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1990 – Ouest américain- Réserve Navajo de Page, Arizona


Marie découvre avec bonheur Jack, un petit indien, qui lui fait oublier pour un temps ses tentatives vaines pour avoir un bébé à l’hôpital à Paris… (p.67-69)
 


…« La lumière, si violente tout à l’heure, se faisait maintenant plus discrète et déjà, tels des diamants disposés au hasard sur les écharpes violettes du ciel, les premières étoiles scintillaient. A l’autre bout de la cour, Warren installait pour la nuit une guirlande multicolore, une simple guirlande électrique semblable à celles, en France, des fêtes de village pour le quatorze juillet. Aussi loin que Marie pouvait distinguer, son fil semblait s’éloigner et courir, puis se perdre en plein désert pour aller peut-être se brancher sur quelque modeste maison indienne, totalement invisible de là où ils étaient.


La soirée avait commencé... Des jeunes filles s’activaient pour servir des tacos, beignets de maïs brûlants arrosés de sauce piquante, puis du Navajo stew, sorte de ragoût indien qui ressemblait à la potée. Wendy, pendant ce temps, faisait un dernier tour des tables, accompagnée cette fois-ci par une jeune femme légèrement plantureuse qui, sur sa hanche, portait un bébé d’environ neuf ou dix mois. Voyant que les touristes s’intéressaient à l’enfant, Wendy le présenta comme étant le fils de Warren et donc, aussi, son petit-fils. Le petit garçon avait un visage assez large, des pommettes hautes, un teint doré lumineux et de grands yeux noir de jais, légèrement effilés vers le haut, qui lui donnait  un  air    malicieux. Accroché  à  sa  mère,   il regardait fixement en direction de Marie. Sans raison apparente, celle-ci, soudain, sentit que l’émotion la submergeait. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Marie ne s’était jamais sentie aussi proche de sa vie d’un bébé, fût-ce le plus mignon des enfants de son pays. Dans le crépuscule encore tiède de cette soirée indienne, elle n’entendait plus, tout à coup, les rires bruyants des industriels de Chicago ni les crépitements de la sono que Glenn accordait. L’enfant était calme. Il paraissait épanoui, bien nourri… S’apercevant de l’intérêt qu’il suscitait, sa maman le tendit en souriant à Marie. Instantanément, le petit élargit son beau sourire, habitué apparemment à passer sans cesse des bras de sa mère à ceux d’une voisine ou de quelque autre parente plus lointaine. Marie, tout à coup, se sentit pénétrée par la douce chaleur qui émanait de ce petit corps potelé. A cette seconde précise, elle aurait donné tout ce qui était en sa possession pour garder cet enfant indien pour toujours avec elle. A l’autre bout de la table, Patrice avait vu la scène. Il lui lança un coup d’œil amusé mais, très vite, trop vite au goût de Marie, il s’était retourné vers son voisin américain et avait repris sa conversation. Le bébé, pendant ce temps, tranquillement, jouait avec son collier de nacre rose et blanche. Elle demeurait, elle, fascinée par les yeux de l’enfant, ces perles noires qui reflétaient encore, pour un bref instant, la lumière pure du soir qui se mourait. Craignant de briser quelque mystère, Marie n’osait pas interroger la mère du petit garçon. Sa voisine de Montpellier le fit soudain pour elle. Tandis qu’elle finissait les dernières miettes de son beignet, tout simplement, la femme demanda en anglais :


 
« Comment s’appelle-t-il ? ». « Il a deux noms, répondit, conciliante, la jeune maman. Pour les blancs Américains, il s’appelle Jack »… A la grande surprise de Marie, elle ajouta même : « Lorsqu’il est né, il était déjà vif et ses yeux étaient brillants comme des diamants. C’est pour cela que sa famille l’a appelé : Atsah Yazzie, ce qui veut dire « petit aigle » en langue navajo ».  Mais ce que l’Indienne ne dit pas, ce jour-là, c’est que le placenta qui avait alimenté Jack tout au long de la grossesse avait été enterré rituellement au pied d’un genévrier, dans la cour même de leur maison. Par ce geste symbolique, Jack allait rester ainsi attaché pour toujours à cette terre nourricière dont il dépendait. Toute sa vie, il éprouverait pour elle du respect et de la considération, et il saurait qu’il ne devrait jamais gaspiller les animaux ou les plantes qu’elle mettait à sa disposition… ».

Le Bébé Indien

Editions : L'Harmattan

ISBN:2-7475-3832-X Feb 2003 - 172 pages.


Dernière livre de Béatrice Balti

 

 L’ouvrage retrace l’épopée de ce héros charismatique, William Wallace « Braveheart » (1273-1305) qui lutta contre l’envahisseur anglais. Méprisé d’abord par la noblesse locale, Wallace remporta la bataille de Stirling Bridge (1297). Il occupa ensuite le poste prestigieux de Gardien du Royaume et fut fait chevalier par celui qui allait devenir bientôt roi d’Ecosse : Robert the Bruce... Sa mort particulièrement cruelle, mise au point par Edward 1er Plantagenêt, fera de lui, pour toujours, dans son pays, un martyr du combat pour la Liberté.

 

William Wallace, le cri de la Liberté

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-30346423.html

 

 

A la suite d’une déception sentimentale, Guillaume le Guen décide brutalement  de s’engager comme surveillant dans l’Administration pénitentiaire des colonies. C’est à l’époque au Bagne de Guyane, à 9 000 km de Paris, que la France envoie les condamnés dont elle  veut se débarrasser. Guillaume découvrira là-bas un monde sans pitié et corrompu. Il y perdra aussi un peu de son âme au moment où un célèbre journaliste du « Petit Parisien », Albert Londres, commence une campagne de presse pour dénoncer l’inutilité de la peine. Elle aboutira quelques années plus tard à la fin de cette institution répressive et vouée à l’échec…

 

J’ai choisi le Bagne

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-30322558.html



 

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