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Présentation de l'éditeur en 2003

Sophie Coignard avait déjà analysé le fonctionnement de la classe dirigeante et l’emprise de la loi du silence. Pour conclure cette fresque des blocages et des dérives de la société française elle s’attaque cette fois à la vendetta, cette façon tribale de régler les conflits dans la violence dans un pays en théorie régulé par le droit.

Or les conflits justement ne manquent pas dans la patrie des droits de l’homme et des bons sentiments. Mais ils ne se déroulent pas comme on nous le dit. Et l’exemple -le mauvais exemple- vient d’en haut. La façon dont la classe politique règle en coulisses ses comptes n’est pas rassurante de ce point de vue. L’auteur décrypte les guérillas qui ont marqué l’actualité ces dernières années. Inauguré en 1974 -Giscard triomphant de Chaban Delmas- cette tradition a pris aussi de l’ampleur, à droite comme à gauche. L’essentiel n’est plus la victoire de son camp mais la défaite du rival qui pourrait vous faire de l’ombre. Conclusion : l’Elysée rend fou !

Passant de la vendetta fiscale -où la politique croise parfois les vengeances à épisodes entre anciens amis- aux polémiques du milieu littéraire -« l’affaire Renaud Camus » qui s’est soldée trois ans plus tard par la publication sanglante de « La face cachée du Monde »- Sophie Coignard nous montre avec sa férocité habituelle comment des clans se sont emparés de certaines parties de l’Etat et dans quelles conditions ceux qui sont mêlés à ces affrontements peuvent survivre.

Médecine, affaires, justice, vie publique, rares sont en effet les secteurs de la société française à échapper à ce fonctionnement archaïque, incompréhensible pour le profane. L’abondance des règles, des lois n’empêche en rien les parrains du système d’intervenir sur ceux qui exercent des métiers à risques : policiers, juges, experts, gendarmes craignent les affaires délicates où les passions vont se déchaîner, entraînant leur cortège de pressions, amicales ou non. Car l’essentiel reste, aux yeux du petit cénacle dirigeant -beaucoup plus restreint que la nomenklatura des privilégiés qui profitent du système- de préserver ce qui est à l’origine de son pouvoir (fief électoral, argent, sinécure…). Pour cela tous les moyens sont bons.

Une vision terrible de la grande démocratie dans laquelle nous sommes censés vivre et une foule d’anecdotes inédites qui devraient défrayer la chronique.

L'auteur vu par l'éditeur

Journaliste au Point, Sophie Coignard a déjà publié, avec Alexandre Wickham « L’Omerta française » (185 000 exemplaires vendus) et « La nomenklatura française » (150 000 exemplaires) et avec Marie-Thérèse Guichard « Les bonnes fréquentations » (90 000 exemplaires, Grasset).

Broché: 400 pages
Editeur : Albin Michel (8 octobre 2003)
Collection : Documents
Langue : Français
ISBN-10: 2226141936
ISBN-13: 978-2226141934

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