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13 . Parcours d'un condamné définitif au bagne colonial - « Son choix se porte sur le Douala, ancien navire allemand affecté à la ligne Hambourg-Cameroun, capturé sur place lors de la défaite allemande dans l'Ouest africain et cédé à la France en vertu des clauses d'armistice. Rebaptisé La Martinière,ce vapeur de trois mille cinq cents tonnes construit en 1912 entame une longue carrière de bateau prison. A chaque voyage, il peut transporter près de huit cent cinquante condamnés. Long de cent vingt mètres sur seize de large avec dix mètres de tirant d'eau, le navire comporte quatre faux ponts goudronnés et séparés par des cloisons étanches, chacun d'eux contenant deux cages que l'on nomme « bagnes ». Leurs parois sont badigeonnés au blanc de zinc à chaque voyage. Soixante à quatre-vingt forçats peuvent y être enfermés ; ils ont à leur disposition des bancs de bois, des tringles fixes en fer pour accrocher les couvertures, les hamacs et leurs sacs. Les détenus politiques disposent de cages isolées.

 

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L'éclairage est assuré par des lampes électriques et des fanaux de secours sont prévus en cas de panne de la dynamo du bord. Pour descendre dans les faux ponts, les matelots ou les surveillants empruntent des escaliers en fer avec rampe, surmontés d'une petite guérite en forme de dôme qui empêche la pluie et les embruns de pénétrer dans les cales. A la mer, la grande écoutille est fermée par des panneaux pleins protégeant les hommes et garantissant les marchandises des cales. Dans les faux ponts, quatre cellules sont aménagées pour recevoir des condamnés qui commettent des fautes graves contre la discipline. En outre, il existe également des « cellules chaudes » placées au-dessus des chaudières qui ont raison des plus récalcitrants. Un réseau de tuyauterie traverse les cages. Un peu à la manière des négriers qui inondaient les cales en cas de révolte des esclaves, sur le La Martinière il suffit d'abaisser une manette pour noyer toute tentative de sédition ou de mutinerie sous des jets d'eau bouillante qui mettent immédiatement les épidermes à vif et calment les plus belliqueux. Il ne semble pas toutefois qu'il ait fallu en arriver à ces extrémités. Quelques coups de matraque et de crosse eurent toujours raison des plus excités qui se manifestent surtout par gros temps. Arrivés aux latitudes tropicales, une chape de plomb tombait sur les cages et annihilait les volontés les mieux trempés..1. »


1 Pierre Dufour, Les Bagnes de Guyane, 2006, Pygmalion, département de Flammarion, 393 p

 

 

 

Sources



http://www.decitre.fr/gi/75/9782357430075FS.gifPour ceux qui, dans la première moitié du XXe siècle, échappaient à la guillotine, le bagne de Cayenne était une destination inévitable, avec le plus souvent un aller simple.

Les quais de quelques ports français résonnaient régulièrement des fers qui entravaient la marche des condamnés, et les cales du Martinière donnaient un avant-goût de l'enfer qui attendait là-bas, de l'autre côté de l'océan. Les auteurs ont retrouvé des témoins parmi le personnel navigant, et leurs récits et photos donnent un éclairage passionnant sur cette prison flottante. Parfois anecdotiques, toujours hauts en couleurs, les témoignages nous ramènent à l'époque de Papillon et de Chéri Bibi.


Franck Sénateur, enseignant et historien du système pénitentiaire français, a été le maître d'œuvre du livre. Il s'est appuyé sur de nombreux documents et témoignages ; Paul Mauro, patron pêcheur à Piriac, a 14 ans quand il est embarqué comme mousse, en 1935, sur le navire et fait de nombreux voyages de France en Guyane et dans les Antilles.


Passionné d'histoire maritime, Bernard Cognaud a été bercé dès son plus jeune âge dans le milieu maritime : un grand-père patron pêcheur, un oncle capitaine cap-hornier et un autre navigant sur le Martinière. Il raconte la vie du dernier bateau bagne jusqu'à sa fin sous le chalumeau du démolisseur.


En mars 1955, l'épave du Martinière vient s'amarrer au quai à charbon du bassin de Penhoët à Saint-Nazaire, pour y être démolie.


 


http://www.decitre.fr/gi/37/9782756400037FS.gifNapoléon III voulut purger la France de ses mauvais garçons et des délinquants qui l'encombraient.
 
Deux grandes colonies pénitentiaires destinées au peuplement se développèrent alors rapidement : la Nouvelle-Calédonie et la Guyane. En un siècle, près de 100 000 hommes et femmes furent transportés dans ces contrées éloignées et hostiles. Nombre de ces forçats, qui étaient loin d'être des criminels chevronnés, n'avaient pas mérité de vivre un tel calvaire pour peupler la " terre de la grande punition ".

Beaucoup furent éliminés par la violence, par les travaux forcés dont témoigna Albert Londres, par le vice et la maladie. Et, parmi ceux qui purgèrent leur peine, peu revirent la France. C'est l'histoire de ces êtres, hauts en couleur, en turpitudes et en misère, que Pierre Dufour nous raconte ici. Aujourd'hui, les vestiges de ces bagnes, dans les îles du Salut ou à Saint-Laurent-du-Maroni, continuent à parler au visiteur : y subsistent encore quelques témoins qui entretiennent la mémoire orale de ces lieux de douleur, dans les bistrots de Cayenne, de Kourou ou de Saint-Laurent ...


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Les premiers condamnés arrivèrent en 1852, les derniers en 1938. Transportés, relégués ou déportés, ils furent près de 70000 à subir leur peine en Guyane, relevant tous d'une loi différente. Leur univers pénitentiaire une étendue de terre du Maroni à l'Oyapock, non loin de l'équateur, en bordure de la forêt amazonienne, entre Surinam et Brésil. Leurs bagnes s'appelaient Cayenne, les îles du Salut, Kourou, Saint-Laurent, Saint-Jean, Charvein...

Commencé dans l'utopie du rachat par le travail forcé, le siècle des bagnards se poursuit par la seule volonté d'exclure, d'exiler, d'éliminer, et s'achève dans un bilan tragique. Dossiers, témoignages, archives, récits racontent la vie et la mort d'hommes et de femmes dont la justice française se débarrassa loin de ses côtes.


Certains noms appartiennent déjà à la mémoire collective Dieudonné de la bande à Bonnot, le capitaine Dreyfus, Seznec, Papillon et combien d'autres relevant de l'expression "tu finiras au bagne".


À l'heure où la France s'interroge sur la punition, la prison et le système pénal, cet ouvrage fouille l'histoire des bagnes de Guyane, en éclaire la genèse, en restitue la vie quotidienne et en décrit les vestiges.


 

 

http://www.decitre.fr/gi/59/9782213011059FS.gif1981 - Quelques dizaines d'anciens bagnards vivent encore à Cayenne. Les plus jeunes ont 75 ans. Ils ont tous été recensés par Jean-Claude Michelot, qui a recueilli leurs ultimes témoignages. Leurs récits éclairent d'une lumière dramatique ce livre qui est aussi l'histoire de la naissance, de la décadence et de la mort d'une utopie.

Pendant près d'un siècle de conflits, d'intrigues et de " faits divers ", le bagne de Guyane, en effet, a cherché sa voie entre les contraintes barbares du " goulag " et les nobles aspirations des théoriciens de la délinquance et de la substitution des peines. Juristes et truands y ont inextricablement mêlé leurs itinéraires. Au moment de l'abolition de la peine de mort, cette chronique cruelle et rocambolesque est aussi un livre d'actualité.

Jean-Claude Michelot : journaliste, chef des services de FR3 Guyane, a commencé sa carrière à Radio Monte-Carlo. Pour France Inter, puis FR3, il a été en poste à Tahiti, Djibouti, Mayotte, Wallis et Futuna. Date de Parution : 12/11/1981 - Collection : Documents - Nombre de pages : 372


 

 

1Collection privée de cartes postale de Philippe POISSON - La Rochelle - Saint-Martin-de- Ré - Embarquement de forçats - navires de transport, Le  La Martinière etc. 

Poisson (Philippe) | Criminocorpus. Le portail sur l'histoire de la ...

13 Parcours d'un condamné définitif au bagne colonial - Document à usage pédagogique uniquement. PP.

 


 

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