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Des enfants souvent pauvres et vagabonds étaient placés dans la colonie agricole et pénitentiaire de Mettray, au milieu du siècle dernier, pour les enlever à la ville et les rédempter par la nature et le travail aux champs. La colonie fut un modèle de référence entre 1840 et 1880 avant d'évoluer au début du siècle vers l'image inquiétante des bagnes pour enfants. Le témoignage de Raoul Léger, qui fut colon à Mettray entre 1922 et 1927, I'époque où y séjourne aussi Jean Genet, nous offre l'image d'un homme rebelle à sa condition d'enfant meurtri et abandonné. Les apports de deux spécialistes de l'histoire de la rééducation accompagnent ce témoignage très fort et permettent de bien situer cette source pénitentiaire de l'éducation spécialisée.

 

La Colonie agricole et pénitentiaire de Mettray: souvenirs d'un colon, 1922-1927 : punir pour éduquer ?

Par Raoul Léger, Jacques Bourquin, Éric Pierre

Publié par L'Harmattan, 1997

ISBN 2738460984, 9782738460981

165 pages

 

 

 

A partir des ouvrages respectifs de Jean Genet, Raoul Léger et Jean-Guy Le Dano, cette étude cherche à définir la représentation littéraire du corps enfantin et adolescent des « colons » de Mettray (colonie agricole et pénitentiaire, dans les années 1920). Malgré le statut différent de ces trois textes et les divergences des témoignages, un dessin précis de ces corps meurtris se dégage. En effet, le corps des colons est en avant tout un corps que l’on cherche à modeler, à façonner selon une norme propre à le rendre acceptable par la société. A grand renfort d’activités harassantes et de violences permanentes, il s’agit de mater les corps afin de mieux dominer les esprits indisciplinés de ces jeunes « pécheurs ». Privés d’hygiène et de nourriture, les colons tentent de résister à l’Institution et font de leur corps le seul lieu où exprimer individualité et liberté propres. Ils fondent une véritable communauté parallèle dont les postures, les accessoires et les tatouages constituent les signes distinctifs. Cependant l’égalité n’est pas de mise : une hiérarchie interne très stricte est instaurée, produisant de nouvelles violences, en particulier sexuelles, et par conséquent un nouveau marquage des corps. A travers cette représentation du corps délinquant, lit-on déjà inéluctablement celle du criminel endurci ?...

 

Les « corps perdus » de Mettray

 

Texte intégral en cliquant sur le lien ci-dessous

 

Myriam Bendhif-Syllas, « Les « corps perdus » de Mettray », Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière » [En ligne], Numéro 8 | 2006, mis en ligne le 01 décembre 2008,

 

http://rhei.revues.org/index377.html

 

Enseignante en lettres modernes, Myriam Bendhif-Syllas prépare une thèse sur l’influence de A la recherche du temps perdu de Marcel Proust sur l’œuvre romanesque de Jean Genet. Elle a publié « Le “bagne d’enfants” ou l’ “engagement poétique” de Jean Genet dans Miracle de la Rose » dans la revue Entre’Actes de mai 2005 et s’intéresse aux représentations de l’enfance et de l’homosexualité dans la littérature des XIXème et XXème siècles.

 

Numéro 8 | 2006 : Le corps du délinquant

Observer les corps, redresser les âmes

 

Eduquer et punir : la colonie agricole et pénitentiaire de Mettray (1839-1937)

Luc Forlivesi, Georges-François Pottier & Sophie Chassat

Presses universitaires de Rennes - Novembre 2005

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-30825688.html

 


Maisons de correction - Bagnes enfants - délinqua (35)

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