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Publié par le chevalier démasqué

Une jeune fille marche dans le Paris de 1942. Elle a 20 ans. Parisienne, agrégative d’anglais, elle tient son « Journal » jusqu’à sa déportation à Bergen-Belsen, d’où elle ne reviendra pas.

 

Le « Journal » d’Hélène Berr paru chez Tallandier et préfacé par Patrick Modiano se présente sous la forme de 262 feuillets volants, couverts à l’encre bleue ou noire et au crayon d’une fine écriture qui se fait de plus en plus hâtive au fil des pages. C’est Mariette Job, nièce d’Hélène Berr et ancienne libraire, qui, connaissant ce texte par des copies circulant dans sa famille, a retrouvé le manuscrit original : selon le voeu d’Hélène, il avait été remis après la guerre à Jean Morawiecki, son fiancé, et était resté entre ses mains.

 

Extrait du livre :

 

« Alors un employé a dit : Laissez-les entrer, c’est la mère et la fiancée. Je n’avais jamais mis les pieds dans une prison avant. Lorsque j’ai réalisé la situation dépeinte en ce peu de mots, toutes les scènes de commissariat de police de Crime et Châtiment me sont revenues à l’esprit, ou plutôt une seule, une scène généralisée. Il m’a semblé que tout Crime et Châtiment se passait dans une salle de commissariat de police. »

 

Ecoutez dans cette émission une lecture d’extraits du journal d’Hélène Berr par la comédienne Isabelle Carré qui se tenait le 7 février 2008 au Mémorial de la Shoah à Paris.

 

Emission téléchargeable en cliquant sur le lien ci-dessous : 55’ 16’’

 

Le journal d’Hélène Berr

Lecture d’extraits au mémorial de la Shoah assurée par Isabelle Carré

http://www.canalacademie.com/Le-journal-d-Helene-Berr.html

 

Hélène Berr a 21 ans lorsqu’elle commence à écrire son journal. L’année 1942 et les lois anti-juives de Vichy vont faire lentement basculer sa vie. Déportée à Bergen-Belsen, elle n’en reviendra jamais. Ecoutez dans cette émission une lecture d’extraits de son journal par la comédienne Isabelle Carré.

 

Présentation de l'éditeur

 

« J'ai porté la tête haute, et j'ai si bien regardé les gens en face qu'ils détournaient les yeux. Mais c'est dur. D'ailleurs, la majorité des gens ne regardent pas. Deux gosses dans la rue nous ont montrées du doigt en disant : «Hein ? T'as vu ? Juif .» Mais le reste s'est passé normalement. Je suis repartie pour la Sorbonne ; dans le métro, encore une femme du peuple m'a souri. Cela a fait jaillir les larmes à mes yeux, je ne sais pourquoi.»

 

« Pourquoi suis-je si inquiète ? Objectivement, il y a de quoi, parce que j'ai l'impression que nous sommes la dernière fournée, et que nous ne passerons pas entre les mailles du filet. Il ne reste plus beaucoup de juifs à Paris ; et comme ce sont les Allemands qui font les arrestations maintenant, il y a peu de chances d'y échapper, parce que nous ne serons pas prévenus.»

 

D'avril 1942 à février 1944, cette jeune fille française a tenu son journal au jour le jour. Un texte d'une qualité littéraire exceptionnelle, où se mêlent l'expérience quotidienne de l'insoutenable et le monde rêvé des lettres, où alternent à chaque instant l'espoir et le désespoir.

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