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A l’aube d’un jour de février 1902, un petit homme débarque à la gare d’Auchel, une ville du Pas-de-Calais. Cette nuit il a brûlé le dur. Pour échapper au contrôleur, il s’est caché sous une banquette de bois des 3e classes. Maintenant il se dirige vers un estaminet tout en soufflant dans ses doigts. C’est que ça pince salement ce matin. Vêtu d’un costume de velours élimé, le petit homme a plutôt l’allure d’un peintre bohème que celle d’un prolétaire. Sous sa casquette brillent des yeux clairs, malins et perçants. Il est jeune - une vingtaine d’années -, la moustache clairsemée sous un nez busqué. Court mais ramassé, costaud, énergique.

 

À Montceau-les-Mines, là d’où il vient il possède déjà une réputation méritée d’agitateur anarchiste. Tout en marchant sur les pavés bosselés, le petit homme rumine des souvenirs. Il sait qu’il vient de tourner une page : une interdiction de séjour l’a exilé ici, dans cette région couleur de suie. Il redresse la tête, considère les tristes corons de briques sales, se marre dans sa moustache

 

Ah dis donc, quand il a cassé la binette au commissaire spécial de Chalon-sur-Saône... il n’en menait pas large, le quart-d’œil !

 

Ici aussi, il va leur en faire voir, et comment ! aux pandores, aux juges et aux directeurs des Compagnies minières. Demain, son nom - un nom plutôt cocasse, qui fleure le terroir de son Charolais natal - retentira dans tout le pays minier.

 

Le petit homme résolu s’appelle Broutchoux. Benoît Broutchoux.

 

Une trentaine d’années plus tard, un jour de juin 1934, le même petit homme descend en gare de Lens, une méchante valise en carton à la main. Seul, mélancolique et fatigué, il revient faire un tour sur les traces de sa jeunesse turbulente. Un journaliste remarque le petit homme, le reconnaît, l’aborde. Le lendemain, un article fait la Une du Grand Écho du Nord : " Une figure oubliée : Un quart d’heure avec Benoît Broutchoux, une ancienne "vedette" du pays minier. "

 

Une décennie passe encore, et le petit homme, malade, usé, meurt anonymement dans une bourgade du sud de la France, tandis que la guerre ravage la planète.

 

En décembre 1976, dans un insolent petit journal lillois, Le Clampin Libéré, débute la parution en feuilleton des aventures en bande dessinée de Benoît Broutchoux. Interrompues à la mort du Clampin, en décembre 1975, Les Aventures épatantes et véridiques de Benoît Broutchoux, seront recueillies et publiées en album fin 1979, aux éditions Le Dernier Terrain Vague…

 

L’intégralité de cet article est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous

http://www.fondation-besnard.org/article.php3?id_article=233

 

Benoît Broutchoux

Humeurs Noires / Centre Culturel Libertaire de Lille

Phil Casoar et Stéphane Callens

vendredi 8 avril 2005.

 

Crédit photographique

http://increvablesanarchistes.org/articles/biographies/broutchoux_benoit.htm

 

Benoît Broutchoux 1879 / 1944- un mineur anarcho-syndicaliste au pays des corons

http://increvablesanarchistes.org/articles/biographies/broutchoux_benoit.htm

 


Hommes et femmes en politique (22)

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A.Serbe 05/03/2011 19:59


Un site entièrement consacré à Benoit Broutchoux avec divers articles de presse d'époque
- Son interview parut en en 1906 suite a la catastrophe de Courrières
- l'Humanité le traitant de "(diviseur et traître à la classe ouvrière)" faisant suite a la mort de son fils une balle dans le dos.
- Compte-rendu sténographique d’une conférence sur la vie chère faite par Broutchoux à Aniche le 10 septembre 1911
Des archives, des temoignages, .....

http://benoitbroutchoux.wordpress.com


06/03/2011 09:24



Laissé par : A.Serbe hier à 19h59



Email : broutchoux.benoit@gmail.com


Site : http://benoitbroutchoux.wordpress.com




Abraham Soubrie 09/06/2009 13:13

Bonjour,

Super Article ... !

A+ de vous relire , sincère salutations ..

A.S PhotOGraphiC

Curieux..Curieuses..C'EST.......ICI 09/06/2009 12:28

Coucou de la semaine à un blog où j 'aime revenir...
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