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Ce printemps 1944, elles aussi s'en souviennent. Tondues, humiliées, condamnées parfois par les tribunaux de l'épuration. Cette douleur, cette honte ont marqué pour la vie des milliers de femmes. Beaucoup se sont repliées sur leur secret. Quelques-unes d'entre elles - ainsi que leurs enfants - ont accepté, ici, de s'en délivrer et de témoigner.


«Eh, la putain du boche!» La foule hurle et brandit des croix gammées. Un kiosque à musique, sur la place de l'Eglise, à Fouras (Charente-Maritime): elles sont là, une trentaine, «parquées comme des truies». Le bruit de scie de la tondeuse. Et les mèches brunes, blondes, châtains, qui pleuvent, au bas de la tribune...


Malgré la maladie d'Alzheimer qui la ronge, Renée n'a jamais oublié. Ni l'estrade où on l'a exhibée comme un animal de foire, ce jour de printemps 1944. Ni le voisin, venu, avec trois comparses, la tirer de l'hôtel où elle travaillait. «Je l'ai tout de suite reconnu», murmure-t-elle, fragile silhouette dans sa veste trop grande, posée au bord de sa chaise, sa fille Mylène à ses côtés. «J'étais en train de faire la salle, dans l'hôtel de ma tante qui avait été réquisitionné par les Allemands. Il m'a dit: «Tu viens avec nous.» Il m'a emmenée. Et on a toutes été tondues...» L'aveu est lâché d'une voix atone, regard fixe, perdu dans ce passé qu'elle exhume. «Après, je suis revenue à l'hôtel. C'était pas loin. Mais le chemin m'a paru si long. La petite était restée là-bas, elle n'avait pas besoin de voir ça. La honte de ma vie...» Renée s'interrompt. Et tout à coup, Mylène, des larmes dans la voix: «Mais quand comprendra-t-on que tous les Allemands n'ont pas été des salauds qui ont violé des femmes? Et que ces Françaises qui ont couché avec eux n'étaient pas toutes des salopes? Maman s'est sentie coupable toute sa vie!» ...

L'intégralité de cet article est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous

Pour l'amour d'un «boche» - L'EXPRESS

par Delphine Saubaber, publié le 31/05/2004 - mis à jour le 28/05/2004
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/histoire/pour-l-amour-d-un-boche_489486.html


Enfants maudits
ils sont 200.000, on les appelait les enfants de Boches

Picaper, Jean-Paul - Norz, Ludwig

Résumé

Des témoignages rappellent que 200.000 enfants français sont nés de soldats allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Une quinzaine de ces enfants sont en quête d'identité et recherchent leur famille allemande pour effacer le traumatisme de leur naissance maudite. Les archives de la Wehrmacht à Berlin ont ouvert, à l'occasion de ce livre, vingt millions de dossiers de soldats répertoriés.

Quatrième de couverture

«Ce qui est terrible chez un enfant, ce n'est pas tellement de savoir qu'il n'est pas aimé, et pourtant c'est important, mais c'est de ne pas pouvoir aimer parce que ce noble sentiment est rejeté des autres.»

Ces mots bouleversants sont ceux de Daniel, un de ces «fils de Boches», de ces «enfants de la honte», ou de la «collaboration horizontale», comme les qualifiaient les patriotes zélés de 1945, les premiers à prendre la tondeuse pour stigmatiser le comportement des mères qui, aujourd'hui encore, se terrent dans la souffrance. Ces enfants maudits, niés avant même leur naissance, mis au ban la société, seraient aujourd'hui 200 000, estime-t-on à l'Institut d'histoire du temps présent. Nés de liaisons clandestines entre des jeunes appelés de la Wehrmacht, l'ennemi, et des femmes d'un pays qui les accueillait malgré lui, ces petits êtres indésirables ont grandi dans la honte, portant au plus profond de leur âme une double filiation qui a laissé chez nombre d'entre eux une plaie jamais refermée.

Mis au rancard de l'Histoire, les enfants oubliés du pacte d'amitié et de réconciliation franco-allemand veulent rompre le silence. Soixante ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils témoignent ici pour la première fois. Beaucoup se sont lancés sur les traces du père disparu. Certains ont retrouvé leur famille allemande en recourant aux services d'information des Archives de la Wehrmacht à Berlin, la Wast, qui, submergée de demandes, a décidé d'apporter son aide en éditant un petit formulaire que nous avons encarté dans cet ouvrage. D'autres «enfants» poursuivent inlassablement leur quête. Ce livre est pour eux un espoir. Puisse-t-il trouver un écho... et leur permettre de vivre leur singularité avec plus de sérénité.

Ed. des Syrtes , Paris

collection Histoire et document

Parution :  avril 2004


La terrible humiliation des femmes tondues-TARN : Après la Libération d'Albi, le 26 août 1944
http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-28852607.html

Les « tondues » de la France machiste
http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-27758389.html

La répression des femmes coupables d'avoir collaboré pendant l'Occupation 
http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-27861392.html

Les « tondues » à la Libération : le corps des femmes, enjeu d'une réaproppriation

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-28627726.html

 

Enfance - Enfants - Mineurs (25)

Commenter cet article

Kamel 29/03/2010 21:29


Fier de leur maman? Trop drôle... Appelons ça autrement. Fier d'être collabo!


11/04/2010 18:37



JE NE SOUHAITE PAS RÉPONDRE A VOTRE COMMENTAIRE même si je valde celui-ci - Cordialememnt - PP



yvonne paselli pereira passinhas 29/03/2010 18:38


l ennemi d hier est l ami d aujourdhui,deja dans ce temps il etait tres mal vu d avoir des relations hors mariage.l enfaent qui naissait de cette relation etait le batard mal traite alors si il
etait l enfant de l ennemi ......la guerre terminee ca a ete le moment des reglements de compte,de vengeance des petits chefs la mechancete ,la jalousie ma mere me la souvent raconte.dans toutes
les guerres il y a des saloperies .aujourdhui il n y a plus de frontiere que de souffrances epargnees .que ces enfants soient fiers de leur maman et de leur papa qui etaient deux etres humains qui
s aimaient et voient le bourreaux de leur mere comme des gens sans conscience peut etre patriotes mais pire que le soldat ennemi dont la seule faute etait d aimer


11/04/2010 18:40



Votre commentaire validé à l'intention des lecteurs du blog - Cordialemement - PP



Kamel 15/02/2010 18:01


Fils d'un ancien de la France Libre, je suis un peu surpris par la victimologie qui se déploie actuellement autour des "enfants de boches". Au point que ceux paraissent presque très fières de leur
origine aujourd'hui. Il est peut-être temps de rappeler des choses simples. Ces enfants de boches, nous dit-on, ont connu la souffrance? Cette souffrance est quelque peu inférieure aux enfants
juifs arrêtés et suppliciés par les "papas" des enfants de boches, à la souffrance des résistants tombés au champ d'honneur ou fusillé par ces mêmes papas. Arrêter de poser en victimes. Vous êtes
les enfants d'une armée d'occupation, d'un ramassis de bourreaux, d'assassins. Il est très bien que l'Allemagne vous donne la nationalité allemande. Vous êtes touchés quand on vous reconnaît en
Allemagne. Allez donc leur demander combien de nazis dans la famille. Combien d'auteurs de massacres (et il y en avait beaucoup aussi dans la Wehrmacht. Vous nous bassinez avec le sort de vos
mamans mais avant d'être des enfants de boches vous êtes d'abord des enfants de collabos. J'ai vu l'un des votres pleurer en direct sur son sort (émission de Béatrice Schonberg). Pas un mot de sa
part sur les suppliciés des camps de la mort, sur les victimes de son "papa"! Un apitoyement sur son sort, voilà bien tout ce qu'il était capable de faire. Appliquez vous à vous-mêmes le devoir de
mémoire que vous exigez en votre faveur et vous aurez l'air moins ridicule. Je suis fière d'être le fils d'un ancien de la France Libre, pas celui d'une collabo. Si ma mère avait couché avec un
Allemand, je l'aurais rejeté. Au Silence de la Mer, vos mères ont préféré "Au Bon Beurre".


16/02/2010 06:36


Bonjour - Vos props n'engagent que votre responsabilité. Je valide néanmoins votre commentaire dans l'éventualité où des lecteurs du blog souhaiteraient vous répondre - Cordialement - PP