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Force militaire de sécurité intérieure, la Gendarmerie nationale doit en permanence adapter ses structures et ses missions aux besoins des populations dont elle est chargée de garantir la sécurité. Depuis quelques années, elle affronte des mutations fonctionnelles et sociologiques qui risquent de porter atteinte à sa cohésion si on ne prend pas soin de mettre en exergue les valeurs traditionnelles de cette institution séculaire. Militaires, et agissant de ce fait en uniforme, les gendarmes arborent une tenue qui porte en elle l’évocation du passé et des traditions militaires. La connaissance des symboles, et par conséquent le sens du message qu’ils véhiculent, reste un des moyens a employer pour pérenniser les apports du passé au profit des actions présentes.

Sur la tenue de cérémonie actuelle figure un attribut que nous a légué la maréchaussée : l’aiguillette. Cet effet, comme sous l’Ancien Régime, marque le rang que tient la gendarmerie au sein des forces armées et met en avant cette filiation qu’il convient de cultiver. En effet, la gendarmerie actuelle conserve encore nombre de missions qui étaient déjà dévolue à la maréchaussée telles la surveillance des militaires, la police des chemins, etc…

Dans l’histoire du vêtement militaire, l’aiguillette a toujours tenu une place particulière. En fait, au Moyen-Age il s’agissait d’une cordelière ferrée qui fermait l’armure des hommes d’arme. Par la suite, ce nom fut attribué au lien qui joignait le haut des écharpes des officiers. Cet attribut vestimentaire principalement utilitaire va progressivement devenir une marque distinctive des troupes montées, puis d’élites. Ainsi l’aiguillette rouge sera l’apanage des gardes françaises et la blanche sera le signe distinctif de la maréchaussée.

Par l’ordonnance du 16 mars 1720, il est attribué une aiguillette blanche se portant à gauche au personnel de la maréchaussée corps militaire appartenant à la Maison du Roi. Dès 1756, elle est supprimée. Elle réapparaît par l’ordonnance du 28 avril 1778. Cet attribut sera retiré à nouveau à la Révolution, en tant que signe de l’Ancien Régime, quand la maréchaussée sera transformée en Gendarmerie nationale par la loi du 16 février 1791. Il est toutefois établi que de nombreux personnels continueront à arborer ce signe comme le montre de nombreuses miniatures de l’époque. La loi du 27 mars 1797 la rétablit définitivement, mais au trois couleurs nationales.

Les différents régimes politiques qui vont se succéder provoqueront des changements d’attributs sur les uniformes mais l’aiguillette restera un signe distinctif pour la gendarmerie. Elle sera un temps blanche sous l’Empire avec des différences de port : à gauche en général et à droite pour les officiers de la gendarmerie d’élite. Sous le second Empire elle sera portée à gauche sauf pour les gendarmes de la Garde impériale qui se distinguent par le port à droite. La Garde municipale de Paris rattachée à la gendarmerie en 1838 porte aussi des aiguillettes, mais elles sont de couleur or.

En 1871 (règlement du 7 décembre ) cet attribut reste sur la gauche de la poitrine, il est panaché bleu et blanc pour certains grades ou appellations (gendarme, brigadier, sous-officiers) et rouge et blanc pour les tambours et trompettes.

Le XXè siècle voit la forme et le positionnement de l’aiguillette se figer. Elle sera composée de deux nattes et de deux brins, attachées au trèfle droit. Ceux-ci sont fixés sur les quatre premiers boutons de la poitrine comme le prévoient les textes depuis la fin du XIXè avec l’apparition de la tunique à 9 boutons (illustration de fond).

De nos jours, l’ensemble des formations de la gendarmerie porte les aiguillettes à gauche, elles sont blanches avec ferrets et coulants or ou argent selon la subdivision d’appartenance : départementale ou mobile. Les brins sont passés autour du bras et les nattes attachées sur le revers gauche du col.

La Garde républicaine, seule formation à être équipée d’une tunique, arbore encore les aiguillettes à gauche attachées aux quatre boutons de la poitrine. Elles sont panachées un tiers écarlate et deux tiers or pour les sous-officiers et entièrement or pour les officiers.

Sous l’Ancien Régime, signe distinctif de formations attachées au service des plus hautes autorités, l’aiguillette reste aujourd’hui un attribut honorifique qui met en valeur les militaires qui la portent sur la poitrine. Placée à la droite des armées et défilant en tête des troupes, la Gendarmerie nationale ne peut que s’enorgueillir de ce privilège supplémentaire.

L'aiguillette un leg symbolique de la Maréchaussée

Maréchal des logis-chef Richard FILMOTTE

Revue historique des armées n°1, janvier 2001

 

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RICHFIL 09/06/2009 00:11

bonjour

heureux de revoir un de mes articles, merci de votre intérêt et à mon tour de découvrir la richesse de votre blog si... divers mais fournis
bonne suite...