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Si l'actuelle direction générale de la gendarmerie nationale a été créée le 10 novembre 1981, la question du commandement supérieur de l'institution s'est posée dès la Révolution française. Représentée, sous le premier Empire, par l'inspection générale de la gendarmerie confiée au maréchal Moncey, la gendarmerie dut attendre le début du XXe siècle et la fin du premier conflit mondial pour se voir doter d'un organe autonome de direction. Cette réforme importante est en grande partie le fait d'un officier souvent méconnu des gendarmes, le général Plique, premier sous-directeur puis premier directeur de la gendarmerie, mais également historien de la maréchaussée.

Dans l'un de ses premiers numéros de l'entre-deux-guerres, la Revue de la gendarmerie nationale faisait paraître un court article sur l'une des grandes figures de la gendarmerie sous la III° République et lui rendait ainsi hommage : " Du fond de sa retraite, que le général Plique trouve ici les remerciements de toute une arme qu'il a sauvée de la misère morale et, sans doute, de la décadence, en lui rendant la juste compréhension de sa mission ". Pourtant, le rôle essentiel de cet officier, dans la vaste campagne de réformes qui toucha la gendarmerie au lendemain de la Première Guerre mondiale, reste méconnu.

Une gendarmerie délaissée.

L'institution avait en effet longtemps souffert d'un désintérêt général de la part des autorités politiques et militaires, et l'absence d'un organe supérieur de commandement au sein de l'administration centrale du ministère de la Guerre était durement ressenti. Depuis la chute du premier Empire en 1815, la gendarmerie dépendait en effet de la direction de la cavalerie et n'était représentée que par un simple bureau, le plus souvent confié à un officier supérieur ou à un fonctionnaire civil. Cette incohérence avait nourri de nombreuses critiques de la part des gendarmes, qui réclamèrent à plusieurs reprises la création d'une direction autonome pour une institution qui était présente sur tout le territoire français et qui comptait plus de vingt-cinq mille hommes. Les journaux spécialisés avaient ainsi dénoncé à plusieurs reprises cette situation, estimant que la gendarmerie se trouvait " vis-à-vis de la cavalerie, à l'état de province annexée ayant perdu sa vie propre et son autonomie ". Ces critiques trouvèrent également des échos à la Chambre des députés, où les élus réclamèrent à plusieurs reprises la création d'une direction, ou tout au moins d'une sous direction de la gendarmerie au ministère de la Guerre.

Une gendarmerie reconnue

La Première Guerre mondiale et la nécessité d'une force militaire de l'intérieur forte et organisée conduisirent le gouvernement de Georges Clemenceau à modifier cette situation. Conscient du rôle difficile que devait tenir la gendarmerie dans un pays en guerre et où le problème du maintien de l'ordre se posait de façon cruciale, le " Tigre " décida de créer, pour la durée des hostilités, un " organe de centralisation et de coordination " pour la gendarmerie afin de l'affranchir de " la tutelle " qui s'exerçait sur elle. Le décret du 16 février 1918 créa donc une sous direction de la gendarmerie et, trois jours plus tard, une décision ministérielle portait nomination du lieutenant-colonel Plique à l'emploi de sous-directeur de la gendarmerie.

Joseph Plique (1866-1949) avait jusqu'alors effectué un parcours modèle d'officier de gendarmerie. Élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr entre 1887 et 1889, il fut affecté à sa sortie au 156e régiment d'infanterie, avant d'être versé en 1893 dans la garde républicaine avec le grade de lieutenant. Ses diverses affectations le conduisirent successivement à Domfront, Saint-Malo et Lille, où " il se distingua lors d'une émeute en dispersant des attroupements hostiles qui s'en prenaient à la troupe ", action pour laquelle il reçut une citation à l'ordre de l'armée. Chef d'escadron en 1908, il fut affecté par la suite à Mende puis commanda la 12e légion de gendarmerie à Limoges en juillet 1917, avant d'être appelé à prendre les fonctions de premier sous-directeur de la gendarmerie. Il fut, du reste, promu colonel peu après, en septembre 1918.

L'importance du rôle personnel du colonel Plique fut incontestable et il recueillit l'unanimité sur son action et son engagement pour entreprendre les grandes réformes attendues, au premier rang desquelles la reconstitution d'une gendarmerie mobile chargée du maintien de l'ordre dans le pays. Son dynamisme fut reconnu par tous les militaires de l'institution, et il prit part aux débats parlementaires devant les chambres au titre de commissaire du gouvernement. Le sous-directeur reçut dans ses attributions toutes les questions relatives à la gendarmerie et devait traiter toutes celles de son ressort ou les faits étudiés par les organes placés sous son autorité. Le colonel Plique organisa par conséquent la sous direction en y créant un bureau technique chargé de l'organisation militaire et administrative, un bureau du personnel et une section administrative qui devait s'occuper des questions d'application des règlements et du casernement.

(Iconographie / Gendarmes à la veille de la Première Guerre mondiale)


Joseph Plique, premier directeur et historien de la gendarmerie

Xavier BORDA

Revue de la gendarmerie nationale, hors série numéro 3, 2002

http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/04histoire/articles/gendarmerie/histoire/plique/pa1.htm


NOUVEAU

Les colonies correctionnelles diaporama n°1

http://philippepoisson.canalblog.com/archives/2008/12/09/11681557.html

 

Les colonies correctionnelles diaporama n°2

http://storage.canalblog.com/24/71/534743/33469679.pdf

 

Politique pénale à l’égard de la délinquance juvénile sous la Troisième République - diaporama n°3

http://philippepoisson.canalblog.com/archives/2008/12/11/11711064.html

 

Les bagnes d’enfants – diaporama n° 4

http://philippepoisson.canalblog.com/archives/2008/12/16/index.html

 

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