bancs de l’université il y a une trentaine d’années. Alain a bien essayé de décider Sandrine à sécher les cours, mais rien n’y a fait ; auréolée d’un sérieux indéfectible, elle a suivi les enseignements, les a transmis à son ami et l’a aidé à préparer les examens (à moins que ce ne soit l’inverse !). Une grande complicité et une solide amitié les unissent. Férus de sciences, curieux de problématiques sociétales, ils ont une passion pour la littérature. Ensemble, ils ont découvert Irving, Lodge, Tournier, Auster, Pennac, Tuil. Puis, ils se sont intéressés au polar.

Bienvenue Sandrine et Alain sur le blog des “aficionados du crime”. Ph. P

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Interview pour le carnet criminocorpus :

« Pourquoi écrire, pourquoi à deux et comment fait-on ?

C’est un ami qui a fait germer en nous l’idée d’écrire à quatre mains, à la façon d’un cadavre exquis. Mitragyna (notre premier roman) est parti comme un défi. Nous nous sommes mis d’accord sur deux points : c’est un polar et il se déroule à notre époque. Le premier chapitre a été écrit par l’un de nous (on ne dira pas qui). L’autre a imaginé la suite du récit avant de passer le relais à son tour. Alternativement, chacun découvrait la progression de l’histoire et devait construire une suite en intégrant ou en déjouant les pièges et rebondissements déposés par l’autre. En revanche, le dénouement du roman est le fruit d’une réflexion et d’une construction communes. A l’issu de ce processus, on a repris l’ensemble du texte, uniformisé nos deux styles d’écriture (qui avaient fini par se rapprocher) et redécoupé les chapitres.

Pour La fresque (notre deuxième roman), on a écrit une trame directrice, on s’est partagé les scènes à écrire, tout en se réservant le droit de créer quelques surprises à l’autre.

Qu’est-ce que vous aimez chez l’autre et qui vous aide dans le processus d’écriture ?

Alain : J’aime sa concision et son souci du rythme. Elle est capable de dynamiter mes vingt pages mollassonnes pour en sortir un texte bien vivant. Elle garde toujours une vision d’ensemble et parvient à trouver l’équilibre parfait entre dialogues, progression de l’intrigue, description d’ambiances, propos de fond. Elle sait faire cela parce qu’elle est aussi une très bonne lectrice. Bien meilleure que moi. Et c’est très précieux de savoir lire quand on écrit.

Elle a une écriture que j’adore parce qu’elle me touche, qu’elle m’émeut. Elle me met au tapis avec une construction de phrase. Voyez, ce que je viens de dire par exemple, elle l’aurait écrit autrement, et mieux !

Elle m’aide aussi parce qu’elle est capable, en trois phrases de créer un personnage auquel on croit et à qui on est immédiatement attaché, ça m’épate ! Ceci étant, elle fait aussi plein de trucs que j’aime pas et … comment vous dire… heureusement que je suis là.

Sandrine : Même si je sens le sarcasme ordinaire derrière cette remarque, je le reconnais bien volontiers. L’écriture impose un certain isolement de la part de l’auteur. Dans notre cas, le fait d’écrire à deux nous permet d’éviter ça, on se complète. J’ai toujours le regard critique d’Alain sur ce que j’ai écrit et si ça ne va pas, je peux corriger le tir, ou parfois, c’est lui qui reprend. Dans le cas où on a des avis différents on discute et la meilleure argumentation l’emporte. Alain parvient à prendre de la distance par rapport à ce qu’on a écrit, je sais qu’il peut être plus objectif que moi dans ses critiques.

Et puis, c’est un garçon très imaginatif. Il est capable de construire des intrigues inattendues, qui semblent lui venir spontanément. Après, il est un peu trop bavard alors il délaye beaucoup. Quand un personnage a envie de boire un café, il écrira jusqu’à la couleur de la tasse…Donc, on se discipline l’un l’autre.

J’aime aussi son petit côté obstiné, qui nous a permis de finalement trouver un éditeur… moi j’avais lâché l’affaire.

Qu’est-ce que l’écriture vous a apporté ?

Ce fut d’abord une aventure commune. On a renforcé notre amitié, notre complicité et notre humilité aussi ! Si on a eu grand plaisir à se lire l’un l’autre, les critiques entre nous n’étaient pas en reste. Mais l’objectif était toujours de faire progresser le texte.

Et puis, on s’est bien marrés ! Dans Mitragyna, semer des peaux de bananes pour mettre du piment dans le passage de relai était jouissif.

Sur un plan plus littéraire (en toute modestie), on a cherché à améliorer nos écritures, surtout après les premières corrections de notre éditeur, Jean-Charles Lajouanie .

L’écriture nous a aussi apporté une forme d’exigence et de curiosité sur le travail des autres auteurs. Sur un plan humain, écrire et être publié, c’est aussi rencontrer ses lecteurs dans des salons, lors de séances de dédicaces. Les compliments reçus font beaucoup de bien ; c’est très agréable de savoir que des gens ont passé un bon moment grâce à nous. Et lorsqu’ils ajoutent qu’ils ont appris des choses ou que notre propos de fond les a convaincus, c’est très gratifiant (n’oublions pas qu’Alain est prof !).

Quelque chose que vous voudriez ajouter ?

Oui, bien sûr. On ne peut pas parler de Mitragyna et de La Fresque sans remercier Jean-Claude Lajouanie, notre éditeur, qui a permis à nos personnages et à nos histoires de rencontrer de nombreux (tout est relatif !) lecteurs. Sans oublier Caroline Lainé  qui a un talent incontestable pour accrocher le regard avec ses magnifiques couvertures. »

Quelques mots des livres :

MITRAGYNA

Editions Lajouanie (septembre 2018)

Paris 2011. Le capitaine Silas Kravinsky retrouve le sac à main de Camille Jeanson, prof de biologie, au bras d’un SDF assassiné. Interrogée, elle dit ne pas connaître la victime. Elle ment.

Que s’est-il passé entre 1997, année où Camille a abandonné la recherche et ce tragique événement ?

Son enquête la mène jusque Dakar où elle se trouve contrainte de collaborer avec Silas pour découvrir la vérité.

Sur fond de défense des droits et savoirs des peuples et de scandale sanitaire, Mitragyna dresse le portrait de deux personnages devant remettre en cause les choix qu’ils ont faits par le passé.

LA FRESQUE

Editions Lajouanie (29 mai 2020)

Du 3ème étage de son bureau, Camille Jeanson observe la progression d’une fresque qu’un mystérieux graffeur vient peindre la nuit sur le mur d’un terrain vague. La peinture montre le visage d’une femme, les traits déformés par la douleur, un chemin sanglant, des bijoux en toile de fond.

Camille croit reconnaître le pendentif déposé vingt ans plus tôt sur le corps d’une femme assassinée, compagne de Silas Kravinsky, devenu depuis policier et hanté par la traque du meurtrier. Lorsqu’elle lui fait part de sa découverte, Silas enquête sur la disparition d’un ingénieur en contrôle qualité au sein d’une entreprise de produits cosmétiques.

Quand le street art, porteur de revendications, jette un pavé dans la mare, histoires personnelles et intérêts particuliers s’en trouvent bouleversés. La fresque est aussi un regard porté sur le rôle des média dans une société qui va toujours plus vite.

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Philippe Poisson, gestionnaire du carnet criminocorpus, anime la rubrique « Portrait du jour et la prison au cinéma».

Le carnet criminocorpus est ouvert à un large public au-delà de la seule communauté des chercheurs. Cette rubrique «portrait du jour» permet  de faire connaître d’autres activités croisant l’histoire de la justice à travers le parcours de personne ayant accepté de présenter leur trajectoire professionnelle. On trouvera donc ici des parcours d’historiens, de romanciers , de sociologues, cinéastes, professionnels de la sécurité, etc.  Cette rubrique est animée par Philippe Poisson, membre correspondant du CLAMOR et ancien formateur des personnels à l’ENAP et l’A.P. La publication du portrait du jour est liée aux bonnes volontés de chacun, nous invitons donc les volontaires à prendre contact avec philippepoisson@hotmail.com – Marc Renneville, directeur du CLAMOR et de Criminocorpus.

Directeur du CLAMOR, Marc Renneville est historien des sciences spécialisé sur les savoirs du crime et du criminel, directeur de recherche au CNRS et membre du centre Alexandre Koyré…

A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

Nos autres sites : REVUE et le BLOG D’ACTUALITÉS

Relecture et mise en page Ph. P et S.P.

 

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