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... Quand on parle de protection de l'enfant, s'agit-il de se protéger contre le jeune plutôt que de le protéger de lui-même ? Ce débat jalonne l'histoire de l'intervention auprès des mineurs où la tentation des centres fermés réapparaît régulièrement ...


Dès la Révolution française, la législation est centrée sur la peine éducative et prévoit des maisons d'éducation correctionnelle dont les premières apparaîtront sous la Monarchie de juillet (1830-1848). En attendant, les jeunes resteront en prison, mêlés avec les adultes.

 


En 1836, dans le souci de séparer les mineurs des majeurs sera ouverte la maison d'éducation correctionnelle de la Petite-Roquette à Paris, inspirée d'un modèle américain rapporté par Tocqueville en 1831. C'est une prison cellulaire pour mineurs délinquants, vagabonds et enfants relevant de la Correction paternelle [2


]. Dans un premier temps, on y privilégie le régime cellulaire la nuit, et dans la journée les jeunes détenus travaillent en silence en atelier, ils reçoivent une instruction élémentaire et religieuse. Le voeu du législateur de 1791 est réalisé : lier la peine à l'éducation.

 

 


Pourtant, très vite, la Petite-Roquette évoluera vers l'encellulement intégral, jour et nuit. Dans une conception très religieuse, l'isolement et le silence apparaissent comme des gages d'amendement destinés à favoriser « le recueillement et la contrition »  [3


]. A la même époque, on enferme les « filles perdues » dans les Bons Pasteurs, lieux intermédiaires entre le couvent et la prison.

 

Puis au silence rédempteur de la Petite-Roquette se substitue la « nature rédemptrice », avec la création des colonies agricoles qui inaugurent un espace hors de la prison pour les mineurs de justice. Si, au moment de leur création, elles ont pu apparaître comme une alternative à la prison, elles n'en sont, en fait, que le prolongement. Avec l'évolution de la prolétarisation des villes, le régime se durcit. On ne croit plus guère à l'efficacité de la prison qui amende, mais à celle qui sanctionne. A la pitié succède progressivement la peur sociale...


Un article de Jacques Bourquin, président de l'Association pour l'histoire de l'éducation surveillée et de la protection judiciaire des mineurs, paru dans Le Monde diplomatique de juin 2002. Les documents photographiques qui accompagnent le texte ont été réalisés entre 1929 et 1931 par le studio Henri Manuel (collection CNFE-PJJ).

Le fantôme des maisons de redressement
http://storage.canalblog.com/03/42/534743/33073569.pdf


« La chasse aux enfants » paru en mai 2004

Prix Jean Amila-Meckert 2005

 

En août 1934, les jeunes pensionnaires de la maison de redressement de Belle-Île-en-Mer, las des mauvais traitements, de la nourriture infecte et des nerfs de bœuf dont les accablent des gardiens pour la plupart sadiques, brûlent les bâtiments puis s’échappent et s’éparpillent dans l’île. La population civile, aidée par des touristes, organise dans la nuit une chasse aux enfants ». Ils sont tous repris sauf un dont la trace se perdra à jamais. A la suite de ce fait-divers, une enquête menée par des journalistes révèle à l’opinion publique française que la maison de redressement est un véritable pénitencier pour enfants.

 

 Jean-Hugues Lime s’est inspiré de ce drame pour écrire ce roman – avec des mots à fleur de sang – où des enfants face à la barbarie des adultes apprennent les gestes de la résistance, de la dignité. Comment ne pas se prendre d’amitié et d’affection pour ces petits bagnards, « Misérables » des temps modernes ?

 

 Un roman sensible et captivant. Impossible de s’en évader avant la fin !

 

Une presse unanime :

 

Le Parisien  du 16 juin 2004

Ouest France du 16 juin 2004

Le Canard Enchaîné du 26 mai 2004

Bretagne Ile-de-France

 

Maisons de correction - Bagnes enfants - délinqua (45)  

 

 

 

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