Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Archives de presse - A l’occasion de l’inauguration d’une plaque à la mémoire des résistants et patriotes internés dans la prison de Fontainebleau durant l’Occupation, le maire a rappelé ce que fut « cette période noire ». Le préfet a dénoncé l’horreur du nazisme.

 

La plaque sur laquelle on peut lire : « 1942-1944. Derrière ces murs, de nombreux résistants et patriotes furent humiliés et torturés par la gestapo. Ils n’en sortirent que pour la fusillade et la déportation. » 

 

Jacques Nizart est ému. De cette période noire, il conserve « des souvenirs très précis ». Il raconte l’enchaînement des événements historiques : « Le dimanche 16 juin 1940, à 8 h 40, l’armée allemande entre dans Fontainebleau et Avon. L’occupation sera très importante pour la vie des deux communes. » En effet, Fontainebleau est le siège, un temps, du commandement ouest de l’armée allemande qui comprenait pas moins de 60 généraux et de 12.000 hommes de troupe. Le maire raconte : « Toutes les casernes sont occupées, également les hôtels, les grandes villas. Et des trous de camouflage allemand subsistent même sur les murs des casernes, rue de la Charité. »

 

L’agglomération est alors contrôlée par une « kommandatur » et une « feldgendarmerie », les services de sécurité, notamment la tristement célèbre Gestapo, étant, eux, à Melun. En fait, l’occupation allemande locale restera « lourde » jusqu’en 1944, les troupes venant au repos à tour de rôle et Paris n’étant pas loin. A partir de 1941, les restrictions, d’abord légères, se feront de plus en plus contraignantes à tous niveaux : alimentation, chauffage, fourniture, vêtements. Contrôles incessants des allées et venues. Puis, interdictions !

 

Répression

 

Le maire se souvient : « La première répression vise les Juifs, en application des lois et décrets antisémites : port de l’étoile jaune, assignation à résidence, contrôles fréquents. Les familles juives de Fontainebleau n’y échappent pas. Les persécutions contre la communauté juive vont s’aggravant. Le vendredi 11 avril 1941, des grenades incendiaires sont jetées sur la synagogue proche de l’hôtel Legris. L’édifice religieux est réduit en cendres. J’en ai été le témoin oculaire. Puis arrivent les arrestations, les déportations par familles entières, hommes, femmes, enfants. 58 noms de morts en déportation sont inscrits sur la plaque du souvenir au cimetière juif Plaine de la Chambre. »

 

Mais bien des Bellifontains et des avonnais n’acceptent pas la défaite. Ils vont petit à petit réagir, puis s’opposer ouvertement aux contraintes de l’occupation « et à la répression de plus en plus cruelle des services de sécurité nazis. » En effet, des réseaux clandestins s’ébauchent. Des attentats ont lieu sur la voie ferrée du « Paris-Lyon-Marseille ». En avril 1942, cinq habitants d’Avon et un de Thomery sont fusillés sommairement au lieu dit « La Glandée ». En mai, on arrête et déporte le résistant Ballen de Guzmann, « personnalité très connue à Fontainebleau, un des fondateurs de l’Automobile club de France ». Le Père Jacques, supérieur du Carmel d’Avon, fait partie de son groupe.

 

La prison ne désemplit pas !

 

Clément Jacquiot, inspecteur des Forêts est arrêté. Reproches et accusations : filières d’évasion de prisonniers de guerre, faux papiers d’identité, fausses cartes d’alimentation, filières d’accueil d’aviateurs abattus, accueil de Juifs recherchés, asile aux réfractaires du STO.

 

En 1943, Émile Junguenet est désigné comme Chef de la Résistance à Fontainebleau et coordonne trois réseaux dans la région : un travail d’orfèvre. Jacques Nizart cite également le colonel Edmond ainsi que le commissaire Calas, arrêté puis déporté. A Avon, les arrestations pleuvent : le capitaine Gueneau, Paul Mathery, Lucien Canus, Aristide Roux, Étienne Chalut-Natal. Au début de 1944, c’est donc au tour du Père Jacques, de Rémy Dumoncel, qui vont passer par la Maison d’Arrêt, rue du Sergent-Perrier, « appelée encore prison Damesme ! » Prison qui, d’ailleurs, durant l’enfer, ne désemplit pas. Le maire ajoute : « Le 22 juillet, puis le 17 août, 36 résistants de la région, alors emprisonnés, vont en camion vers le Plaine de Chamfroy, en forêt. A la Libération, quelques jours plus tard, on découvrira avec horreur, deux grands charniers. Un monument immortalise ces héros. Parmi ceux qui, passés par cette prison, vont miraculeusement revenir, citons Roger Dapoigny (Lire par ailleurs, N.D.L.R.) et Marcel Ment, actuellement hospitalisés. La nation leur est éternellement reconnaissante ! »

 

Jean-Michel Breittmayer

La République

Publié le: 07 mai 2001

 


Guerre 1939 -1945 - Vichy (116)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Claude Courty 04/12/2015 08:55

Plutôt "Akiléine" que "Quinloéine". Difficile c'être certain, presque 70 ans après.

Claude Courty 04/12/2015 08:10

Question à l'auteur à propos du colonel Emond.
Il se trouve que ma mère a fréquenté dans l'immédiat après guerre, une famille Émond qui habitait rue Saint Saëns, dans la quartier des Provençaux où je demeurais moi-même.
Détail, je me souviens que Jeanne Émond, fille de la famille, fut un temps commerciale pour le laboratoire de "La Quinoléine".
S'agit-il de la famille de ce colonel Emond dont il est question dans l'article ?
Hasard supplémentaire : Il se trouve aussi que j'ai travaillé (peu de temps) comme grouillot, pour l'imprimerie de la République.

Courty 24/01/2014 19:34

Bonsoir,
Ayant personnellement vécu à Fontainebleau de 1936 à 55 environ, j'y ai connu l'exode ainsi que l'occupation et ses suites. Ayant écrit quelques lignes à ce sujet. Cela peut-il vous intéresser ?
Cordialement

delecourt 03/12/2015 20:45

bonjour,

Ca m'interesse de mon coté car j'écris un livre sur ma grand-tante qui a habité Fontainebleau de 1930 à 1952 et qui a été résistante et déportée. Je recherche des détails de la vie sur Fontainebleau avant guerre et sous occupation. Merci beaucoup.

emilie 26/02/2010 19:00


enfin je pense que c'est bien lui. je sais qu'il a été fusillé pendant la guerre car il était résistant et qu'il était colonel. a moins qu'il y ai quelqu'un qui s'appelait presque comme lui.


27/02/2010 07:02


Merci de ce renseignement supplémentaire - Cordialement - PP


mimie 24/02/2010 12:52


bonjour
je suis tombé par hasard sur votre site.
il y a une petite erreur. le colonel cité s'appelait Emond et pas Edmond. c'était mon arrière grand père.


26/02/2010 16:40


Merci de cette précision que nous transmettons à l'auteur de cet article - Cordialement - PP