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La nouvelle est tombée, hier matin, de la bouche d'Alain Juppé : L'Ensop (École nationale supérieure des officiers de police) va quitter Cannes-Écluse, en région parisienne, pour rejoindre la capitale girondine d'ici trois ans. Le premier ministre, François Fillon, a téléphoné au maire de Bordeaux, mercredi, pour lui annoncer la décision prise par le chef du gouvernement et le ministère de l'Intérieur. « Nous attendons la confirmation officielle sur le papier », a précisé Alain Juppé. Le « bleu » de Matignon, document qui revêt la signature du premier ministre, devrait entériner la décision dans les prochains jours.

Vers un site unique

« C'est une très bonne nouvelle, se félicite Lionel Laffargue, secrétaire zonal sud-ouest du Snop (Syndicat national des officiers de police), joint, hier, alors qu'il se trouvait à Cannes-Écluse. Nous étions favorables à ce projet puisque nous demandions le transfert de notre école dont les locaux sont vétustes. Nous aurons enfin une véritable école capable, demain, d'accueillir sur un même site l'ensemble des cadres de la police nationale, avec les commissaires. »

« C'est une prise en compte de notre statut », se réjouit, pour sa part, Dominique Achispon, secrétaire général du Snop. « C'est un premier pas vers un site unique de formation pour rationaliser les coûts. »

« Le terrain possède de très beaux atouts », confie Jack Allais, secrétaire régional Aquitaine du syndicat Synergie-Officiers, favorable, lui aussi, au regroupement de toutes les écoles de cadres et de cadres supérieurs. « Sur 8 hectares auxquels s'ajouteraient 3 autres hectares, on pourrait en profiter pour aller au-delà de l'école des officiers dans le cadre de la révision générale des politiques publiques. »

Bordeaux, en concurrence avec Bron, dans la banlieue de Lyon, a donc remporté l'ultime manche dans la lutte pour l'obtention de l'Ensop. Depuis l'annonce de la délocalisation de l'école faite, en 2007, par la ministre Michèle Alliot-Marie, plusieurs villes s'étaient porté candidates. Strasbourg et Roubaix éliminées, Bordeaux, grande ville universitaire, possédait de sérieux atouts, comme celui d'avoir l'École nationale de la magistrature (ENM).

L'Ensop, chargée de la formation initiale et continue du corps de commandement de la police nationale (lieutenants, capitaines et commandants) sur des périodes de 18 à 24 mois, est composée, à l'heure actuelle, de 210 fonctionnaires permanents auxquels s'ajoutent une centaine d'élèves.

Une compensation

L'Ensop sera implantée dans le quartier de Bordeaux-Bastide, à proximité des Moulins de Paris, dans un axe qui pourrait être celui du futur pont Bacalan-Bastide. Le projet initial porterait sur une enveloppe de quelque 60 millions d'euros. « Il faut parvenir à des économies et des mutualisations de moyens », suggère Jack Allais.

En juin 2008, le préfet délégué à la sécurité, accompagné d'Alain Juppé et de syndicats d'officiers de police, s'étaient rendus à La Bastide afin de peaufiner le projet au moment où Santé navale s'apprêtait à quitter Bordeaux.

La délocalisation de l'Ensop est une excellente compensation. Son implantation s'accompagnera de l'aménagement d'équipements sportifs qui pourraient servir à d'autres structures, comme Sciences Po, école actuellement logée à Pessac et elle aussi au centre d'un projet de déménagement sur la rive droite de Bordeaux.

Auteur : jean-michel desplos
jm.desplos@sudouest.com


Samedi 07 Mars 2009

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