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Du reste il ne serait pas faux d’affirmer que la cynotechnie militaire française est née avec la conquête de l’Algérie. En effet, dès 1830, les chiens y furent utilisés ponctuellement. Une compagnie de 40 chiens fut même créée en 1836 par le capitaine Blanqui pour monter la garde autour de ses bivouacs.


Cela n’empêcha pas la France d’être la dernière des nations européennes à s’intéresser à la cynophilie militaire. Sa mise en place fut très lente et progressive à partir de 1887. L’armée française ne comptait que 250 chiens dans ses rangs en août 1914 forçant le commandement à faire appel à des chiens de réquisition. Entre 1914 et 1918, les chiens utilisés furent de sept types différents : les sentinelles (pour le guet et la garde), les patrouilleurs (pour assurer la sûreté rapprochée des patrouilles), les chiens sanitaires (pour le repérage des blessés), les porteurs (pour le petit ravitaillement), les estafettes, les chiens d’attelage et les télégraphistes (poseurs de lignes téléphoniques de campagne).


La création, en 1939, d’un service de chiens de guerre dépendant de l’infanterie ne permit pas pour autant la mise sur pied d’unités cynophiles.


Entre 1954 et 1962, 4 000 chiens participèrent aux opérations militaires en Algérie, alors que leur nombre n’atteignait que 40 en 1950. Cet essor important que connut ce qu’il est convenu d’appeler la cynotechnie militaire s’explique en partie par l’expérience indochinoise mais surtout par le type de tactique adoptée par l’armée française au cours du conflit. De nouvelles utilisations des chiens y virent le jour, notamment la fouille des grottes à partir de 1959. En 1949 fut créé le 10e groupe vétérinaire (GV) à Lynx (Allemagne) chargé de l’achat et du dressage des chiens militaires. C’est là que furent mis au point un certain nombre de techniques cynophiles nouvelles (dont celle de cyno-commando anti-char en 1952).


Avec l’Indochine, l’usage des chiens se développa avec notamment leur utilisation au sein des troupes aéroportées. Les chiens furent employés comme chiens de garde, pisteurs- éclaireurs et, fait nouveau, comme démineurs.


En Tunisie les chiens furent utilisés à partir de 1952. Leur nombre passa de 12 à 225 en quelques mois, avec la création de 6 pelotons cynophiles. Ces chiens étaient des chiens de garde, de piste ou de combat, ces derniers étant destinés au maintien de l’ordre : arrestation ou dispersion de manifestants...

(Photographie : De nos jours, un fusiller-commando de l'armée de l'Air et son chien )

Thierry NOULENS. Article paru dans la Revue historique des armées, n°229, 2002.
Les numéros entre parenthèses correspondent aux appels des notes, consultables en bas de page.

L'intégralité de cet article est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous
http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/04histoire/articles/articles_rha/chiensmilitairesalgerie.htm

 


Guerre d'Algérie (42)

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