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L’émouvant portrait d’une femme toute simple, épouse de héros, qui incarne de façon exemplaire la lutte des Parisiennes contre l’occupant durant les années noires.

 

 

Cécile Rol-Tanguy, une combattante de la liberté

 

Documentaire qui, à travers le récit de Cécile ROL-TANGUY, retrace son histoire et celle de son mari, Henri ROL-TANGUY, l'homme qui a conduit les combats de la libération de Paris et signé le 25 août 1944, aux côtés du général Leclerc, l'acte de reddition de Von Choltitz. Durant toute l'Occupation, elle en fut l'unique agent de liaison et contribua à son action clandestine. A travers les souvenirs de cette femme, interrogée chez elle au milieu des photos de sa jeunesse, le film montre le quotidien de ces quatre années de combat dans la Résistance.

 

Son récit est entrecoupé d'un commentaire sur images d'archives, notamment des extraits de films amateurs tournés dans la clandestinité.

 

 

La liberté au coeur Les souvenirs de Cécile Rol-Tanguy, résistante de la première heure.

Cécile Rol-Tanguy, une combattante de la liberté. France 5, 15 h 45.

http://www.humanite.fr/2004-08-21_Medias_-La-liberte-au-coeur-Les-souvenirs-de-Cecile-Rol-Tanguy-resistante

 

" Je ne voudrais pas qu’on croie que je vous dis ça pour me mettre en avant ", dit Cécile Rol-Tanguy au cours de son récit. Ce sentiment d’humilité, de simplicité, de celle qui fut l’épouse du Colonel Rol-Tanguy, l’un des acteurs de la libération de Paris à laquelle elle a prêté un concours actif, ressort de ce documentaire de Patrick Barbéris. Sa vie et celle du chef de l’insurrection parisienne en 1944 - celui qui reçut avec Leclerc la reddition du général von Choltiz, commandant la garnison allemande occupant Paris - sont intimement liées à l’histoire. Ce fut un " couple d’exception ", comme le dira le président de la République Jacques Chirac lors des obsèques officielles de Rol-Tanguy aux Invalides, en septembre 2002.

 

Celle dont Roger Bourderon, dans son ouvrage consacré à Rol-Tanguy paru en 2004 aux Éditions Tallandier, estime qu’elle fut " un rouage essentiel " au côté de l’une des figures majeures de la Résistance, de la Libération, et de l’engagement communiste. Cécile (fille de François Le Bihan, l’un des fondateurs du PCF et de la CGT) et Henri Tanguy se sont connus au Syndicat des métaux. Ils se marient peu après le retour d’Henri d’Espagne où il s’est engagé dans les Brigades internationales. Ils entrent ensemble en clandestinité en octobre 1940. " J’ai pris ma place dans ce qui allait être notre combat à tous les deux ", raconte Cécile, toujours avec une simplicité qui force le respect. Et la petite dactylo des débuts, impressionnée par cet homme plus âgé, va devenir une résistante de premier plan. Au lendemain de la Libération, elle put enfin " marcher dans la rue sans avoir, comme durant les quatre années précédentes, à se retourner ".

 

Claude Baudry

 

 

 

 

Henri et Cécile Rol-Tanguy, un couple d'exception. Lui, en béret, sera aux côtés du général Leclerc quand von Choltitz capitulera. Elle, agent de liaison de son mari pendant quatre ans, tapera sous sa dictée l'appel à l'insurrection des Parisiens. Chez elle, au milieu des photos de sa jeunesse, Cécile Rol-Tanguy se souvient.

 

La première fois qu'ils se sont vus, il avait 28 ans. Elle, seulement 17. C'était un «homme fait». Elle se sentait «toute petite». Ils se sont rencontrés au Syndicat des métaux, où son père à elle, François Le Bihan, membre fondateur du Parti communiste, l'avait fait embaucher comme dactylo. Son futur mari lui a donné une lettre à taper. Le courant est passé. Le futur colonel Rol ­ du nom d'un camarade tombé pendant la guerre d'Espagne ­ l'a sortie dans un restaurant italien. Elle mangeait à peine, «trop émue». Puis ils sont allés voir Carnet de bal... «Vous me faites dire des choses...», souffle-t-elle, un peu effrayée de son impudeur, d'en arriver à parler de ses sentiments de femme.

 

A l'évocation de la mort de son père, de celle de sa première fille, des larmes viendront embuer les yeux de Cécile Rol-Tanguy, mais chaque fois elle contiendra l'émotion. Son engagement ? «Je n'avais plus rien à perdre... C'était mon chagrin, c'était aussi ma façon d'y faire face.» Elle raconte sa guerre. Les logements successifs, toujours sur la brèche ; les landaus des enfants qui servent aussi à transporter les armes, les grenades ; la peur, sans cesse au ventre, d'être suivie... mais surtout, elle ne voudrait pas qu'on pense qu'elle se met en avant. Cécile n'a pas l'impression d'avoir accompli quelque chose d'exceptionnel. «Tout naturellement, dit-elle, j'ai pris ma place dans ce qui allait devenir notre combat à tous les deux.» Une évidence, une simplicité qui force l'admiration. Henri Rol-Tanguy, fidèle jusqu'au bout aux idéaux communistes, est mort le 8 septembre 2002. Avec les honneurs de la République.

 

Cécile Rol-Tanguy, une passion libératrice.

MARTIN Marie-Hélène

26/08/2004 - Libération

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