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Archives de presse - Ce titre, qui est d’ailleurs celui d’une exposition organisée au musée national des prisons, peut sembler provocateur, le tribunal ne conduisant pas toujours à l’enfermement. Mais l’expo est une façon pédagogique de rappeler les liens des institutions judiciaires. Explication.

 

On ne s’en souvient peut-être pas assez, mais la transformation de la maison d’arrêt, qui jouxte le tribunal en musée national des prisons, se voulait un acte hautement pédagogique afin de mettre l’accent bien plus sur la prévention que sur la répression. Lugubre ou pas, l’histoire pénitentiaire est l’une des composantes de la société, et la promotion de ce lieu de détention en symbole national de ce qui fait l’histoire des prisons peut et doit, après tout, en faire réfléchir plus d’un ! Catherine Prade, conservateur du musée, a fait parcourir beaucoup d’étape à cette présentation, depuis le jour, déjà lointain, où Jacques Toubon, alors Garde des Sceaux, venait « inaugurer » un espace qui ne demande qu’à être ouvert en permanence, jusqu’à ce jour où les aménagements prennent forme de façon plus définitive.

 

Dans une brochure accompagnant l’exposition et distribuée à tous les acteurs de la vie judiciaire, Catherine Prade rappelle notamment que « l’institution pénitentiaire est au service de la justice pénale » et qu’elle a une double mission : « exécuter les décisions de justice en milieu fermé en assurant la garde des détenus, et en milieu ouvert en veillant à l’exécution des mesures d’accompagnement et de surveillance prononcées par les juges. ». En rappelant également que « l’institution judiciaire contribue à la réinsertion des détenus et des personnes suivies en milieu ouvert. »

 

Droit de regard

 

Pour le conservateur du musée, « les citoyens ont un droit de regard » sur la prison, qui, au cœur de la cité, fait partie des grandes institutions de la République. L’exposition se structure autour de grands thèmes dans une perspective historique : « Elle a été particulièrement centrée sur l’enfermement, afin de faire connaître au public une part de cet univers méconnu bien que de plus en plus médiatisé. »

 

Ceux qui ont été touchés par le best seller de Dominique Vasseur, médecin en chef de la Santé, seront bien aises d’apprendre que « l’institution pénitentiaire se construit dans l’histoire, et épouse les vicissitudes politiques ou sociales de chaque époque ». La prison pénale prenant forme à la Révolution française, se substituant aux supplices de l’Ancien régime. Elle est devenue la peine maximale de référence depuis l’abolition de la peine de mort.

 

On comprendra mieux, en visitant l’exposition, à quoi répond l’architecture carcérale qui traduit une pensée et une volonté politique, au cours des âges.

 

La vie quotidienne

 

La vie quotidienne en détention nous apparaît tristement ponctuée de temporalités : « Temps de l’attente pour les prévenus qui ne sont pas encore jugés, temps de l’exécution de la peine pour les condamnés dont la libération constitue l’horizon plus ou moins éloigné ». Le visiteur sentira presque physiquement combien « de l’entrée à la sortie, la vie des personnes détenues est scandée par des parcours obligés ».

 

Composée de panneaux illustrés, notamment de photographies d’Henri Manuel (1930), d’aquarelles de Noëlle Herrenschmidt (1996), et de photographies signées du service de la communication et des relations internationales de l’administration, cette exposition a été élaborée par Catherine Prade, conservateur, et Olivier Schimmenti, graphiste concepteur.

 

Jean-Michel Breittmayer

La République de Seine-et-Marne

Publié le: 12 février 2001

 

Crédit photographique

pagesperso-orange.fr/memoire78/pages/chan01.html

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