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En 1808, fort de ses conquêtes, Napoléon décide de se tourner vers l'Espagne. Mais, là-bas, ses soldats subissent leur première défaite. Dès lors, 16.000 soldats français, prisonniers, vont être abandonnés sur l'île de Cabrera durant cinq années. Les survivants, la moitié, racontèrent à leur libération, leur calvaire. L'auteur relate cet épisode méconnu et le courage et la ténacité de ces soldats.

 

Quatrième de couverture

 

Laurent de Puymège, soldat de Napoléon, raconte son calvaire de prisonnier, qui dura cinq ans sur l'îlot rocheux de Cabrera, au sud de Majorque.

 

1808. Fort de ses conquêtes en Europe, Napoléon est animé d'une intention secrète : mettre la main sur l'Espagne. Laurent de Puymège, aide de camp, raconte sa vie dans sa garnison à Madrid, son quotidien de soldat, sa passion pour l'ardente Josefa. Mais bientôt c'est la débâcle : dans un village andalou, vingt mille soldats français sont vaincus, faits prisonniers et déportés, en dépit des conventions.

 

Puymège et cinq mille compagnons d'infortune sont alors abandonnés sur les pontons de Cadix, puis sur l'île de Cabrera, véritable prison à ciel ouvert, qui va devenir le lieu de perdition ou de mort de milliers d'hommes et de femmes.

 

Michel Peyramaure fait revivre un épisode de désolation et de grandeur, où des hommes oubliés de l'Empereur et des Français durent survivre dans des conditions inhumaines.


Les prisonniers de Cabrera

l'exil forcé des soldats de Napoléon

    Peyramaure, Michel

    Presses de la Cité, Paris

    Collection Grands romans

    Parution : avril 2009

 

 

« Une telle chose est-elle possible en Espagne, au centre même du monde catholique ? » : c’est par ces mots qu’en août 1813 le Diaro de Palma s’indigne et se pose en pourfendeur du drame qui se joue alors à quelques kilomètres des côtes espagnoles.


Depuis la défaite des forces françaises à Bailén le 17 juillet 1808, d’autant plus humiliante qu’elle ne fait suite à aucun combat digne de ce nom face aux troupes du général Castanos, les vaincus, désavoués par napoléon, voient leur sort laissé aux mains de l’Espagne victorieuse et de son alliée britannique. D’abord entassés sur les pontons de Cadix, ils sont ensuite condamnés à une détention sur cabrera (littéralement « l’île de la Chèvre »), îlot quasi désertique, rocheux et résolument inhospitalier dont le seul signe d’anthropisation est un fort médiéval laissé à l’abandon.


Leur réclusion dure cinq ans, de mai 1809 à mai 1814, durant lesquels ces hommes oubliés de la France et de l’histoire côtoient quotidiennement la mort, la folie et la maladie sur une île surpeuplée qui abrite environ 12 000 individus du fait de l’arrivée incessante de nouveaux convois. S’étendant sur trois km du Nord au Sud et cinq d’Ouest en Est, cabrera est le théâtre de la détresse de ces prisonniers mais également de leurs velléités de construction d’une société commune et de leurs espoirs (souvent déçus) de libération et des plans d’évasion les plus fantaisistes.


Avec l’appui de nombreux témoignages pris précautionneusement, c’est à cet épisode peu glorieux que s’intéresse dans ce livre l’historien canadien denis smith, lorsqu’il publie ce récit historique en septembre 2005, en choisissant comme illustration de couverture un tableau de Goya (Le 2 mai 1808) évoquant à grand renfort de couleur rouge sang la cruauté de la guerre d’Espagne, et plus précisément de la répression des rébellions madrilènes. Professeur de Sciences politiques et doyen du département de sciences sociales à l’University of Western Ontario, l’auteur est également doublement lauréat du prix John Defoe du meilleur récit historique. Eternel amoureux de l’Espagne, smith a décidé d’entreprendre ces recherches sur cabrera précisément parce qu’il a pris conscience du fait que les références à cet évènement étaient peu nombreuses dans les manuels. C’est donc dans une optique de réhabilitation qu’il nous rapporte cette page sombre et méconnue de l’histoire napoléonienne…

 

Les soldats oubliés de Napoléon, Prisonniers sur l’île de Cabrera, 1809-1814, Denis SMITH

 


Repères Consulat et 1er Empire (111)

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