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Chers collègues et chers amis,

 

Dans un désordre chronologique qui sied mal à l’historien, vous trouverez ci-dessous quelques publications ou nouvelles dont je suis certain qu’elles intéresseront les curieux de la chose, de la gent et de la pratique policières…

 

A/ Des livres :

 

  1. Vivien Bouhey, Les Anarchistes contre la République. Contribution à l’histoire des réseaux sous la IIIe République (1880-1914), PUR, janvier 2009, 491 p. tiré d’une thèse soutenue à Paris X Nanterre qui évoque  marginalement  (ce n’est pas le sujet) l’action policière de la IIIe République contre un mouvement que l’auteur, qui renouvelle l'étude du sujet, montre beaucoup plus organisé qu’on ne le pense : circuits de financements, ramifications en Espagne, Grande-Bretagne, Suisse et Allemagne… en suivant la vie quotidienne de certains groupes, l'action politique et terroriste des « compagnons » n'apparaît plus l'œuvre spontanée de militants isolés.

 

  1. Laurent Mucchielli et Pieter Spierenburg (dir.) Histoire de l’homicide en Europe de la fin du Moyen-Age à nos jours, Paris, La Découverte, 2009 donnent une vision perspective intéressante et originale — sur la longue durée et dans des aires géographiques variées — d’un phénomène largement utilisé/manipulé par les politiques et les médias…

 

  1. Je ne suis pas sûr d’avoir signalé (et si je l’ai déjà fait, il mérite largement ce rappel !) le livre important dirigé par Vincent Milliot (dir.) Les Mémoires policiers 1750-1850. Écritures et pratiques policières du Siècle des Lumières au Second Empire, PUR, 2007 : un nouvel opus  de nos amis modernistes, essentiel pour découvrir, étudier et interroger les sources des savoirs à l’origine d’une professionnalisation policière dont les racines viennent à nouveau de reculer d’un bon siècle ! (CR in Annales historiques de la Révolution française, n°348  = http://ahrf.revues.org/document9653.html)

 Pour ceux qui lisent le tudesque, ne pas manquer le livre édité par le Bundeskriminalamt : Das Bundeskriminalamt stellt sich seiner Geschichte. Dokumentation einer Kolloquienreihe, Köln, Luchterhand (Wolters Kluwer), 2008, dans lequel on retrouve divers spécialistes et historiens allemands et les travaux de trois colloques (septembre, octobre et novembre 2007) consacrés au BKA (police criminelle allemande) de l’après guerre, mais avec un souci constant de mise en perspective avec la période nazie (« Warum wir uns erinnern müssen : die Rolle des Polizei im Nationalsozialismus » et d’intéressants exemples du « recyclage » des compétences et des hommes par l’Allemagne d’après-guerre…

On pourra également comparer cet effort institutionnel du BKA à celui de plusieurs autres pays européens et leur implication ou désintérêt pour leur histoire…

 

B/ Des articles :

           

1. Colonel Cavallier et Anne Mandeville « La renaissance du système militaire comme acteur essentiel de la fonction de police globale contemporaine », paru dans la revue Inflexions, de janvier 2007, pp. 47-78, (trouvable en ligne sur le site www.cdpiac.org). Il serait dommage de rater une réflexion importante sur les caractéristiques de la "militarité" et de sa relation avec le "modèle" de police et la question du statut militaire (et ses conséquences).

           

2. Criminocorpus plus indispensable que jamais à tous les chercheurs et curieux de l’histoire de la justice prise dans son acception la plus large, vient de mettre en ligne deux nouveaux textes dans son dossier « police » (http://www.criminocorpus.cnrs.fr/article336.html)  :

 

l’arrêté de 1829 du préfet Debelleyme créant le corps des sergents de ville avec un commentaire de Quentin Deluermoz sur la révolution de la visibilité policière que ce texte amorce
 (http://www.criminocorpus.cnrs.fr/article500.html )

 

et une belle histoire édifiante : « La Cervelle du gardien de la paix », celle de Prévost, le « boucher de la Villette ») un cas intéressant de gardien de la paix assassin…
(http://www.criminocorpus.cnrs.fr/article501.html)

 

C/ Une thèse soutenue en décembre 2008 à Montpellier 3 (Paul Valéry) : Construire la différence : élaboration et utilisation de l’image des Gitans dans l’Espagne franquiste (1936-1975) parXavier Rothéa. Un travail dont la première partie — "racialisation et criminalisation" —porte sur l'appréhension des Gitans par les autorités franquistes et notamment par la police, l'institution judiciaire et l'administration pénitentiaire…

 

(Du même auteur, un article : "Hygiénisme racial et kriminalbiologie : l'influence nazie dans l'appréhension des Gitans par les autorités franquistes", dans la Revue d’études tsiganes, qu’on peut consulter en ligne à l'adresse suivante:

http://www.etudestsiganes.asso.fr/tablesrevue/indextexteintegral.html)

 

 

D/ Une analyse à chaud du rattachement de la GN au ministère de l’Intérieur par deux sociologues, fins connaisseurs de la chose policière :

http://ffsu.org/fileadmin/ffsu/pdf/Secutopics/Polices/FFSU_Mouhanna-Mucchielli_interview_01.pdf

 

 

Sad news :

 

Les historiens du contemporains ont le redoutable privilège d’écrire sur des faits et des épisodes dont un certain nombre d’acteurs sont vivants : c’est une responsabilité dont on mesure parfois les conséquences dans la confrontation (toujours surprenante, enrichissante, mais parfois douloureuse) entre mémoires et archives, entre représentation et réalité des faits… Pierre Daix nous a ainsi fait l’honneur de remettre en question ses souvenirs  (Dénis de mémoire, Gallimard, 2008…) à la lumière de ce que nous avions pu écrire et établir dans Le Sang des communistes et que bien évidemment il ignorait jusqu’alors.

 

Deux acteurs de ces débuts difficiles et souvent tragiques de la lutte armée (automne 1941) viennent de disparaître : Maroussia Naïtchenko dont on (re)lira avec émotion le livre de souvenirs d’une grande sensibilité (Une jeune fille en guerre. La lutte antifasciste d'une génération, Paris, Imago, 2003) et, tout récemment, fin février, Gilbert Brustlein, le « tireur » de Nantes, dont les coups de feu contre le Feldkommandant de Nantes sont à l’origine des représailles et des fusillades de Nantes, Châteaubriand et du Mont Valérien… ce qui explique le refus du PCF de revendiquer cet attentat et les calomnies dont Brustlein fut l’objet à partir des années 1950…  Si on les trouve, on lira avec curiosité ses souvenirs publiés à compte d’auteur : Le chant d’amour d’un « terroriste à la retraite », auteur, 1989 (Société européenne des arts graphiques, rue de Pontoise, 75 005 Paris / ISBN 2-9504258-0-1)

 

Annonce

 

Noémi Lévy nous annonce la publication, d’ici le mois de mai, des actes du colloque tenu à Istanbul en janvier 2008 qui a permis des regards croisés sur les polices turques et ottomanes et les recherches françaises : un pas important non seulement pour « l’internationale » des historiens de la police, mais pour la nécessaire connaissance et transparence de l’histoire d’une institution largement impliquée dans l’histoire politique… en Turquie comme ailleurs.

 

Rappel =

 

le blog de Ph. Poisson est une mine de liens variés à des sites ou articles inégaux, mais toujours susceptibles d’intéresser tout ami de la police :

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/

 

 

Cordialement

Jmb

 

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