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Pendant la Seconde Guerre Mondiale, de vastes zones de l’Europe sous domination allemande furent dotées d’un système organisé de bordels à l’initiative de la Wehrmacht. À peine les Allemands avaient-ils fait leur entrée dans Paris, que le Haut Commandement de l’Armée de Terre (okh) donna l’ordre d’installer des bordels spéciaux pour les officiers et les soldats sur l’ensemble du territoire français occupé. Le bordel de la Wehrmacht entra dans le quotidien de l’occupation au même titre que la librairie du front et le foyer du soldat. Il ne représentait que l’un des axes d’un catalogue exhaustif de mesures destinées à réglementer les relations sexuelles entre les troupes d’occupation et la population civile féminine. L’action de l’administration militaire à l’encontre des femmes des couches populaires soupçonnées de proposer des services sexuels ou d’entretenir des contacts non contrôlés avec des membres de la Wehrmacht fut au moins aussi importante. Les poursuites contre les prostituées et les Françaises soupçonnées de prostitution allèrent jusqu’à l’envoi en camp d’internement.

 

Repérées et poursuivies sur la seule base de leur fréquentation des soldats allemands, ces Françaises n’ont pas eu un rôle important dans le déroulement général de la Seconde Guerre Mondiale et elles n’ont pas eu non plus bonne réputation. Pourtant, elles furent soumises à des contraintes policières et médicales qui visaient exclusivement les femmes. La dimension spécifiquement sexuée de la conduite de guerre et de la politique d’occupation allemande n’est à ce point flagrante dans aucun autre domaine d’autant que l’administration militaire accordait une attention considérable au contrôle de la prostitution. Par ailleurs, une des particularités du système des bordels de la Wehrmacht était de permettre aux membres d’une armée qui menait une guerre d’anéantissement à l’Est, d’avoir accès à des femmes et de leur proposer des compensations sexuelles. Ceci est d’autant plus net dans le cas de la France occupée que le commandement militaire allemand voyait dans la France voisine une zone de détente pour les troupes du front de l’Est.

 

Nous évoquerons d’abord la façon dont les autorités d’occupation ont réglementé la prostitution et procédé contre les Françaises qui tenaient compagnie de façon gratuite ou payante aux soldats allemands. Puis nous examinerons la question des raisons et des orientations en vertu desquelles la Wehrmacht s’est efforcée de contrôler les contacts de ses troupes avec les femmes dans la France occupée entre 1940 et 1944. Le thème "Wehrmacht et prostitution" n’ayant pratiquement fait l’objet d’aucune étude scientifique [1], les développements qui suivent s’appuient sur des documents de la Wehrmacht et de l’administration de Vichy tirés des archives allemandes et françaises [2]…

 

L’intégralité de cet article est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous

 

La réglementation de la prostitution et des relations sexuelles par les occupants

http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=TGS_010_0069

 

Insa Meinen  [*]

 

Insa Meinen est docteure en philosophie, assistante scientifique à l’université de Konstanz (rfa). Elle participe à un projet de recherche, dirigé par Wolfgang Seibel, qui s’intitule "Holocaust und ‘Polykratie’ in Westeuropa, 1940-1944".

 

Adresse professionnelle: Universität Konstanz, D 89/Lehrstulh Prof. Dr. Wolfgang Seibel, D-78457 Konstanz, Germany.

 

 

Résumé

 

Présente le contrôle par la Wehrmacht de l'activité sexuelle des troupes allemandes en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Etudie la mise en place d'un contrôle sanitaire des maisons closes et l'arrestation, l'internement et le soin forcé des prostituées envoyées ensuite dans la centaine de bordels ouverts par la Wehrmacht et réservés aux différentes catégories de troupes d'occupation.

 

 

Quatrième de couverture

 

Pour les allemands, en 1940, la France est la patrie des plaisirs sexuels. Les soldats, en particulier ceux qui partent sur le front de l'Est ou qui en reviennent, doivent y trouver le « repos du guerrier » ... sans les maladies vénériennes. L'un des premiers gestes de la Wehrmacht en France occupée sera donc de prendre le contrôle de la prostitution, de mettre en place un vaste système de maisons closes à destination exclusive des Allemands, de pousser les Françaises à y travailler, et d'interdire à ses troupes tout autre type de relations sexuelles.

 

Comment les Allemands s'y sont-ils pris ? Quel fut le sort des prostituées et celui des femmes soupçonnées de l'être ? Quel rôle les autorités françaises ont-elles joué ? Dans quelle mesure l'intervention de la Wehrmacht dans les rapports sexuels entre Allemands et Français a-t-elle marqué la vie quotidienne sous l'Occupation ? Réponse dans ce livre qui, s'appuyant sur des archives françaises et allemandes inédites, est appelé à faire date.

 

Insa Meinen, historienne, chercheuse à l'Université de Konstanz, mène actuellement des recherches sur la déportation des Juifs de Belgique.

 


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