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En Océanie, la gendarmerie fut longtemps omniprésente. En effet, seul et ultime représentant dans les îles lointaines et dispersées des Établissements français de l'Océanie (EFO) ou dans les villages isolés par l'absence de réseau routier en Nouvelle-Calédonie, le gendarme colonial apparaît souvent comme une sorte de Deus ex machina incontournable. Son action initiale s'avère par essence coercitive, puisqu'il intervient comme agent du maintien de l'ordre. Ensuite, les multiples missions que lui attribuent les gouverneurs successifs le transforment en médiateur deux mondes en présence.

 

L'installation de la gendarmerie à Tahiti

 

Le protectorat français sur Tahiti fut imposé à la reine Pomaré en septembre 1842. La gendarmerie fut instituée le 7 novembre 1843, et le premier gendarme à poser le pied sur l'île fut le maréchal des logis Joseph Prat. Lors de la guerre franco-tahitienne de 1844-1847, la gendarmerie participa à la répression et obtint, le 17 octobre 1846, la création d'un détachement de gendarmerie à cheval qui débarqua après la fin du conflit. Parallèlement, la gendarmerie devient le principal élément de pacification du fait de l'absence de " guerres de libération ". C'est ainsi qu'en 1851, une brigade de gendarmerie doit être envoyée à Mangareva (Tuamotu), où les pasteurs mormons mobilisent une importante partie de la population contre les tenants tant de l'Église catholique que de la France. Le calme revenu, le gouverneur laisse dans l'atoll deux gendarmes avec la mission d'appréhender les derniers fauteurs de trouble. Le brigadier Viry, venant arrêter un des chefs destitués le 9 novembre 1852, est désarmé, transpercé de coups de harpon et finalement assassiné. La répression menée par les troupes de Marine et des auxiliaires tahitiens fut rapide et sévère, voire indigne d'une armée constituée : cinq des rebelles sont jugés sur place et pendus sur le champ, le village est pillé, des femmes Paumotou sont violées. Désormais, la gendarmerie se donne pour objectif premier de réguler les tensions inévitables entre les Mao'hi et les quelques aventuriers, commerçants et missionnaires s'installant dans les îles. Dans le même esprit, la gendarmerie surveille les agissements des uns et des autres, n'hésitant pas à prescrire des travaux d'utilité publique, voire l'exil des fauteurs de trouble. Après la répression de la révolte de Raiatea Tahaa, en 1897, c'est la gendarmerie qui eut la tâche de surveiller les 116 déportés envoyés à Ua Huka...

La gendarmerie coloniale en Océanie (1846-1939)

Frédéric ANGLEVIEL

Revue de la gendarmerie nationale, hors série n° 2, 2000


L'intégralité de cet article est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous
http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/04histoire/articles/gendarmerie/histoire/angleviel/pa1.htm

 

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