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Plus de 2000 Alsaciens ont été conduits au bagne de Toulon dans la première partie du XIXe siècle. À l’époque, les petits larcins se payaient au prix fort et rendaient hypothétique la suite de la vie de leurs auteurs. Une bonne centaine d’entre eux était de la région de Guebwiller.

 

« Nous descendons tous d’un roi et d’un pendu », affirme le dicton. On pourrait fort bien ajouter : d’un bagnard. Car au courant du XIXe siècle, il ne fait pas bon commettre un délit. La sanction, souvent disproportionnée, a conduit, dans une grande majorité des cas, au bagne.

 

Nombreux sont les Alsaciens qui ont rejoint la Côte d’Azur pour y endosser les tenues rouges ou vertes du bagne de Toulon. Grâce aux travaux de Bruno Nicolas, qui a profité de son activité au sein de la Marine Nationale pour dépouiller les registres du bagne, on peut connaître précisément les délits et condamnations qui ont dirigé de nombreux habitants de la région, confinés derrière les barreaux. Certains sont revenus vivants de cette terrible expérience de plusieurs années, d’autres ont été transférés vers le bagne de Brest pour terminer leur triste vie en Guyane.

 

L’image de bagnards assassins et tortionnaires est un peu surfaite. La majorité des condamnés sont des petits voleurs sans grande envergure. Les assassins ont pour la plupart été punis à cette époque de manière radicale par l’intervention du bourreau.

 

Les régionaux du bagne

 

Certains patronymes ont une orthographe qui pourrait s’avoisiner à de la phonétique rendant difficile leur identification. Jacques Simon, de Bergholtz-Zell, fils de Martin et Anne-Marie Wolf, cordonnier, est condamné le 17 août 1808 à douze ans de bagne pour « vol commis à l’aide d’escalade dans une maison habitée ». Il est libéré le 1er décembre 1820.

 

Jacques Sochlin, de Berrwiller, écope de 12 ans de bagne pour « vol avec effraction dans une maison habitée ». Il décède à l’hospice du bagne un an après son incarcération le 12 juin 1804.

 

Blaise Fimbel, Joseph Stenger et François René Scherrer, tous trois de Blodelsheim, connaîtront un sort bien différent. Le premier est condamné le 16 février 1809 à quatre ans pour le vol d’une pièce de toile. Il est libéré le 23 février 1813. Le second est condamné le 19 août 1871 à cinq ans pour s’être rendu coupable de complicité de vol avec effraction. Il est transféré à la maison centrale de l’île de Ré en 1873. Le troisième, François René Scherrer, tisserand de 50 ans, prend vingt ans de bagne pour « vol de divers objets mobiliers et effraction dans un édifice ». Il subira la double peine car transféré en 1858 en Guyane.

 

Trois Buhlois fréquenteront aussi le bagne de Toulon. Jacques Eitel est condamné à huit ans pour vols avec effraction en décembre 1853. Dix ans plus tard, c’est Dominique Heller qui est condamné à la même peine pour vol avec effraction intérieure et extérieure. Paradoxalement, Joseph Schmitt écope lui aussi de huit ans alors qu’il a commis un viol sur mineure.

 

À Ensisheim, c’est Antoine Stalder qui est condamné en 1853 à cinq ans pour le viol d’une veuve. Un autre Stadler, Ignace, peut-être un parent, l’avait précédé dans ce même bagne en 1810. Il y était resté pendant quatorze ans pour une tentative de vol avec effraction dans une maison habitée. Son concitoyen Jean-Baptiste Wermelinger, mécanicien soldat au 2e escadron du train des équipages aura échoué dans sa tentative de vol d’une cassette contenant la bagatelle de 9000 F de l’époque. Il écope de cinq ans en décembre 1859 et est transféré en Guyane en 1861. Il quitte le bagne la même année qu’Antoine Tschupp d’Ensisheim qui est condamné à vingt ans pour tentative d’homicide volontaire avec préméditation et guet-apens en 1845 et qui bénéficie d’une remise de peine de cinq ans.

 

Un récidiviste

 

Gabriel Bader, né en 1857 à Fessenheim, les aura probablement croisés, car incarcéré en 1858, pour dix ans, pour vol et transféré en Guyane en 1864.

 

Joseph Lichtlé, de Gueberschwihr, est condamné en 1849 à sept ans pour avoir volé 210 F et de l’argenterie, avec violence. Il est libéré le 10 septembre 1856. Quatre ans plus tard, il est, cette fois-ci, condamné à vingt ans pour « soustraction frauduleuse de divers objets mobiliers dans une maison habitée. » Il retourne donc à Toulon, puis sera transféré en Guyane. Il y retrouvera peut-être Philippe Picard condamné en 1861 à huit ans lui aussi pour « soustraction frauduleuse », mais de linge, de vêtements et de mobilier. Il est transféré en Guyane en 1863. François Kohler, lui aussi de Gueberschwihr, est libéré le 30 mars 1824 après 15 ans de bagne pour avoir distribué de la fausse monnaie de 2 F.

 

Une quinzaine de Guebwillerois

 

La plupart des Guebwillerois envoyés au bagne de Toulon sont condamnés pour des peines de cinq à huit ans pour des vols avec effraction. Joseph Ignace Lauber, Nicolas Meyer, Georges Dominique Fretz, Jean-Paul Salgelzath, Joseph Kayser peuvent regagner leurs foyers. Mais Georges Dominique Fretz n’en a pas terminé avec le bagne. Libéré en 1823, il est condamné à vie deux ans plus tard. Il s’évade en 1827 pour finalement être rattrapé et envoyé à Brest en 1829.

 

Deux autres Guebwillerois seront condamnés à vie : Salomon Heimedinger en 1842 pour meurtre, transféré en Guyane en 1855 et Jean Baptiste Walter pour vol en « réunion de plusieurs personnes étant porteur d’armes apparentes à l’aide de violences et menaces de faire usage des dites armes ». À suivre


Avant de revenir à Toulon, les condamnés enchaînés devaient traverser la France à pied et parfois en charrettes. Image extraite de l’ouvrage « Le bagne ou la mort », éditions Coprur


Des Haut-Rhinois au bagne de Toulon (1)

Norbert L’Hostis

Guebwiller Généalogie

Le 05/03/09 à 06:48

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laurent colombain 27/02/2011 19:02


bonjour,
je recherche des informations sur mon ancêtre andré bluem de wintzenheim, condamné à colmar à 20 ans de prison et condamné en 1827 vers le bagne de toulon.
comment obtenir des infos le concernant ?
merci pour votre aide et à bientôt.
laurent


28/02/2011 16:00



Laissé par : laurent colombain hier à 19h02


Email : laurent.colombain@wanadoo.fr


Communication des archives d'outre-mer …


article - 10/07/10 - communication des archives d'outre-mer - Eléonore BOZZI
et Anne CHAUVEL… note d'orientation dans les archives relatives aux bagnes pour des recherches d'ordre généalogique.