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Le magazine Détective occupe une place à part dans la presse fait-diversière française [1]. Par sa longévité, tout d’abord : fondé en octobre 1928 par Georges Kessel, frère de l’écrivain Joseph Kessel (lequel devient son rédacteur en chef), et publié par les éditions Gallimard, l’hebdomadaire spécialisé dans les faits divers criminels reparaît au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sous le nom de Qui ? Police ; il est cette fois publié par les Éditions Nuit et Jour, Gaston Gallimard, voulant se donner une meilleure image au moment où il est inquiété pour des questions de collaboration, ayant préféré se défaire de cette publication. En juillet 1947, l’hebdomadaire prend le titre de Qui ? Détective, redevenant Détective en 1958. En dépit de nombreuses vicissitudes, dont, notamment des changements de titre dus à des ennuis avec la justice, il existe toujours aujourd’hui [2]. Malgré une image de marque peu flatteuse, qui n’a gardé en mémoire, même par mégarde, un de ces titres racoleurs ou agressifs dont le journal s’est fait la spécialité : « L’assassin du beau Lulu » [3], « Avant de mourir mon mari avait gravé un nom sur une pierre, dit aux jurés la veuve de Borra » [4], ou encore « Pour garder sa femme, Jean posait nu avec de jeunes filles nues » [5]. Le principe demeure, lui, inchangé : Détective est l’hebdomadaire-type des faits divers, de format tabloïde, comptant quinze pages, puis vingt-huit, densément remplies et où l’illustration tient une place importante. Ce sont ces illustrations, justement, qui nous retiendront ici, en essayant de voir au-delà de leur seul foisonnement, les éléments auxquels elles se rapportent (crime, enquête, procès), leur place dans le magazine, leur(s) rôle(s) dans les procédés narratifs ou encore leurs fonctions, tant explicites qu’implicites...

La justice mise en images par Détective

(1945-1980)


Sociétés & Représentations 2004- 2 (n° 18)| ISSN 1262-2966 | ISSN numérique : en cours | ISBN : sans | page 263 à 275

Philippe Chassaigne : Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Tours, il travaille sur les questions de violence et de maintien de l’ordre dans les sociétés industrielles aux xixe-xxe siècles. Il vient de publier Ville et violence. Tensions et conflits dans la Grande-Bretagne victorienne (1840-1914) aux Presses de l’Université de Paris-Sorbonne.

L'intégralité de cet article est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous
http://www.cairn.info/revue-societes-et-representations-2004-2-page-263.htm

Justice - Peine de mort - Expertises (57)

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