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Monsieur,

 

Je me permets de vous écrire car c’est peut-être grâce à vous que les dossiers d’Inventaire sur les prisons de Perrache à Lyon sont relayés par le site criminocorpus à l’adresse suivante :

http://www.criminocorpus.cnrs.fr/liens/single.php?id=512.

Je profite de ce courriel pour vous en remercier (bien tardivement).

 

Vous savez peut-être que l’actualité est brûlante concernant ces prisons, le ministère de la Justice ayant déposé un permis de démolir sur la totalité des édifices. Un sursis de 6 mois vient tout juste d’être obtenu qui permet de pouvoir susciter quelques projets de réhabilitation.

 

Or, les décisions sur le devenir de la prison Saint-Joseph, que les détenus vont bientôt quitter pour Corbas, sont à prendre alors que le quartier d’abord appelé Presqu’île Perrache, puis Derrière les voûtes, et aujourd’hui Lyon Confluence, est à nouveau en pleine mutation.
 

Or l’implantation de la prison est liée dès les premières études (1823-1829) à des projets d’urbanisme.


En effet, le bail de la première prison Saint-Joseph, qui occupe un ancien couvent au sud de Bellecour, expire en 1828, et sa démolition permet de prolonger la grande rue de Bourbon (rue Victor-Hugo) jusqu´en Bellecour.


Parallèlement, le quartier du Confluent est un territoire gagné sur les îles et les eaux grâce aux projets de Perrache (mort en 1779). Pour les maires des années 1820-1830, Rambaud puis Lacroix-Laval, l’implantation de la prison, édifice public imposant, donne une impulsion forte au développement du Confluent. 


L’intégration des prisons à l’actuel chantier d’envergure qu’est Lyon Confluence, loin d’être un non-sens, est donc historiquement pleinement justifiée.
En outre, elles forment avec la brasserie Georges (1836), la gare (1855), la gendarmerie (1886) et l’hôtel Terminus (1906) un ensemble XIXe cohérent et de grande qualité.

 

En dehors de ces aspects urbanistiques, Saint-Joseph et Saint-Paul présentent bien sûr des atouts intrinsèques déjà longuement développés.


Signalons qu’en 1883, un rapport de l’architecte en chef du département, après les crues exceptionnelles du Rhône et de la Saône, constate que les bâtiments ont été solidement et profondément fondés. En terme de développement durable, cela n’est pas négligeable (à quel prix construire de nos jours de tels édifices en pierre de taille ?).

 

L’ensemble formé par la proximité des deux prisons, Saint-Joseph et Saint-Paul, ajoute une valeur patrimoniale forte unique en France. Leur destruction constituerait une perte importante pour le patrimoine historique et architectural de Lyon.

 

Etant donné la réputation de ces édifices liée aux conditions actuelles de détention, et la crise économique que l’on connaît, il paraît urgent de prendre le temps d’une réflexion sereine, débarrassée de considérations qui seront devenues, dès avril, obsolètes.

 

Le blog mis en place par un étudiant de Dominique Bertin (Lyon 2) s’est étoffé ces jours-ci :

 

http://sauvonslesprisonsdeperrache.over-blog.org/

 

En espérant ne pas avoir abusé de votre temps, je vous prie de croire, Monsieur, à l’expression de mes salutations les plus chaleureuses.


(Vue générale depuis l'angle du quai Perrache et du cours Suchet
- p
hot. Inv. E. Dessert - 01 69 2761 P)
 

Véronique BELLE                                                            

Chercheur, Inventaire du Patrimoine culturel     

04 72 59 57 47, vbelle@rhonealpes.fr

 

adresse postale : Région Rhône-Alpes

78 route de Paris BP 19,  69 751 Charbonnières-les-Bains

bureau : 6 quai St-Vincent 69001 Lyon, bus 3 19 31 44 Pt Koenig RG

Message de Véronique BELLE à Philippe POISSON le 19 mars 2009 à 16 heures 14

 


Prisons anciennes (62)

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