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Gisèle Halimi nait dans la Tunisie des années trente. Son père, Edouard, est un "magicien", inculte, mais fabuleux conteur. Sa mère, Fritna est la fille d'un rabbin, pétrie de croyances et de superstitions. Et tous deux vivent sa venue au monde comme une malédiction absolue. Pendant trois semaines, sa naissance reste cachée a tous. En grandissant, elle hérite de son fardeau de fille : servir ses frères, laver leur linge et surtout, se marier au plus tôt. Ses noces sont prévues pour ses 15 ans, et son époux, un marchand d'huile de vingt ans son aîné. Mais Gisèle refuse sa condition. Elle refuse de manger jusqu'à ce que ses parents renoncent à privilégier ses frères, refuse une religion que sa mère lui impose à force de menaces, devient une boulimique des études et, finalement, s'en va à 18 ans, sans le sou, étudier le droit à Paris. Elle y rencontre Simone de Beauvoir, une jeune femme éclairée, alors agrégée de philosophie ; une femme à l'enfance heureuse. Sa vision du féminisme est pragmatique, presque chirurgicale, et elle ne tolère pas toujours les élans de "sensibilisme" de Gisèle Halimi. Mais malgré ces différences, une véritable alchimie se crée entre les deux femmes.


Le procès de Bobigny


. Mme Halimi a pour cliente une certaine Marie-Claire. La jeune fille a alors seize ans et, violée par un garçon, a avorté. La foule s'empare de la cause. Le jour du procès, la petite salle dans laquelle à lieu l'audience est bondée. La plaidoirie du Me Halimi est ponctuée par la clameur des femmes qui réclament l'acquittement de Marie-Claire. Elle est acquittée. C'est une première, car la véritable libération des femmes, confie Gisèle Halimi, c'est le moment où elles acquièrent enfin le droit de donner ou de ne pas donner la vie.


Ce procès devient le premier pas d'une grande réforme


. Le 5 avril 1971, 343 femmes parmi lesquelles des personnalités telles que Francoise Sagan, Simone de Beauvoir (et bien sûr, Gisèle Halimi), font publier, dans le Nouvel Observateur, un manifeste, dit "des 343 salopes", où elles affirment avoir avorté. Elles demandent un libre accès aux moyens anticonceptionnels et à l'avortement. Des assertions passibles de poursuites pénales. Elle aboutira sur un discours de Simone Veil, et une loi votée le 17 janvier 1975...

Créé le 21/01/09 - Dernière mise à jour à 16h05


"Ne vous résignez jamais". C'est le message que fait passer l'avocate féministe Gisèle Halimi à travers un ouvrage éponyme, qui paraîtra demain aux Editions Plon. En compagnie de Michel Drucker, elle revient sur l'un des grands moments de sa lutte pour le droit des femmes : le droit à l'avortement.


Présentation de l'éditeur

Gisèle Halimi nous livre dans ce témoignage essentiel un " ce que je crois " qui, tout en éclairant un parcours de luttes - faire du viol un crime, défendre le droit à l'avortement, se battre pour la loi sur la parité, contre la violence faite aux femmes, contre la prostitution - construit une réflexion générale sur le féminisme d'hier et d'aujourd'hui. Elle dénonce ainsi le lyrisme convenu sur la maternité (" un piège " ?), le " désir d'enfant " (obsessionnel ?), les dérives de la procréation assistée (les locations de ventre, etc...). Un fil rouge dans cet essai unique de l'auteure : le refus absolu de la résignation.

Biographie de l'auteur

Avocate au barreau de Paris, fondatrice et coprésidente de l'association Choisir-La Cause des femmes, Présidente de la commission politique de l'Observatoire de la parité entre hommes et femmes, Gisèle Halimi a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels La Cause des femmes, Djamila Boupacha, Quel Président pour les femmes ? (en collaboration avec François Mitterrand), Le Lait de l'ora


Broché: 245 pages
Editeur : Plon (22 janvier 2009)
Langue : Français
ISBN-10: 2259209416
ISBN-13: 978-2259209410


Commenter cet article

semtob 12/03/2010 00:53


Cher Monsieur,
Madame Gisèle Halimi n'est plus objective ni neutre dans le travail qu'elle exécute pour le droit international.Quelques heures de diplomatie devraient être nécessaires pour prétendre avoir des
compétences sur des sujets délicats. L'autoproclamation n'est plus de mise depuis longtemps.Merci d'accepter ce commentaire.françoise Semtob


12/03/2010 08:14


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