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Dalila Kerchouche, journaliste et auteur de plusieurs livres, est invitée au Salon du livre. Elle rencontrera des lycéens, assistera à la première de la pièce « Enfant de harki », qui retrace son histoire et celle de sa famille au camp de Bias. Un camp dont elle n'a pas de souvenirs. Dalila y est née en 1973 et ses parents en sont partis en 1974 pour Saint-Etienne-de-Fougères. Aujourd'hui, ils vivent dans le sud de la France.

 

« Je souhaite faire passer l'idée que les harkis ont été mal jugés par l'Histoire, ils ont été victimes de la plus grande injustice de l'après-guerre en France. Malgré tout, ces hommes sont restés dignes », explique Dalila. L'histoire des harkis au camp de Bias, Dalila l'avait ancrée en elle. Elle est née à Villeneuve et à vécu au CARA une seule année.

 

Mais le passé de sa famille, celui des harkis, des enfants de harkis, lui colle à la peau. Il y a dix ans, les parents de Dalila l'amènent, ainsi que sa sœur, au camp de Bias. Depuis ce jour-là, Dalila n'a de cesse de recueillir de nombreux témoignages. « Le camp de Bias, c'était une enceinte grillagée de 16 ha, des barbelés en haut de l'enceinte, 1 000 familles dans des baraquements, le couvre-feu entre 20 et 22 heures, ainsi que les coupures d'électricité, le portail fermé et cadenassé la nuit, un gardien dans une guérite. C'était un univers carcéral. Une quinzaine de fonctionnaires français régentaient tout. Pour briser les familles qui tentaient de se rebeller, c'était soit l'internement psychiatrique à la Candélie, soit l'enlèvement des enfants dans des centres sociaux éducatifs », explique Dalila. Pour elle, cet enfermement des harkis est une volonté politique de ne pas mélanger ces hommes, ces femmes, ces enfants, parce qu'ils étaient musulmans.

 

« Il n'y avait pas d'immigration dans les zones rurales. Les harkis étaient considérés comme inadaptables par rapport à la société française. Ils étaient comme des bons sauvages à éduquer. Les camps étaient une phase d'adaptation ». Dalila parle aussi des femmes, enfermées dans le camp et enfermées dans leur baraquement, « prisonnières des grillages et des traditions ». Lutter contre l'oubli, Dalila y travaille depuis cinq ans. « On a groupé les harkis et on les a effacés de la mémoire collective. C'est un double traumatisme, c'est la négation de la souffrance. Je me bats pour qu'on leur reconnaisse le statut de victimes de l'Histoire ». Dalila Kerchouche, elle, se réapproprie, avec ce travail d'écriture, son histoire familiale.

 

 

« C'est comme si elle m'insultait »

 

Pendant douze ans, elle fut assistante sociale au camp de Bias, au CARA (centre d'accueil des rapatriés d'Algérie).

 

C'est en 1947 que Denise Bourgois s'engage dans l'humanitaire et qu'elle apprend la langue arabe. En 1956, elle rejoint le CAFI de Sainte-Livrade et c'est en 1963 qu'elle « débarque » à Bias. Depuis, elle suit d'extrêmement près la situation des harkis, ces hommes, ces femmes et ces enfants qu'elle aura accompagnés pendant « une bonne partie du chemin ».

 

Aujourd'hui Denise Bourgois lit tout ce qui s'écrit sur la communauté harkie. Et veut la défendre. « Il est indispensable qu'ils aient une meilleure connaissance de leurs familles et de leurs enfants. Mais jusqu'à présent, c'est vrai que peu de choses sont faites pour eux. Et je suis vraiment contente que la municipalité de Villeneuve rende cet hommage à l'occasion du Salon du livre ». Un Salon auquel elle assistera bien entendu. Et au cours duquel elle espère bien rencontrer Dalila Kerchouche, une fille du CARA.

 

Dalila, Denise « l'a peut-être pesée un jour », mais c'est surtout la famille Kerchouche qu'elle a connue. Alors quand la journaliste publie divers livres sur la vie au centre, le sang de Denise Bourgois ne fait qu'un tour.

 

« Je n'ai absolument rien contre cette jeune fille sympathique mais quand on écrit ce qu'elle a écrit, il faut avoir tous les sons de cloche, toutes les cartes en main et ne pas s'attacher à une seule vision des choses, comme celle de sa mère lors de son premier livre. Elle doit aller jusqu'au bout dans sa quête de la vérité. Elle parle d'internement abusif à la Candélie, c'est faux. Que les gendarmes chassaient les harkis avec leurs fusils, idem. C'est clair que le camp, ce n'était pas le paradis. Mais ce n'était surtout pas l'enfer que présente Dalila Kerchouche. En 1975, quand le gouvernement a pris des mesures, la plupart des gens sont partis. Mais il y en a quand même un petit nombre qui se sont accrochés et qui ont souhaité rester. Est-ce qu'on peut se permettre de rester en enfer ? ».

 

Denise Bourgois respècte Dalila Kerchouche. « Mais quand elle raconte des choses fausses dans ses livres, c'est comme si elle m'insultait ». Ce dimanche, Denise et Dalila devraient être face à face à l'occasion de la table ronde organisée au musée de Gajac. « J'espère simplement que je pourrai lui parler. Je lui ai déjà envoyé des courriers mais elle ne m'a jamais répondu. Je ne veux pas lui apporter la contradiction mais la vérité ».

 

« Le camp de Bias n'était pas l'enfer qu'elle décrit »

Publié le 15/11/2007 | Laurent Lasserre

LA DEPECHE

 

L'événement du salon « Livres du sud » aura lieu demain avec la mise en scène, au théâtre, du livre de Dalila Kerchouche, « Mon père, ce harki », à la base d'une polémique.

 

 

Les enfants de harkis, une jeunesse dans les camps

http://www.cairn.info/resume_p.php?ID_ARTICLE=PP_014_0179

 

Ce texte a trait à la jeunesse des enfants de harkis dans le camp de Bias. Les harkis étaient les supplétifs de l’armée française durant la guerre d’Algérie. Nous voulons démontrer qu’ils n’étaient pas et ne sont pas considérés comme des citoyens français mais comme des « enfants illégitimes de la République ». Aussi, nous décrivons la vie quotidienne des enfants de harkis dans ce camp et leur révolte.

 

Pensée plurielle 2007- 1 (n° 14)| ISSN 1376-0963 | ISSN numérique : en cours | ISBN : 2-8041-5443-1 | page 179 à 192

 

Régis Pierret

 

 

Mon père, ce harki

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-32142896.html

 

L’histoire des Harkis

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-27805306.html

Les oubliés d'Indochine du Camp de Saint-Livrade

http://www.rapatries-vietnam.org/oublies-indochine.php

 

 

Harkis - Nomades - Roms (19)

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