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« A chaque fois que sort un nouveau livre ou un article je regarde en disant à quelle sauce ils vont encore nous l'arranger ! » s'inquiète Francis Donnary.

 

Maire de Hautefaye depuis 1977, élu depuis 1965, il a vu passer presque autant de journalistes, d'auteurs ou de cinéastes qu'il compte d'habitants dans son village : 133 seulement malgré « cinq naissances l'an passé » se réjouit le premier magistrat.

 

La sortie de ce dernier livre sur le crime de Hautefaye le fait moins sourire.

 

En feuilletant « le Teulé » qu'il découvre via Dordogne Libre, il est déjà contrarié par le titre : « Mangez-le si vous voulez » est une phrase qu'aurait prononcé à l'époque le maire d'Hautefaye !

 

« Qui a entendu cette phrase ? » interroge son successeur, pas trop fan non plus du livre d'Alain Corbin -sorti en 95 (1)- et intitulé lui « le village des cannibales » !

 

« Les condamnés n'étaient pas du village »

 

C'est que tous ces observateurs ont été attirés par l'assassinat ici même -en 1870- d'un jeune aristocrate, Alain de Monéys, molesté, torturé, ferré (!) comme une bête par la foule, qui l'accuse d'être un « Républicain », un « pro-Prussien ». À tort.

 

Ce 16 août 1870, cet adjoint au maire d'une commune voisine -Beaussac- est traîné dans tout le village pour finir par être pendu, brûlé et mangé, en partie.

 

Un parcours tragique que connaît par coeur Francis Donnary. Mais derrière ses moustaches gauloises et son regard rusé, il ne dit pas forcément tout, à tout le monde. « À un moment je refusais même de discuter de ça ! », rappelle celui qui aujourd'hui tient aux précisions.

 

« Les quatre condamnés à mort pour ce crime n'étaient pas du village, sauf un, et deux étaient de Charente », précise l'élu, lui-même Charentais d'origine.

 

Sans distinction géographique, les auteurs des faits ont été appréhendés. Vingt et un au total : âgés de 13 à 72 ans ! « Aucun n'avait jamais eu de soucis avec la justice. On a là des gens normaux, pas des psychopathes ! », s'étonne Jean Teulé, fasciné par cette violence collective (lire ci-dessous).

 

« Le meurtre d'un bouc émissaire »

 

« Plus qu'une sombre affaire locale, c'est la répétition d'un rite de violence vieux comme le monde : le meurtre d'un bouc émissaire », écrivait déjà en 83 Georges Marbeck, premier auteur à avoir fait d'Hautefaye un livre (3), très documenté.

 

Ce Pérdigourdin d'origine, du Nontronnais, a d'ailleurs reçu Jean Teulé avant qu'il ne rédige son propre livre « plus romancé ». Mais cette terrible histoire y est, située en tête de chaque chapitre par un petit plan de la commune jusqu'à l'exécution des auteurs !

 

Si plusieurs ont été condamnés d'un à huit ans de travaux forcés, un est parti au bagne à perpétuité et quatre ont été exécutés. Sur place ! Amenée depuis Bordeaux, la guillotine avait en effet été alors exceptionnellement installée à Hautefaye, sur la place du village. « Où on a maintenant les logements communaux », confirme le maire qui connaît très bien tout le parcours du supplicié.

 

Le presbytère où le curé a tenté de lui sauver la vie. Là, l'atelier du maréchal-ferrant où de Monéys a été torturé, ici la rue par laquelle il était arrivé? Et à la sortie du village, le terrain où a été brûlée la victime.

 

Aujourd'hui il est envahi d'herbes hautes, et « on ne sait même plus à qui il appartient », commente Francis Donnary. Un signe, comme le fait que durant tous ses mandats ce maire n'ait encore jamais réussi à convaincre ses collègues d'implanter une stèle, de rendre un hommage. « Parcequ'il y a encore une honte dans ce village », observe Georges Marbeck.

 

Pas d'élément de mémoire

 

Le premier magistrat souhaiterait pourtant un élément de souvenir mais doit en convenir : « c'est lassant aussi, à une époque ma femme tenait le café, et des gens venaient exprès voir le village ».

 

Si le nouveau livre de Teulé rencontre le succès de ses précédents ouvrages dont le Montespan, best-seller récent, le défilé risque de recommencer !

 

Les curieux en seront pour leurs frais. Il n'y a plus de café, ni aucun commerce à Hautefaye.

 

Mais au moins la commune existe-t-elle encore. Pourtant, le sous-préfet de Nontron avait demandé à « Gambetta lui-même à ce que le nom disparaisse ». En vain pour le plus grand soulagement du maire : « ça aurait été une injustice »?

 

1) En vente à partir de lundi, 11 mai. Chez Julliard. 17

 

(2) Ressorti chez Flamarion en janvier dernier.

 

(3) Hautefaye, l'année terrible chez Robert Laffont (épuisé)

 

Teulé ressort l'horreur d'Hautefaye

Stéphane Vacchiani

09 | 05 | 2009

http://www.dordogne.com/article-2701-teule-ressort-l-horreur-d-hautefaye.html

 

Livres - Après le succès de son dernier ouvrage, Le Montespan, Jean Teulé livre un récit made in Périgord.

 

Crédit photographique : Le terrain où a été brûlé encore vivant le jeune de Monéys par la foule à Hautefaye n'a plus de propriétaire connu et toujours pas de repère rappelant cette terrible histoire comme pourrait l'espérer le maire, Francis Donnary. Photo SVM

 

Mangez-le si vous voulez

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-31906457.html

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Genco22000 27/05/2009 11:45

Hello,

Zou, une visite de ton blog, un petit com's de salutation posté sur celui çi (c'est toujours bon pour les statistiques du blog), et puis en passant l'occasion pour toi de découvrir ou redécouvrir mon univers.

Allez, une belle journée à toi et au plaisir !!!