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L’arrêté ministériel du 20 octobre 1810, signé de Montalivet, dispose, dans son article 1er, qu’« il sera pourvu à la restauration des prisons », les maisons d’arrêt, de justice et de correction étant départementales et les maisons de détention centrales. L’article 13 prescrit de prendre « toutes les dispositions nécessaires, tant pour les mettre en état de sûreté et de salubrité, que pour la classification des malades et la séparation des âges, des sexes et des différents genres de délits ». L’administration et la police des prisons départementales sont placées sous l’autorité des préfets.

Pendant la Restauration, sous l’aiguillon de la Société royale pour l’amélioration des prisons, pas moins de 266 prisons départementales furent réparées ou reconstruites. Ce chiffre ne doit pas abuser : en dehors de la Petite Roquette à Paris, le modèle qui commence à s’imposer dans les départements est celui d’une prison construite en même temps que le palais de justice et, très souvent, la caserne de gendarmerie. Il en va pour les maisons d’arrêt comme pour les centrales : la récupération des biens nationaux pour en faire des maisons d’arrêt avait commencé dans les dernières années du XVIIIe siècle et les premières du siècle suivant, à Narbonne et Digne par exemple. Pontivy (1806-1811) et Soissons (1812), prisons construites ex nihilo, font figure d’exceptions.


Autre point à souligner, l’importance prise, dès l’Empire, par le Conseil général des bâtiments civils. Ce Conseil avait été créé en 1795 (en même temps que le ministère de l’Intérieur), l’Académie royale d’architecture ayant été dissoute. Il fut plus de dix fois réorganisé dans les cinquante premières années de son existence. à l’origine, il accueillait l’élite des architectes. Après 1820, la présidence du Conseil des bâtiments civils fut confiée à un politique. Dès 1810 avec la circulaire de Montalivet, le Conseil ne se contente plus de critiquer les plans des départements, il fait des propositions ; l’exemple le plus flagrant est celui de la prison de Gray, construite entre 1810 et 1815.

Enfin, et ce n’est pas le moins important, le nombre des architectes départementaux ne cesse de croître. En 1832, la moitié des départements ont un architecte départemental [
19]. Charles Gourlier indique, dans sa « Notice historique » de 1848 [20], qu’un certain nombre n’ont pas la capacité requise. Leur statut n’est pas toujours sérieusement défini et quand un architecte déplaît, il est tout bonnement mis à l’écart : ce fut le cas de Malet, dans le Nord, en juin 1833 [21].

L'intégralité de l'article de l'historien Ch. Carlier est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous

La construction des prisons en France au XIXe siècle : de longues hésitations
http://www.criminocorpus.cnrs.fr/spip.php?page=articleprint&id_article=525

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