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Dalila Kerchouche a toujours voulu savoir pourquoi son père, paysan des montagnes de Chlef, avait opté pour le camp français dans le conflit algérien. Alors elle a pris la route pour remonter, jusqu'à l'Algérie, aux origines de ce passé «honteux». Au bout du voyage, Mon père, ce harki, témoignage bouleversant et plein de respect. Et Destins de harkis, livre-reportage réalisé avec le photographe Stéphan Gladieu

 

C'était son destin. Ou son devoir. Dalila Kerchouche, 30 ans, petite dernière d'une fratrie de onze, le savait depuis longtemps. Pour l'honneur de sa famille, pour briser le silence assourdissant d'un passé «honteux», elle se devait, elle, journaliste à L'Express, notre consœur, de mener l'enquête la plus éprouvante de sa jeune carrière.

 

Comprendre pourquoi son père, paysan des montagnes de Chlef, a trahi son pays, l'Algérie, en s'engageant, le 18 mai 1956, dans les forces françaises; pourquoi Mohamed, l'aîné tant chéri, s'est pendu, en 1996, à l'âge de 35 ans; pourquoi Kheida, Kader, Fatima, Djill et les autres ont grandi dans les camps cerclés de barbelés du sud de la France, à l'heure des Trente Glorieuses...

 

Comme elle, des milliers d'enfants de harkis se posent ces questions. Pour leur donner un avenir, elle a pris son bâton de pèlerin. Début juillet 2002, là voilà à Marseille, où débarquèrent ses parents, quarante ans plus tôt; en décembre, elle foule pour la première fois la terre algérienne. Entre- temps, elle aura accompli sa quête «harkéologique», édifiant cheminement à travers la mémoire noire des supplétifs musulmans de l'armée française. «Tout un peuple assassiné, au mieux meurtri, traité en paria, gêneur, voire esclave», comme l'écrit Jacques Duquesne dans la préface de Mon père, ce harki.

 

Bourg-Lastic, Rivesaltes, La Loubière, Roussillon-en-Morvan, Mouans-Sartoux, Bias... sont les camps successifs où vécut, dans la misère, le froid, la promiscuité, la famille Kerchouche, douze ans durant. Un ordre respecté par l'auteur, qui, au sortir de chaque campement, a noté, sans pathos, impressions, rencontres, émotions. De cet instantané de l'écrit naît la force du livre: au fur et à mesure de ses recherches, subtil aller-retour entre hier et aujourd'hui, Dalila Kerchouche s'exclame, s'indigne, compatit, évolue, relève la tête. Jouant à merveille de son double rôle de journaliste et de «fille de».

 

C'est la journaliste à part entière que l'on retrouve, d'ailleurs, dans Destins de harkis, l'ouvrage qu'elle publie parallèlement avec Stéphan Gladieu. Photoreporter de talent, ce dernier a accompagné Dalila dans sa quête du passé. Et c'est un présent bien réel qu'ils ont su capter tous les deux, avec délicatesse et respect. Respect pour ces familles, marquées à jamais par les caprices de l'Histoire; pour toutes ces femmes, véritables héroïnes du livre, qui témoignent ici, elles qui n'ont jamais eu la parole, de leur pauvre vie de marginales, placée sous le signe de la soumission. Respect, enfin, de notre part, pour le témoignage poignant de Dalila, qui atteint la valeur invincible de la vérité.

 

Mon père, ce harki, par Dalila Kerchouche, préface de Jacques Duquesne. Seuil, 257 p.,

 

Destins de harkis. Aux racines d'un exil, photographies de Stéphan Gladieu, textes de Dalila Kerchouche, préface de Jean-Jacques Jordi. Autrement, 144 p.,

 

Du 25 septembre (Journée nationale d'hommage aux harkis) au 10 octobre, exposition des photos de Stéphan Gladieu au musée de l'Armée, aux Invalides, à Paris.

 

 

Les oubliés de l'Histoire

Par Marianne Payot, publié le 04/09/2003 - mis à jour le 12/05/2004

http://www.lexpress.fr/outils/imprimer.asp?id=495436&k=7

 

Crédit photographique

http://www.vitaminedz.com/articles/30/01_30788.jpg

 

Les révoltes

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/

 

Le camp de Bias n'était pas l'enfer qu'elle décrit

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-32143105.html

 

Les enfants de harkis, une jeunesse dans les camps

http://www.cairn.info/resume_p.php?ID_ARTICLE=PP_014_0179

 

Ce texte a trait à la jeunesse des enfants de harkis dans le camp de Bias. Les harkis étaient les supplétifs de l’armée française durant la guerre d’Algérie. Nous voulons démontrer qu’ils n’étaient pas et ne sont pas considérés comme des citoyens français mais comme des « enfants illégitimes de la République ». Aussi, nous décrivons la vie quotidienne des enfants de harkis dans ce camp et leur révolte.

 

Pensée plurielle 2007- 1 (n° 14)| ISSN 1376-0963 | ISSN numérique : en cours | ISBN : 2-8041-5443-1 | page 179 à 192

 

Régis Pierret

 

Mon père, ce harki

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-32142896.html

 

Sociographie des familles de harkis de Saint-Maurice-l’Ardoise

http://www.rapatries.gouv.fr/article.php3?id_article=43

 

Ce texte présente une synthèse partielle d’une enquête réalisée pour la Direction de la population et des migrations : Saint-Maurice-l’Ardoise. Socio-histoire d’un camp de harkis (1962-1976) . De l’été à l’hiver 1962-1963, environ vingt mille harkis (familles comprises) sont rapatriés en métropole par l’Armée et accueillis, dans l’urgence, dans des camps militaires dressés à la hâte ou réquisitionnés. Saint-Maurice-l’Ardoise, situé dans le Gard à une vingtaine de kilomètres d’Avignon, fut l’un d’eux. Il vit arriver et repartir, au cours des premiers mois, près de six mille personnes. Passée cette phase de transit, le camp ne regroupe plus, au début de l’année 1965, que ceux que l’administration du camp juge « incasables », notion qui mélange l’inaptitude au travail, le manque de ressources et l’incapacité à vivre « en milieu ouvert » sans assistance sociale et sanitaire. Durant la décennie suivante, le camp va ainsi abriter une population stabilisée autour de huit cents personnes et composée d’infirmes et de blessés de guerre, de veuves et de personnes âgées, de malades souffrants de troubles physiques ou psychologiques, la plupart accompagnés de leurs familles. Lors de l’été 1975, une révolte violente menée par les jeunes qui ont grandi dans le camp entraîne sa fermeture. Cette enquête s’inscrit dans le prolongement direct d’une synthèse bibliographique. Celle-ci avait particulièrement insisté sur deux questions centrales à propos desquelles circulent, encore aujourd’hui, de nombreuses idées reçues. D’une part, contrairement à l’interprétation qu’en donnent les discours officiels ou les récits publiés par d’anciens officiers, l’engagement des harkis ne résulte que marginalement d’une fidélité à la nation française. Pour le gros des troupes supplétives, il correspond en réalité à un enrôlement ou à un basculement largement circonstanciel et contingent. D’autre part, souvent décrits comme un groupe isolé et qui n’aurait pas été (ou ne se serait pas) intégré à la société française, les Français musulmans rapatriés se présentent plutôt comme un ensemble éclaté entre les plus « exclus » et les plus « intégrés ». L’affirmation de l’existence d’une communauté harkie relève, de ce point de vue, de la fiction.

 


Harkis - Nomades - Roms (20)

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