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"On n’a point oublié cette récente et lamentable affaire : à l’autopsie on trouva la boîte crânienne d’un sergent de ville vide de toute cervelle, mais farcie de vieux journaux..."


Alfred Jarry, "La cervelle du sergent de ville", La Revue blanche, 15 février 1901.


Le "boucher de la Chapelle"

"La partie d’un bras comprise entre le coude et l’épaule, a été jetée par un inconnu dans la bouche d’un égout situé rue du Pré-Maudit, retirée aussitôt et déposée au bureau de M. Lefébure, commissaire de police, par le gardien Harly"

(Dépêche de l’Officier de paix du XVIIIe arrondissement au Préfet de police, 10 septembre 1879, 23 heures)

Tard dans la soirée du 10 septembre 1879, intriguée par le manège d’un homme vêtu d’une blouse et porteur d’un panier, penché sur un regard d’égout de la rue du Pré-Maudit, une habitante du quartier de la Chapelle, poussée par la curiosité, y découvre un paquet à demi engagé. Prévenu par ses soins, un gardien de la paix en fait identifier le contenu : un morceau de bras humain proprement écorché et coupé [56]. Arrivés sur place vers minuit, le commissaire du quartier et le chef du Service de sûreté de la Préfecture de police, à l’aide de recherches systématiquement menées dans les égouts, mettent au jour soixante-dix sept colis qui permettent, peu à peu, de reconstituer un macabre puzzle : le cadavre d’un homme [57] dont la tête demeure introuvable, mais dont on retrouvera également la peau, les doigts et les parties sexuelles dans les fossés des fortifications toutes proches.

Interrogée par le commissaire Lefébure, la veuve Thiéry évoque la ressemblance entre l’homme en blouse bleue qu’elle a aperçu et un gardien de la paix du quartier dont elle a été la voisine et surnommé le "bel homme"par les femmes du quartier à cause de sa prestance physique.

Incrédule, mais voulant en avoir le coeur net, le commissaire convoque le dit gardien à la fin de son service du matin et, devant son embarras, les grossières contradictions de ses réponses [58], lui fait rapidement avouer le crime. Une perquisition dans son logement permet de retrouver, dissimulée sous le lit, dans un chaudron, la tête manquante qu’il avait prévu de faire bouillir afin d’en rendre toute identification impossible.

La victime est un courtier en bijoux nommé Lenoble que son assassin -qui a prémédité son crime de longue date [59]- avait quelque temps plus tôt invité à venir lui présenter de belles pièces, à son domicile, rue Riquet. Le vol a été le mobile du crime. Celui-ci a été perpétré à l’aide d’une "boucle de tender" dont la boule a fracassé le crâne de la victime que son assassin a ensuite saignée, dépecée et découpée avec une dextérité qui impressionna médecins légistes et enquêteurs. Après un souper pris chez un marchand de vin, revêtu d’une blouse et muni d’un grand panier, le meurtrier a entrepris, à la faveur de la nuit, de disperser les différents morceaux du corps. C’est lors de son dernier voyage que, fatigué et gêné par la curiosité de la veuve Thiéry, il a abandonné, dans un regard d’égout trop étroit et après avoir vainement tenté de l’y enfoncer, le colis qui a révélé le crime.

Aussitôt connue, la nouvelle fait sensation [60]. L’horreur du crime et les détails du dépeçage, la personnalité du meurtrier provoquent une curiosité et une effervescence qui exaspèrent tous les fantasmes, surexcitent les imaginations et ramènent au jour une affaire de disparition non élucidée...

L'intégralité de cet article est diponible en cliquant sur le lien ci-dessous
http://www.criminocorpus.cnrs.fr/spip.php?page=articleprint&id_article=501


L’auteur et l’équipe de criminocorpus tiennent à remercier Benoît Garnot pour l’autorisation de cette publication en ligne


Jean-Marc Berlière
http://www.criminocorpus.cnrs.fr/article134.html


Marc Renneville
http://www.criminocorpus.cnrs.fr/article17.html


Philippe Poisson
http://www.criminocorpus.cnrs.fr/article323.html



Police - Gendarmerie - Femmes (157)

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