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Grèves, meetings, défilés, réunions diverses dans les Bourses de travail ou au café..., le 1er mai, c'est un peu tout cela à la fois. Une fête qui ne commémore rien mais qui a longtemps célébré un horizon d'attente : la journée de huit heures réclamée dès 1867 par les ouvriers de Chicago, la grève générale aux moments les plus durs des luttes ouvrières, la « fête du prolétariat et de l'humanité affranchie » de l'Internationale socialiste au début du XXe siècle... Pendant tout le premier XXe siècle, les syndicats se l'approprient avant que le déclin de la classe ouvrière ne les entraîne dans sa chute ; mais certains lui attribuent aussi des origines folkloristes ? la montée de la sève printanière... Après que l'URSS en ait fait la journée officielle des travailleurs, l'Allemagne nazie, l'Espagne franquiste et la France pétainiste la récupèrent de leur côté pour célébrer le travail et la concorde sociale ; jusqu'au Front national qui, depuis 1988, l'associe à la fête de Jeanne d'Arc... Ce sont les étapes de ces appropriations, les tribulations de ces représentations diverses, souvent ambiguës et contradictoires ? jusqu'aux manifestations altermondialistes contemporaines ? que Danielle Tartakowsky nous livre, dans un ouvrage parfois un peu touffu et qui nécessite pour l'aborder une bonne culture historique, mais qui n'en constitue pas moins un bel exercice d'histoire culturelle du politique

 

Martine Fournier

 

http://www.scienceshumaines.com/-0ala-part-du-reve-histoire-du-1er-mai-en-france-0a_fr_5253.html

 

 

La Part du rêve. Histoire du 1er mai en France

Danielle Tartakowsky, 2005, Hachette, 320 p., 23 €.

 

 

Présentation de l'éditeur

 

En 1889, les organisations ouvrières de 22 pays, réunies à Paris à la faveur de l'Exposition universelle, adoptent le principe d'une grande manifestation internationale pour faire appel d'une même voix aux pouvoirs en place et réclamer la diminution du temps de travail. La journée du 1er Mai va presque aussitôt donner des représentations et un langage communs aux travailleurs du monde entier.

 

En France, cette journée devient un rendez-vous syndical majeur à partir de 1905 et le demeure durablement. Subvertie par le régime de Vichy puis légalisée par la IV République, elle évolue ensuite au gré des divisions syndicales ou de l'unité. En indéniable décrue, elle survit du moins à l'affaiblissement des organisations syndicales. Elle est simultanément appropriée par des associations toujours plus nombreuses dont les altermondialistes, aujourd'hui, et, plus paradoxalement, le Front national.

 

À l'heure où la classe ouvrière décline, Danielle Tartakowsky s'interroge sur la pérennité et la complexité de cette journée toujours emblématique : est-elle l'un des derniers véritables bastions du rêve en politique ?

 

Biographie de l'auteur

 

Danielle Tartakowsky est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris VIII. Elle a notamment publié Le pouvoir est dans la rue et Nous irons chanter sur vos tombes (Aubier) et elle poursuit dans cet ouvrage sa réflexion sur les mobilisations collectives.

 

Détails sur le produit

Broché: 333 pages

Editeur : Hachette (20 avril 2005)

Collection : ESSAIS

Langue : Français

ISBN-10: 2012357717

ISBN-13: 978-2012357716

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