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Qu'est-ce que cela implique, d'être la première femme (depuis la réforme de la police de 1995) à être lieutenant des CRS ? On pose la question à Karine Bonnet. "Eh bien, surtout d'être poursuivie par les médias…", réplique-t-elle, moqueuse. Entrée dans la police après ses études d'administration, la jeune femme a toujours aimé ce métier qui lui permet "que les journées se suivent et ne se ressemblent pas".


D'abord gardien de la paix à Paris, elle découvre les différentes facettes du métier en étant affectée successivement au service de nuit, à la brigade d'îlotiers, et dans des services de procédure. En 2004, elle décide de continuer son évolution en passant le concours de lieutenant de police. A la sortie de cette formation, les postes se choisissent suivant le classement. Les élèves mieux notés se disputent les places en compagnie républicaine de sécurité, très cotées. "J'ai pris le dernier poste disponible en CRS", raconte Karine.


Sa principale difficulté : un peu de temps pour sa vie privée

Il s'agit de Limoges. Elle trouve la compagnie "accueillante". Et que pense l'équipe en place de la nouvelle venue qui les dirige à présent ? "On ne me le dit pas, mais je devine que certains doivent avoir un peu de mal à l'accepter, même si les jeunes sont plus ouverts". Alors ? Le jeune lieutenant ne connaît qu'une solution : "Je dois faire mes preuves, deux fois plus qu'un autre". Plutôt que de mettre en place des rapports de force, elle préfère déployer des arts de diplomate et "ménager" la susceptibilité de ses troupes.


Ce ne sont pas les risques du métier qui l'arrêtent, ni la fatigue. Non, ce qui l'ennuie le plus, c'est l'organisation : "Nous sommes souvent en déplacement, nous rentrons tard… Quand je voudrai mener une vie de famille, ça ne sera pas facile". Pourtant, elle n'entend renoncer ni à son métier, ni à sa féminité. "Je n'ai pas du tout l'allure d'un garçon manqué, et c'est tant mieux si cela surprend les gens qui apprennent ma profession." Parce qu'il n'y a rien de "manqué" du tout, chez Karine Bonnet.


24/01/2005 - Archives de presse

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