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La révolte des habitants du camp de Bias le 7 mai 1975 suivis par ceux du camp de Saint-Maurice-l’Ardoise le 19 mai a surpris notamment par sa propagation rapide à des hameaux de forestage et nombre de concentrations urbaines de Français musulmans. Pourtant de multiples grèves de la faim à travers tout le territoire français avaient auparavant tenté d’attirer l’attention dont celle de Laradji, à Evreux d’abord au début de l’année 1974 puis à l’Eglise de la Madeleine à Paris en mars 1975.

 

Cette révolte est surtout le fait de jeunes, pour la plupart, nés durant la période de la guerre d’Algérie. Ils suivent, dans ce mouvement, M’Hamed Laradji et son association qui devient représentative à un niveau national : la CFMRAA. À l’occupation des camps, s’ajoutent par ailleurs des prises d’otages. Ces Français entièrement à part s’insurgent de leur déni d’existence depuis 1962 que reflète ce slogan scandé durant les manifestations : « Après la trahison, l’abandon ; après l’abandon, l’exil ; après l’exil, l’oubli ».

 

Face à cette situation insurrectionnelle de ces « rapatriés sans patrie », le Conseil des Ministres du 6 août 1975 adopte des mesures d’urgence et à court terme pour apaiser le mécontentement généralisé des Français musulmans. Les camps de regroupement de Bias et de Saint-Maurice-l’Ardoise sont supprimés et démantelés ou détruits à la fin de l’année 1976.

 

Malheureusement, à l’inverse d’une véritable politique à l’égard de ces rapatriés, les structures et autres organismes de suivi de cette population se succèdent les uns après les autres, preuve d’une incapacité à régler fondamentalement les difficultés des anciens harkis et de leurs enfants. Ainsi, au SFM font suite les BIAC en 1975, puis la Délégation nationale à l’action sociale éducative et culturelle en 1982, transformée rapidement par Raymond Courrière en ONASEC. En 1981, 28 500 personnes soit 3 560 familles vivent encore dans 65 zones à forte concentration (23 hameaux ou anciens hameaux de forestage et 42 cités urbaines). Cette situation figée aboutit à une nouvelle révolte.

 

 Durant l’été 1991, les enfants de harkis s’insurgent une nouvelle fois. Mais cette fois-ci, une grande partie de ces révoltés est constituée de jeunes nés en France, n’ayant connu ni la guerre d’Algérie nile pays natal de leurs parents. C’est dans la cité des Oliviers à Narbonne que débute l’émeute pour s’étendre ensuite au reste de la France, surtout dans les villes et les concentrations de Français musulmans : Saint-Laurent-des-Arbres dans le Gard, Carcassonne, Jouques, Bias, Avignon, Amiens ...

 

Les révoltes

http://www.harkis.com/article.php3?id_article=28

 

Crédit photographique

http://www.harkis.com/IMG/jpg/manif_74.jpg

 

Le camp de Bias n'était pas l'enfer qu'elle décrit

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-32143105.html

 

Les enfants de harkis, une jeunesse dans les camps

http://www.cairn.info/resume_p.php?ID_ARTICLE=PP_014_0179

 

Ce texte a trait à la jeunesse des enfants de harkis dans le camp de Bias. Les harkis étaient les supplétifs de l’armée française durant la guerre d’Algérie. Nous voulons démontrer qu’ils n’étaient pas et ne sont pas considérés comme des citoyens français mais comme des « enfants illégitimes de la République ». Aussi, nous décrivons la vie quotidienne des enfants de harkis dans ce camp et leur révolte.

 

Pensée plurielle 2007- 1 (n° 14)| ISSN 1376-0963 | ISSN numérique : en cours | ISBN : 2-8041-5443-1 | page 179 à 192

 

Régis Pierret

 

Mon père, ce harki

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-32142896.html

 

 

Sociographie des familles de harkis de Saint-Maurice-l’Ardoise

http://www.rapatries.gouv.fr/article.php3?id_article=43

 

Ce texte présente une synthèse partielle d’une enquête réalisée pour la Direction de la population et des migrations : Saint-Maurice-l’Ardoise. Socio-histoire d’un camp de harkis (1962-1976) . De l’été à l’hiver 1962-1963, environ vingt mille harkis (familles comprises) sont rapatriés en métropole par l’Armée et accueillis, dans l’urgence, dans des camps militaires dressés à la hâte ou réquisitionnés. Saint-Maurice-l’Ardoise, situé dans le Gard à une vingtaine de kilomètres d’Avignon, fut l’un d’eux. Il vit arriver et repartir, au cours des premiers mois, près de six mille personnes. Passée cette phase de transit, le camp ne regroupe plus, au début de l’année 1965, que ceux que l’administration du camp juge « incasables », notion qui mélange l’inaptitude au travail, le manque de ressources et l’incapacité à vivre « en milieu ouvert » sans assistance sociale et sanitaire. Durant la décennie suivante, le camp va ainsi abriter une population stabilisée autour de huit cents personnes et composée d’infirmes et de blessés de guerre, de veuves et de personnes âgées, de malades souffrants de troubles physiques ou psychologiques, la plupart accompagnés de leurs familles. Lors de l’été 1975, une révolte violente menée par les jeunes qui ont grandi dans le camp entraîne sa fermeture. Cette enquête s’inscrit dans le prolongement direct d’une synthèse bibliographique. Celle-ci avait particulièrement insisté sur deux questions centrales à propos desquelles circulent, encore aujourd’hui, de nombreuses idées reçues. D’une part, contrairement à l’interprétation qu’en donnent les discours officiels ou les récits publiés par d’anciens officiers, l’engagement des harkis ne résulte que marginalement d’une fidélité à la nation française. Pour le gros des troupes supplétives, il correspond en réalité à un enrôlement ou à un basculement largement circonstanciel et contingent. D’autre part, souvent décrits comme un groupe isolé et qui n’aurait pas été (ou ne se serait pas) intégré à la société française, les Français musulmans rapatriés se présentent plutôt comme un ensemble éclaté entre les plus « exclus » et les plus « intégrés ». L’affirmation de l’existence d’une communauté harkie relève, de ce point de vue, de la fiction.

 

Documents « La guerre d’Algérie en prison »

http://www.criminocorpus.cnrs.fr/spip.php?page=articleprint&id_article=504

 


Harkis - Nomades - Roms (17)

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LOUANCHI 21/02/2014 11:30

HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE

lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news

En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.

35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.

Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)

Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net