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http://ecx.images-amazon.com/images/I/51lLoHEMuuL._SL500_AA300_.jpgNul n’est à l’abri de l’abominable. Nous sommes tous capables du pire ! Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune périgourdin, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin. C’est un jeune homme plaisant, aimable et intelligent. Il compte acheter une génisse pour une voisine indigente et trouver un couvreur pour réparer le toit de la grange d’un voisin sans ressources. Il veut également profiter de l’occasion pour promouvoir son projet d’assainissement des marais de la région.

 

Il arrive à quatorze heures à l’entrée de la foire. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l’aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé. Comment une telle horreur est-elle possible ? Comment une population paisible (certes angoissée par la guerre contre l’Allemagne et sous la menace d’une sécheresse exceptionnelle) peut-elle être saisie en quelques minutes par une telle frénésie barbare ? Au prétexte d’une phrase mal comprise et d’une accusation d’espionnage totalement infondée, six cents personnes tout à fait ordinaires vont pendant deux heures se livrer aux pires atrocités. Rares sont celles qui tenteront de s’interposer. Le curé et quelques amis du jeune homme s’efforceront d’arracher la malheureuse victime des mains de ces furieux et seule Anna, une jeune fille amoureuse, risquera sa vie pour le sauver.

 

Incapable de condamner six cents personnes d’un coup, la justice ne poursuivra qu’une vingtaine de meneurs. Quatre seront condamnés à mort, les autres seront envoyés aux travaux forcés. Au lendemain de ce crime abominable, les participants hébétés n’auront qu’une seule réponse : " Je ne sais pas ce qui m’a pris. "

 

Avec une précision redoutable, Jean Teulé a reconstitué chaque étape de cet atroce chemin de croix qui constitue l’une des anecdotes les plus honteuses de l’Histoire du XIXe siècle en France.

 

 

Mangez-le si vous voulez

Julliard, 7 mai 2009 144 p ISBN : 9782260017721

 

  

Le village des « cannibales » Le 16 août 1870, à Hautefaye, petit village de Dordogne, un jeune noble est supplicié durant deux heures, puis brûlé vif ( ?) sur le foirail, en présence d'une foule de trois à huit cents personnes qui l'accuse d'avoir crié : « Vive la République ! » Le soir, les forcenés se dispersent et se vantent d'avoir « rôti » un « Prussien ». Certains regrettent de ne pas avoir infligé le même sort au curé de la paroisse. Février 1871. Le journaliste républicain Charles Ponsac met en évidence ce qui constitue le drame en objet historique : « Jamais, écrit-il, dans les annales du crime, on ne rencontra un meurtre aussi épouvantable. [ ] Le crime d'Hautefaye est un crime en quelque sorte tout politique. » Alain Corbin a mené une véritable enquête sur l'énigme et la fascination de cet ultime massacre né de la fureur paysanne. Il reconstitue le climat politique de 1870. Il montre comment l'annonce des premières défaites, le flot des rumeurs, la simplicité des représentations politiques, la hantise du retour de l'ordre ancien et des calamités passées amènent une population rurale à recourir à des formes de cruauté devenues étranges, indicibles, insupportables. Un récit magistral.

 

Le village des cannibales

Auteur : Corbin, Alain

http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=34692&levelCode=home

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