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Il y a cent cinquante ans, Napoléon III décidait d'envoyer des forçats dans la colonie française d'Amérique du Sud. Un siècle d'enfer vert, que raconte à L'Express l'historienne Marion Godfroy

 

L'histoire des bagnards de Guyane recouvre un siècle d'histoire pénitentiaire. Un siècle de condamnations, de travaux forcés, de privations de liberté, de colonisation vouée à l'échec. Décidé par Napoléon III, renforcé par la IIIe République naissante, l'envoi aux bagnes de l' «enfer vert» a marqué la mémoire collective française. Leur dureté est devenue, paradoxalement, mythologie. Si le bagne fut officiellement supprimé en 1938, ce n'est qu'en 1953 que les derniers forçats rentrèrent en métropole. Pour ainsi dire, hier... Après leur avoir consacré un livre (Bagnards, Chêne, 2002), Marion Godfroy, jeune historienne de 26 ans à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, poursuit une thèse sur le colonialisme sous l'Ancien Régime et continue un travail de recherche sur les bagnes de Guyane, cent cinquante ans après leur création. Elle nous raconte l'histoire de ces 70 000 détenus hors du commun…

 

1854-1953

C'était le bagne...

Propos recueillis par Marianne Payot, publié le 03/05/2004 - mis à jour le 23/10/2006

 

L’intégralité de cet article est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous

http://www.lexpress.fr/region/c-eacute-tait-le-bagne_489768.html


En résumé : « Bagnards »

 

Grâce à une iconographie inédite et à un reportage réalisé dans les lieux mêmes du bagne, cet ouvrage donne à voir et à comprendre l'existence de ces bannis qui, un siècle durant, vécurent entre corvées, punitions et rêves d'évasion. Le Mot de l'éditeur : "Bagnards"

 

Ils eurent pour nom Vidocq, Jean Valjean, Dreyfus ou Papillon. Ils cristallisèrent les fantasmes de l'opinion publique, cas célèbres masquant la foule des inconnus sans nombre et sans visage, " droit commun " ou " politiques ", condamnés à l'exil sur la volonté d'un empereur soucieux d'éloigner de la métropole tous ses risques de " gangrène " potentielle.

 

Transportés par bateaux, emprisonnés dans des pénitenciers ou des camps, réduits à l'état de matricules, soumis à l'arbitraire des gardes-chiourmes ou d'un système judiciaire ubuesque, les bagnards n'eurent que peu d'espoir de retour. Dans ce monde de violences, où l'on doit rendre coup pour coup pour survivre, voler pour exister, et se défendre avec la hargne des exclus, vécurent des milliers d'hommes et quelques centaines de femmes, qu'on tenta d'apparier pour les inciter à faire souche et à développer, en lieu et place des esclaves affranchis, cette colonie encore balbutiante qu'était la Guyane. (Photographie couverture du livre Bagnards)







Enfer vert pour criminels, pays de misère et de souffrance pour les proscrits de la République, la Guyane, terre de bagne par volonté impériale en 1854, a toujours exercé une fascination troublante sur notre imagination. On peut décrire la géographie de l’implantation des pénitenciers, accumuler statistiques et matricules. Mais cette France équinoxiale a laissé sa douloureuse empreinte sur des générations de déportés. Leur vie quotidienne, de même que les premières années d’implantation au XIXe siècle sont longtemps demeurées obscures. Il fallait combler cette lacune, écrire sans détours. Les archives inexploitées, sur lesquelles s’appuie cet ouvrage, révèlent une réalité bien éloignée des mythes et fantasmes qui ont longtemps eu cours. Une réalité faite de manilles aux chevilles, d’absurdité et de désespoir, mais aussi – plus étonnant – de rires, de malice et de rêves. Dreyfus, Papillon, Rousseng sont entrés dans la légende. L’histoire rappelle ici d’autres visages au passé troublant : Gaston Lacorne, Francis Lagrange, Marie Bartête ou Charles de Rudio qui tenta d’assassiner Napoléon III. Avec eux, on s’insurge face à la bêtise de l’Administration pénitentiaire, on plie sous les coups de surveillants brutaux, on tente d’échapper aux sévices exercés par les détenus, et l’on rêve, surtout, à la “belle” et à sa promesse de jours meilleurs. Bagnards est cette histoire.

 



Marion F. Godfroy-Tayart de Borms
est doctorante à l’Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris. Spécialiste du XVIIIe siècle, mais aussi de la Guyane, ses recherches ont été couronnées par la bourse de la Chancellerie des universités de Paris. Elle est également Grand Reporter au National Géographic.

 

 

Bagnards

Auteur : Marion Godfroy

Éditeur : Tallandier

Paru le : 14 Février 2008

Thématique : Histoire et Géographie - Histoire mondiale - Pacifique - Océanie

Éditeur : Tallandier

Reliure : Non précisé

Description : (220 x 150 mm);

ISBN : 2847345019

EAN13 : 9782847345018

 

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