Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

C'est de son domicile, au n° 12 de la rue Charles-V, que la marquise de Brinvilliers échappe, une journée de 1672, au lieutenant de police La Reynie. Cette demeure, un hôtel qui porte aujourd'hui son nom, est aussi le lieu où le «joli petit monstre», comme l'appelle alors Mme de Sévigné, manigance les nombreux assassinats qui la rendront célèbre dans l'affaire des Poisons.

 

Marie-Madeleine d'Aubray naît le 2 juillet 1630. Son père, Antonin Dreux d'Aubray, conseiller d'Etat, veille à sa bonne éducation. Mais «le vice [l'] habite», selon ses propres déclarations, dès l'âge de 5 ans: elle aurait perdu sa virginité à 7 ans et se serait par la suite livrée à ses jeunes frères. Après avoir épousé Antoine Gobelin, elle prend rapidement pour amant Godin de Sainte-Croix, un officier de cavalerie. Fou de rage à la découverte de l'adultère, le père de la marquise fait enfermer l'amant, qui apprend en cellule l'art de l'empoisonnement.

 

La marquise utilise d'abord ce savoir-faire, à la faveur de la nuit, dans les hôpitaux, sur des malades indigents. Des morts sans traces, qui achèvent sa formation. La vengeance contre son père se met en route: elle provoque la mort de ce dernier, alors âgé de 66 ans, en lui infligeant d'horribles souffrances. Puis la Brinvilliers s'en prend à ses deux frères et tente d'empoisonner sa propre fille et son mari. Sainte-Croix, las d'une maîtresse aussi dangereuse, cherche à sauver le mari en lui administrant en secret des antidotes qui ne feront que prolonger son calvaire.

 

C'est à la mort de Sainte-Croix que l'affaire éclate. On découvre chez lui des documents très compromettants. La marquise s'enfuit de son hôtel de la rue Charles-V pour partir à l'étranger. L'enquête, menée par le lieutenant La Reynie, permet d'allonger la liste des empoisonneurs: la comtesse de Soissons et la duchesse de Bouillon, nièces de Mazarin, le maréchal de Luxembourg, ou encore Jean Racine.

 

Louis XIV mettra fin à ces investigations en 1682, quand les attaques contre Mme de Montespan, sa maîtresse, se préciseront. Seule la marquise de Brinvilliers est mise en cause par la justice. Elle est retrouvée en mars 1676 dans un couvent de Liège. Le 16 juillet, l'arrêt est prononcé: la marquise est torturée, puis décapitée et brûlée. Ses cendres sont dispersées au vent. «La Brinvilliers est en l'air, écrit la marquise de Sévigné, [...] de sorte que nous la respirons et que, par la communication des petits esprits, il nous prendra quelque humeur empoisonnante dont nous serons tout étonnés.»

 

IVe arrondissement de Paris

Empoisonnante marquise – L’Express - Extraits

Par Aurélie Bérard, publié le 30/08/2004 - mis à jour le 27/08/2004

http://www.lexpress.fr/outils/imprimer.asp?id=488816&k=7

 

La marquise aux poisons

pascalvonsiebenthal.com/la%20marquise%20aux%2...

 

 

Présentation de l'éditeur

 

Le 10 septembre 1666, en son hôtel parisien, Dreux d'Aubray, lieutenant civil de la prévôté et vicomté de Paris, meurt presque subitement malgré les soins attentifs dont l'entoure sa fille aînée, la séduisante marquise de Brinvilliers. Quatre ans plus tard, et à trois mois d'intervalle, ses deux fils, Antoine et François-Dreux, disparaissent à leur tour dans d'atroces souffrances. On suspecte bientôt Mme de Brinvilliers de les avoir empoisonnés les uns après les autres. Mais la toxicologie en est alors à ses balbutiements et il est bien difficile de prouver quoique ce soit. Il faudra la mort d'un amant jaloux, détenteur d'une cassette pleine de poisons, pour inquiéter vraiment la coupable. Commence alors pour elle une fuite éperdue à travers l'Angleterre et les Pays-Bas espagnols afin d'échapper à la justice du roi. Pouvait-elle y parvenir ? C'était compter sans l'intelligence et la ténacité de Colbert comme de Louvois, ministres qui suivirent l'affaire en personne.

 

S'appuyant sur de nombreux documents jamais exploités jusqu'alors, Jeanine Huas livre ici une passionnante et trépidante biographie de cette énigmatique marquise à l'aube de la célébrissime " affaire des Poisons " qui secoua le royaume au Grand Siècle.

 

Biographie de l'auteur

 

Jeanine Huas est, entre autres, l'auteur de Mystérieux Champignons, des comestibles aux hallucinogènes, de Juliette Drouet (prix Jules Favre de l'Académie française), des Femmes chez Proust (prix du Centenaire littéraire 1971) et de Sur les traces du Tigre (grand prix de la ville de Rennes 1987).

 

Détails sur le produit : Broché: 354 pages - Editeur : Fayard (7 avril 2004

Commenter cet article