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Anatole de Monzie, rallié au pétainisme en 1940, appartenant au « ventre mou de la gauche » (Jean-Pierre Azéma), rapporte qu'il fit sa première expérience pénitentiaire le 22 août 1942 : « tous se plaignent d'être si complètement inoccupés, cerveaux et mains. L'inaction révèle le pouvoir nostalgique du travail. Une paresse obligatoire et indéfinie constituerait dans un enfer de cauchemar le plus inimaginable supplice. La fabrication des chaussons de lisière, abolie je ne sais pourquoi, était une pratique de bienfaisance méconnue : on aimerait ce lourd matin d'août, tresser des chaussons de lisière pour se sentir des hommes en liaison avec la besogneuse humanité. »1 Le rythme des jours en prison, les politiques pénales, l'arsenal des peines obscures2, le mouvement des réformes pénitentiaires, les contestations de l'univers carcéral... tous ses aspects, et bien d'autres, figurent dans le petit livre magnifique que vient de signer Jean-Claude Vimont. Enseignant à l'université de Rouen, il était déjà l'auteur d'un livre remarqué sur La prison politique en France3. Après la réédition de l'Histoire des prisons en France, 1789-20004, il n'était pourtant guère facile de présenter une synthèse renouvelée accessible à un vaste public.


La prison. À l'ombre des hauts murs par Jean-Claude Vimont

 Paris, Découvertes Gallimard, 2004, 127 p.

 http://rhei.revues.org/document403.html

Résumé

 

Présente l'histoire du système carcéral français depuis 1791, date à laquelle l'Assemblée constituante abolit les châtiments corporels au profit du système de l'emprisonnement. Montre les différentes phases du régime pénitentiaire, alternant épisodes répressifs et humanistes envers les prisonniers. Face au problème actuel de surpopulation des prisons, plaide pour une nouvelle réforme carcérale.

 

Quatrième de couverture

 

1791: les Constituants abolissent les châtiments corporels et placent la peine de prison au coeur du système pénal.

 

Leur ambition est de protéger la société, sanctionner la faute mais aussi de favoriser l'amendement des condamnés par la réclusion et le travail. La récidive signe la ruine de ce rêve philanthropique. Dès lors, théoriciens et gouvernements s'attellent à reformer l'institution malade. Cette «orthopédie sociale» culmine sous la monarchie de Juillet qui prétend généraliser l'enfermement cellulaire. Depuis deux siècles, la politique pénitentiaire s'inscrit dans un mouvement de balancier: mesures humanistes, attentisme, épisodes répressifs.

 

Aujourd'hui, la surpopulation carcérale hypothèque les améliorations apportées au quotidien des détenus ces trente dernières années. Grâce au parcours historique mené par Jean-Claude Vimont, les enjeux du débat contemporain sur le devenir de la prison et le sens de la peine s'éclairent largement.

 

Plans, gravures, dessins, articles de presse, reportages photographiques montrent les multiples aspects de la vie carcérale depuis deux siècles à La Santé, Rennes, la Petite-Roquette, Fresne, Clairvaux, Fleury-Mérogis, mais aussi dans les colonies pénitentiaires pour mineurs, Mettray, Belle-Île, Les Douaires. 120 documents.

 

    * Paru le : 18 Mars 2004

    * Éditeur : Gallimard, Paris

    * Collection : Découvertes Gallimard

    * Reliure : Poche

    * Description : 127 pages; (18 x 13 cm);

    * ISBN : 2-07-030194-X

    * EAN13 : 9782070301942

 

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