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Serge Ravanel, le "libérateur" de Toulouse, est mort

 

Grande figure de la Résistance toulousaine, il s'est éteint hier à 88 ans à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris.

 

Un homme charismatique qui a organisé la Résistance dans la région.

 

Avec Serge Ravanel, qui s'est éteint hier à Paris, à l'hôpital du Val-de-Grâce, à l'âge de 89 ans, disparait, deux ans après Jean-Pierre Vernant qui assura, sous ses ordres, la libération de Toulouse, le dernier grand chef de la Résistance régionale.

 

Brillant esprit, Serge Ravanel (de son vrai nom Serge Asher), fut, à l'âge de 19 ans, un des plus jeunes polytechniciens de France (Promotion X 1939).

 

Homme de caractère, de conviction et d'engagement, il entre en résistance dès le lendemain de la défaite de 1940, en distribuant d'abord des tracts et journaux clandestins. Puis, recruté par le mouvement «Libération-Sud», il est utilisé comme messager et agent de liaison, faisant ainsi souvent la navette entre zones Sud et Nord. Arrêté en 1943, il est incarcéré à la prison Saint-Paul de Lyon d'où il sera libéré, avec plusieurs autres détenus, par un groupe de résistants déguisés en hommes de la Gestapo. Contraint à la clandestinité, Serge Asher prend alors le pseudonyme de « Ravanel » du nom du guide de montagne rendu célèbre en 1900. Il gardera ce nom jusqu'à la fin de sa vie.

 

Nommé à la tête des corps francs des M.U.R. (mouvements unis de la résistance), c'est lui qui ordonne l'assaut de la camionnette qui transportait Raymond Aubrac.

 

En juin 1944, replié dans le sud ouest, il est, à 24 ans, nommé par le commandant FFI de la zone Sud, le général Koenig, chef de l'ensemble des forces militaires de l'actuelle région Midi-Pyrénées. C'est à ce titre, et avec le grade de colonel, qu'il coordonnera avec une grande efficacité le regroupement des différents maquis engagés dans les combats de la libération de Toulouse, les 19 et 20 août 1944.

 

Rendu à la vie civile, Serge Ravanel, restait très soucieux de transmettre le message de la résistance. Lors de sa dernière visite à Toulouse, il avait été l'invité de la Dépêche pour la présentation de son livre «L'esprit de résistance », paru aux éditions du Seuil.

 

Grand Officier de la Légion d'honneur , Croix de guerre, Médaillé de la Résistance avec rosette, le général de Gaulle l'avait fait dès 1946 Compagnon de la Libération. Et les Etats Unis lui avaient accordé la Bronze Star Medal.

 

 

 

Témoignage. Pierre Bénech, ancien Résistant aux côtés de Ravanel.

« C'est avec lui que nous sommes passés à l'offensive »

 

« C'est réellement avec Ravanel que nous sommes passés de la phase statique au stade opérationnel et offensif », se souvient Pierre Bénech. Et celui qui, sur ordre de Jean-Pierre Vernant , avait infiltré la Milice de Toulouse, et reste aujourd'hui le seul survivant du cercle rapproché des chefs de la Résistance, se rappelle de l'arrivée de Ravanel à Toulouse : « c'était le 6 avril 1944. Pendant l'hiver, nous avions perdu notre chef incontesté, François Verdier, assassiné par les nazis le 27 janvier en forêt de Bouconne. Il y avait un flottement sur le plan militaire et Ravanel, qui était le patron national des Corps francs, venait à nous pour nous proposer un nouveau chef. Il se trouve que nous n'en voulions pas. La réunion clandestine qui se déroulait rue de l'Etoile, près du Monument aux morts, a donc failli tourner court. Alors, redoutant la désunion, Ravanel, s'est proposé lui même. Et, bizarrement, tout le monde a accepté ». Pourquoi une telle unanimité ? : « Son charisme avait impressionné, son ton était calme et assuré. Et chacun avait reconnu que cet homme était de ceux à qui on obéit sans qu'ils aient besoin de donner des ordres », explique Pierre Bénech. C'est pendant les semaines qui ont suivi où « Ravanel avait sa planque à Blagnac, près du pont », que les talents d'organisateur du polytechnicien se sont affirmés. « Il s'entendait à merveille avec Jean-Pierre Vernant, c'étaient là deux hommes exceptionnels de qualités intellectuelles et humaines », conclut Pierre Bénech en soulignant aussi le courage de ses chefs : « le 19 août, en pleins combats, l'état- major clandestin s'est réuni au 21 de la rue d'Orléans, au cœur de Toulouse ». Pierre Bénech a une bonne raison de s'en souvenir : c'était lui, qui, avec deux autres résistants armés jusqu'aux dents, assuraient, sur le trottoir, la sécurité de la réunion.

 

La Dépêche

Publié le 28/04/2009 10:56 - Modifié le 28/04/2009 à 14:24

 

(AFP/Famille Ravanel

Photo, non daté, remise par l'Association pour des études sur la Résistance intérieure (AERI) du résistant Serge Ravanel.)

 

Le colonel Rol-Tanguy, une vocation militaire

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Ecoutez : Marie-Madeleine Fourcade, héroïne de la Résistance : 00:53:35

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