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Fondé sur une enquête réalisée auprès d’une dizaine de filles de CM2 entre 9 et 11 ans, issues d’un milieu populaire et semi-rural, observées et interrogées dans la cour de récréation d’une petite ville du Sud de la France, mais aussi en dehors de l’école et à la maison, le livre de Catherine Monnot interroge les mécanismes de la construction identitaire des filles, à l’ère de la culture et de la consommation de masse.

 

Trente ans après l’ouvrage fondateur d’Elena Gianini Belotti, Du côté des petites filles , qui avait mis en évidence la transmission des mères aux filles des mécanismes de l’aliénation des femmes, et alerté l’opinion publique sur le sexisme véhiculé par la littérature enfantine (les contes de fée) ou les jouets (la poupée Barbie), Catherine Monnot, montre que ces petites filles, qui se considèrent comme des préadolescentes, ”demeurent très majoritairement poussées sur la voie de la reproduction sociale et culturelle, de l’imitation de leurs héroïnes médiatiques favorites, de schémas de pensée qui limitent bien souvent leurs horizons.”

 

 

Un regard sans a priori

 

L’étude de Catherine Monnot s’inscrit dans un double ancrage : celui de l’anthropologie et de la sociologie de l’enfance, et celui des études de genre. À l’intérieur du monde de l’enfance, considéré comme une “sous-culture à part entière, structurée autour de codes (langagiers, corporels, vestimentaires, etc.), de pratiques et de valeurs propres, partiellement autonomes vis-à-vis du monde adulte”  , le  ”sous-groupe des filles” est isolé de manière à déterminer si elles vivent l’expérience de l’enfance de manière spécifique, et surtout, à “mettre en évidence les processus d’identification et les apprentissages sociaux et culturels à l’origine de leur construction identitaire” .

 

Dans ce but l’auteure analyse le rôle joué par le monde des adultes, observé à deux niveaux, celui des parents, et celui des industries culturelles, mais surtout, la manière dont les pairs – les autres petites filles, les camarades de classe et de jeu – participent d’un processus de “transmission horizontale” de l’appartenance de sexe. Pour ce faire, elle porte prioritairement son regard sur les apprentissages informels et ludiques qui s’effectuent dans le contexte des loisirs, et qui ont été, en France en tout cas, moins étudiés par les chercheurs que les échanges, plus normés, qui se déroulent dans le cadre pédagogique. De fait, Catherine Monnot, qui termine actuellement, à l’université de Toulouse, une thèse de doctorat sur “Les filles et la musique”, sous la direction d’Agnès Fine, connaît bien les travaux anglo-saxons issus des cultural studies, notamment ceux de l’École de Birmingham). Elle aborde ainsi sans a priori ni jugements de valeur des pratiques trop souvent décriées comme superficielles ou négligeables. Parce qu’elle accepte de prendre au sérieux des passions enfantines en apparence aussi frivoles que les magazines de stars, les coffrets de maquillage ou les livres sur les chevaux, elle est à même de décrypter des “processus d’intériorisation des ‘dispositions’ féminines, aussi profonds qu’insoupçonnés” ...

 

L’intégralité de l’article de Florence TAMAGNE est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous

 

Moi, Lolita

http://www.nonfiction.fr/article-2414-moi_lolita.htm

 

[lundi 20 avril 2009 - 05:00]

 

Titre du livre : Petites filles d’aujourd’hui. L’apprentissage de la féminité.

Auteur : Catherine Monnot

Éditeur : Autrement

Collection : Mutations

Date de publication : 12/01/09

N° ISBN : 2746712296

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